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Blastocystis

Aussi appelée Blastocystis sp. · Blastocystis hominis

La recherche de Blastocystis détecte un protozoaire fréquent de l'intestin humain. Son rôle reste discuté : il est retrouvé chez des personnes en bonne santé comme chez des personnes symptomatiques.

Recueil de sellesFamille : microbiotePreuve émergente

Testez-vous en 4 questions

En bref

Cette analyse recherche dans les selles Blastocystis, un micro-organisme unicellulaire de l'intestin. Elle indique sa présence, mais ne dit pas à elle seule s'il est responsable de symptômes.

À lire avec

Recueil de sellesExamen parasitologique des selles ; PCR parasitaire ; bilans du microbiote.

présence ou absence (selon laPreuve émergente

Profil sportif

Aucun repère propre aux sportifs n'existe pour cette analyse. Les efforts en milieu naturel, les voyages et les compétitions à l'étranger exposent à des eaux et à des aliments différents, ce qui peut jouer sur le risque de contamination par des protozoaires. Retrouver Blastocystis chez un sportif sans symptôme n'a pas de signification en soi : il se discute avec un médecin.

Pourquoi on la demande

  • Rechercher un protozoaire intestinal lorsque des troubles digestifs persistent (diarrhée, douleurs, ballonnements) sans cause trouvée
  • Compléter un examen parasitologique des selles, au retour d'un voyage ou en cas de symptômes digestifs prolongés
  • Documenter la présence du parasite dans un bilan du microbiote, en gardant à l'esprit qu'il est aussi retrouvé chez des personnes sans symptôme
  • Rechercher une cause à un résultat ambigu de l'examen parasitologique ou à une diarrhée persistante après traitement d'une autre infection

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur haute

  • Présence du parasite, fréquente chez des personnes sans symptôme
  • Transmission par l'eau ou des aliments contaminés
  • Contact avec des animaux porteurs, dans certains contextes
  • Parasite en cause dans des troubles digestifs, hypothèse à discuter avec un médecin selon le sous-type et le contexte

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Un prélèvement unique : l'excrétion des parasites varie d'un jour à l'autre, d'où l'intérêt parfois de plusieurs échantillons
  • La conservation : un délai trop long avant l'analyse altère les formes observées au microscope
  • Certains traitements : antibiotiques, antiparasitaires, laxatifs, lavements, produits de contraste (baryum), pansements digestifs
  • La technique : microscopie, culture et PCR n'ont pas la même sensibilité
  • La mauvaise reconnaissance au microscope, les formes de Blastocystis variant beaucoup d'un échantillon à l'autre
  • Le mélange des selles avec de l'urine ou de l'eau de la cuvette

Ce que mesure l’analyse

Blastocystis est un micro-organisme unicellulaire (un protozoaire) qui vit dans l’intestin de l’être humain et de nombreux animaux. Il se retrouve dans les selles sous plusieurs formes, dont certaines se ressemblent peu au microscope. On le classe en sous-types, notés ST1, ST2, ST3, etc. Chez l’être humain, les sous-types ST1 à ST4 dominent, mais leurs effets sur la santé varient (Heneberg, 2025)1.

L’analyse cherche ce micro-organisme dans un échantillon de selles. Elle peut se faire par examen au microscope, par culture ou par PCR, une technique qui détecte son ADN. La PCR est généralement plus sensible que le microscope, et elle seule permet de déterminer le sous-type. Le résultat est en général qualitatif : présent ou absent.

Comment se passe le prélèvement

Vous recueillez les selles vous-même, dans un pot fourni par le laboratoire, avec la spatule prévue. Évitez le contact avec l’urine, l’eau de la cuvette ou le papier. Le délai entre le recueil et l’analyse compte pour la lecture au microscope : respectez les consignes de conservation et d’acheminement du laboratoire. Certains laboratoires demandent plusieurs prélèvements à quelques jours d’intervalle, car l’excrétion varie d’un jour à l’autre.

Le jeûne n’est pas nécessaire. Signalez les antibiotiques, les antiparasitaires, les laxatifs, les lavements, les pansements digestifs et les examens avec produit de contraste (baryum) récents, ainsi que tout voyage en zone à risque.

Comment lire le résultat

Le résultat est présent ou absent, parfois avec le sous-type. Il n’existe pas de valeur chiffrée de référence, donc pas de cadran dans cette fiche. Chaque laboratoire a sa technique, sa sensibilité et ses règles de rendu.

Deux idées pour bien lire :

  • un résultat positif ne dit pas, seul, que Blastocystis explique vos symptômes ;
  • un résultat négatif n’exclut pas sa présence, surtout après un seul prélèvement lu au microscope.

L’interprétation tient compte de vos symptômes, de leur durée, des autres parasites recherchés et du contexte (voyage, traitements). Cette décision revient à un médecin. Un résultat positif ne justifie pas, à lui seul, de prendre un traitement antiparasitaire ou un complément de votre propre initiative.

Ce que dit la science

Blastocystis est l’un des protozoaires intestinaux les plus répandus : une revue de 2025 estime qu’il colonise plus d’un milliard de personnes dans le monde. La même revue souligne que son rôle reste flou. Le sous-type ST4 a été associé au syndrome de l’intestin irritable et à des réactions inflammatoires, mais il a aussi montré un effet protecteur dans des modèles de colite chez la souris, tandis que le sous-type ST3 est souvent retrouvé chez des personnes en bonne santé dont le microbiote est varié. L’auteur note enfin qu’il n’existe pas de lignes directrices de traitement (Heneberg, 2025)2.

Les chiffres de fréquence confirment qu’on le trouve chez des personnes sans symptôme. Dans une étude turque portant sur 75 adultes sains, Blastocystis était détecté chez 46,7 % d’entre eux, un taux proche de celui observé chez des patients atteints de maladie cœliaque. Les auteurs en concluent qu’il pourrait s’agir d’un simple colonisateur du microbiote (Mızrak et al., 2024)3. Ce chiffre vient d’un petit échantillon d’un seul pays : il varie selon les populations et les techniques.

Des travaux vont plus loin et associent ce micro-organisme à un profil métabolique favorable. Dans une grande étude de plus de mille personnes, Blastocystis figurait, avec Prevotella copri, parmi les microbes indicateurs d’une glycémie postprandiale favorable (Asnicar et al., 2021)4. Il s’agit d’une association, qui ne prouve pas qu’il améliore le métabolisme : il pourrait n’être que le reflet d’un mode de vie.

Enfin, sa présence est liée à d’autres éléments du microbiote. Dans l’étude néerlandaise sur la pousse de levures, Blastocystis était moins fréquent en cas de pousse excessive (14 % contre 26 %), et il pousse mal en présence d’oxygène dans les expériences en laboratoire (Biemond et al., 2026)5.

Niveau de preuve : « c », émergente. Ce qui est démontré : le micro-organisme est très répandu, il est retrouvé chez des personnes sans symptôme et son effet varie selon le sous-type. Ce qui ne l’est pas : qu’il soit la cause de symptômes chez un individu donné, qu’un traitement soit utile en l’absence de maladie, ou qu’il soit un marqueur fiable de bonne santé.

Les analyses à associer

L’examen parasitologique des selles recherche les autres parasites du même prélèvement et évite de passer à côté d’une autre cause. Dientamoeba fragilis est un autre protozoaire fréquemment recherché en même temps, avec des questions d’interprétation voisines. La calprotectine fécale renseigne sur une inflammation de l’intestin, utile si des symptômes digestifs sont au premier plan, et la diversité du microbiote situe Blastocystis dans l’ensemble de la flore.

À retenir

  • Blastocystis est un protozoaire très fréquent de l’intestin humain, aussi retrouvé chez des personnes sans symptôme.
  • Son rôle reste débattu et dépend du sous-type et du contexte.
  • Il n’existe pas de lignes directrices de traitement : la décision se prend avec un médecin.
  • Un résultat positif ne prouve pas qu’il explique vos symptômes ; un résultat négatif n’exclut pas sa présence.
  • Ses associations avec un microbiote varié ou un métabolisme favorable restent des associations, pas des preuves de causalité.

Sources éditoriales et fact-checking4 sources vérifiées4 études[+]

Testez-vous 4 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Blastocystis est-il toujours un signe d'infection ?

  2. 02Dans une étude turque, quelle part d'adultes sains avait Blastocystis dans les selles ?

  3. 03Existe-t-il des recommandations officielles de traitement pour Blastocystis ?

  4. 04Que peut indiquer la présence de Blastocystis chez une personne sans symptôme ?

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Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.