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Analyse du microbiote par séquençage 16S

Aussi appelée Séquençage de l'ARNr 16S · Séquençage du gène 16S · Métabarcoding bactérien · Profil du microbiote intestinal

Le séquençage 16S identifie les bactéries des selles à partir d'un gène qu'elles possèdent toutes. Il donne une composition relative et une mesure de diversité, utiles pour décrire un microbiote mais sans seuil validé pour poser un diagnostic.

Recueil de sellesFamille : microbiotePreuve émergente

Testez-vous en 5 questions

En bref

Cette analyse séquence un gène présent chez toutes les bactéries pour identifier celles qui vivent dans les selles. Elle indique la proportion de chaque groupe et la diversité globale.

À lire avec

Recueil de sellesProfils de microbiote proposés par des laboratoires spécialisés, souvent couplés à un indice de diversité et à un rapport de synthèse.

% d'abondance relative (selonPreuve émergente

Profil sportif

Chez un sportif, le résultat dépend d'abord de l'alimentation (apport en fibres, protéines, compléments), des antibiotiques et du transit. Un profil mesuré après une période d'entraînement ou de régime particulier ne se compare pas à un profil mesuré en période de repos. Aucun profil « de sportif » validé ne permet d'interpréter le test comme un marqueur de performance.

Pourquoi on la demande

  • Obtenir une photographie de la composition bactérienne des selles à un instant donné
  • Suivre l'évolution du microbiote après une antibiothérapie, un changement alimentaire ou une intervention encadrée par un médecin
  • Documenter une diversité bactérienne basse en complément d'un bilan digestif
  • Comparer deux prélèvements successifs analysés par le même laboratoire
  • Alimenter un projet de recherche ou un suivi de cohorte

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Une diversité basse peut accompagner une antibiothérapie récente, un transit ralenti ou une alimentation peu variée
  • Elle peut aussi être décrite dans certaines maladies digestives, sans que le lien de cause soit établi
  • Un groupe bactérien non détecté peut simplement être sous le seuil de détection de la méthode

Causes d’une valeur haute

  • Une abondance relative élevée d'un groupe bactérien peut refléter l'alimentation, le transit ou la baisse relative d'un autre groupe
  • Une diversité élevée n'est pas en soi un signe de bonne santé : l'interprétation dépend du contexte
  • Un artefact méthodologique (amorces, banque de référence)

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Antibiotiques récents : ils modifient fortement la composition bactérienne
  • Alimentation des jours précédents, notamment la quantité de fibres
  • Transit rapide ou lent le jour du prélèvement
  • Préparation à la coloscopie ou laxatifs
  • Probiotiques et prébiotiques pris avant le test
  • Délai et température entre le prélèvement et l'arrivée au laboratoire
  • Choix des amorces, de la région 16S séquencée et de la banque de référence
  • Changement de laboratoire ou de protocole entre deux analyses

Ce que mesure l’analyse

Le gène de l’ARN ribosomal 16S (ARNr 16S) est présent chez toutes les bactéries. Il comporte des zones très conservées, communes à presque tous les groupes, et des zones variables, propres à chacun. Le laboratoire extrait l’ADN des selles, amplifie par PCR une ou plusieurs de ces zones variables, séquence les fragments puis les compare à une banque de référence. Chaque séquence est rattachée à un genre bactérien, parfois à une espèce.

Le résultat est une liste de groupes bactériens (taxons) avec leur proportion, et un ou plusieurs indices de diversité : nombre de taxons détectés, régularité de leur répartition. Les champignons, les virus et les parasites ne sont pas détectés, car ils n’ont pas ce gène bactérien. La détection des archées dépend des amorces choisies.

Un point technique compte pour la lecture : les données sont relatives. Elles indiquent la part de chaque groupe dans l’échantillon, pas son nombre absolu. Les auteurs d’un travail publié dans Nature ont montré que cette approche relative limite l’interprétation, car la charge microbienne varie fortement d’une personne à l’autre : jusqu’à dix fois entre des personnes en bonne santé (Vandeputte et al., 2017)1. Deux personnes peuvent donc afficher la même proportion d’un groupe avec des quantités très différentes.

Comment se passe le prélèvement

Le prélèvement se fait chez vous, avec le kit du laboratoire : un petit échantillon de selles est déposé dans un tube ou un pot, parfois contenant un liquide de conservation. Suivez la notice du laboratoire à la lettre : les consignes de recueil, de conservation et d’expédition dépendent du kit.

Signalez au laboratoire les antibiotiques, probiotiques et laxatifs pris récemment. Évitez de prélever pendant une diarrhée aiguë si l’objectif est de décrire votre état habituel.

La conservation compte, mais elle est plus tolérante qu’on ne le croit avec un kit adapté. Chez 17 patients hospitalisés, des selles stabilisées chimiquement puis congelées ont donné des profils globalement comparables à des selles congelées fraîches, en séquençage 16S comme en métagénomique (Ilett et al., 2019)2. Cela ne dispense pas de respecter le kit de votre laboratoire.

Comment lire le résultat

Le rapport comporte en général trois blocs : la composition (genres ou familles dominants), la diversité, et une synthèse commentée. Il n’existe pas de valeur de référence universelle. Chaque laboratoire a sa région 16S, sa banque de référence, ses méthodes de calcul et sa propre population de comparaison. Un profil réalisé chez un laboratoire ne se superpose donc pas à celui d’un autre.

Plusieurs principes aident à lire le rapport :

  • Comparez des prélèvements du même laboratoire, avec la même méthode.
  • Regardez les grandes tendances, pas les décimales d’un pourcentage.
  • Un groupe « absent » est peut-être sous le seuil de détection.
  • Les résultats varient avec l’alimentation, le transit, les médicaments et d’un jour à l’autre.
  • Une diversité élevée n’est pas automatiquement bonne, une diversité basse n’est pas automatiquement pathologique.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est celui d’une analyse émergente (c). La méthode est solide pour décrire un microbiote en recherche. Son utilisation pour décider d’une prise en charge individuelle reste limitée par l’absence de seuils validés.

Sur la technique, le 16S est moins résolutif que le séquençage de l’ensemble des génomes. Dans une comparaison sur un même échantillon de selles, le séquençage du génome entier détectait plus d’espèces, davantage de diversité et plus de gènes que l’amplification 16S (Ranjan et al., 2016)3. Cette comparaison portait sur un seul échantillon : elle illustre une différence de méthode, pas une supériorité clinique.

Sur l’interprétation, la prudence s’impose. Une revue systématique d’études chez des rongeurs ayant reçu un microbiote humain a relevé que 36 études sur 38 rapportaient un transfert de la maladie. Ses auteurs jugent ce taux invraisemblable et estiment que le rôle du microbiote dans les maladies humaines est exagéré (Walter et al., 2020)4. Un profil « déséquilibré » ne prouve donc pas qu’il cause un symptôme.

Ce qui n’est pas démontré : qu’un profil 16S permette de poser un diagnostic, de prédire une maladie chez une personne en bonne santé ou de choisir un traitement. Si le rapport propose des compléments ou un régime, discutez-en avec un médecin.

Les analyses à associer

Le séquençage 16S décrit la composition, pas l’inflammation ni l’activité des bactéries. On l’associe selon les symptômes à la calprotectine fécale (inflammation de la muqueuse), aux acides gras à chaîne courte fécaux (produits de la fermentation) et, si le contexte le justifie, à un examen parasitologique des selles. Le médecin choisit ces examens selon vos symptômes.

À retenir

  • Le séquençage 16S identifie les bactéries des selles à partir d’un gène qu’elles partagent toutes.
  • Les résultats sont relatifs : ils ne comptent pas les bactéries.
  • Il n’existe pas de valeur de référence commune : chaque laboratoire a ses normes.
  • Un profil décrit un microbiote, il ne permet pas de poser un diagnostic.
  • Comparez toujours deux prélèvements du même laboratoire.

Sources éditoriales et fact-checking4 sources vérifiées4 études[+]

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Le séquençage 16S détecte-t-il les champignons et les parasites ?

  2. 02Deux laboratoires donneront-ils forcément le même profil pour les mêmes selles ?

  3. 03Un résultat exprimé en pourcentage indique-t-il combien de bactéries vous avez ?

  4. 04Un antibiotique pris le mois dernier peut-il changer le résultat ?

  5. 05Ce test permet-il de poser un diagnostic ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.