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Glutathion oxydé

Aussi appelée GSSG · Glutathion disulfure · Disulfure de glutathion · Glutathion oxydé sanguin

Le glutathion oxydé (GSSG) est la forme « usée » du principal antioxydant des cellules. Il ne s'interprète pas seul : on le lit avec le glutathion réduit, sans valeur de référence consensuelle.

Prise de sangFamille : stress oxydatif et mitochondriesPreuve émergente

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En bref

Quand le glutathion neutralise un oxydant, deux molécules s'unissent et forment le glutathion oxydé. Normalement présent en faible quantité, il augmente quand l'organisme est soumis à un stress oxydatif. Son dosage est difficile et ne se lit pas isolément.

À lire avec

Prise de sangProfil du stress oxydatif ; bilans de médecine intégrative ou fonctionnelle ; protocoles de recherche sur le statut redox.

µmol/LPreuve émergente

Profil sportif

Un effort intense augmente transitoirement la production de dérivés réactifs de l'oxygène, et peut donc faire varier le GSSG. L'ampleur et la durée de ces variations ne sont pas standardisées : une valeur prélevée juste après une séance difficile ne se compare pas à une valeur de repos. À discuter avec un médecin du sport.

Pourquoi on la demande

  • Estimer la part de glutathion « usée » par les réactions antioxydantes
  • Compléter le dosage du glutathion réduit pour calculer le rapport GSH/GSSG
  • Bilan de stress oxydatif dans des maladies où il est suspecté (diabète, insuffisance rénale)
  • Suivi d'une étude ou d'une intervention nutritionnelle encadrée
  • Évaluation redox dans une démarche de médecine intégrative

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur haute

  • Stress oxydatif réel, par exemple dans le diabète ou l'insuffisance rénale chronique
  • Oxydation du GSH dans le tube avant l'analyse (artefact de prélèvement)
  • Variation physiologique ou différence de méthode

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Oxydation du GSH dans le tube après le prélèvement : elle augmente artificiellement le GSSG
  • Délai et température de conservation avant l'analyse
  • Matrice analysée : sang total, globules rouges ou plasma
  • Méthode de dosage (spectrophotométrie, chromatographie, spectrométrie de masse)
  • Tabagisme et alcool, qui modifient le statut redox
  • Prise de médicaments ou de compléments pouvant modifier le glutathion

Ce que mesure l’analyse

Le glutathion oxydé (GSSG) est formé de deux molécules de glutathion réduit (GSH) reliées par un pont disulfure. Il apparaît lorsque le GSH joue son rôle d’antioxydant : en neutralisant un oxydant, en particulier avec l’aide des glutathion peroxydases qui détruisent les peroxydes, le GSH s’oxyde et deux molécules s’unissent. Une enzyme, la glutathion réductase, ramène ensuite le GSSG à l’état de GSH en utilisant une coenzyme, le NADPH.

Dans une cellule en bon état, le GSSG ne représente qu’une très petite fraction du glutathion total. Il augmente quand la production d’oxydants dépasse la capacité de recyclage. Son dosage dans le sang cherche à saisir ce déséquilibre. Selon le laboratoire, il porte sur le sang total, les globules rouges ou le plasma, avec des méthodes différentes.

Comment se passe le prélèvement

Il s’agit d’une prise de sang. Le point critique tient au tube : comme le GSSG est présent en faible quantité, une très légère oxydation du GSH après le prélèvement suffit à le gonfler. Des chercheurs décrivent l’interconversion entre les deux formes comme un obstacle analytique majeur au dosage du rapport en routine. Ils proposent de bloquer le GSH par une réaction chimique avec la N-éthylmaléimide dès le recueil, et même de fabriquer des tubes de prélèvement pré-traités (Tomin et al., 2020)1. Suivez à la lettre les consignes du laboratoire : tube spécifique, délai et conditions de conservation.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en µmol/L, ou en µmol par gramme d’hémoglobine pour un dosage dans les globules rouges. Il n’existe pas de valeur de référence consensuelle : les normes dépendent du laboratoire, de la matrice analysée et de la méthode. Nous n’affichons donc pas de cadran.

À titre d’illustration seulement, dans une étude de 15 patients diabétiques non compliqués et de 10 témoins, le GSSG intra-érythrocytaire était de 0,618 µmol/g d’hémoglobine chez les patients contre 0,352 chez les témoins, alors que le GSH était plus bas chez les patients (De Mattia et al., 1998)2. Ces chiffres viennent d’un très petit effectif et d’une méthode précise : ils n’ont pas valeur de norme.

Un GSSG élevé peut donc signer un stress oxydatif réel, mais aussi une oxydation survenue dans le tube. Un GSSG « bas » n’a en revanche pas de signification clinique établie. C’est pour cette raison que ce marqueur ne se lit pas seul : on le rapporte au GSH, dans le rapport GSH/GSSG.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est émergent. Des études observationnelles associent un GSSG plus élevé à plusieurs situations pathologiques. Dans une étude comparant 37 patients atteints d’insuffisance rénale chronique à des témoins sains, les patients avaient des taux de GSSG plus élevés, ainsi qu’une moins bonne dilatation des vaisseaux sous l’effet de substances vasodilatatrices (Annuk et al., 2001)3. Ce sont des associations : elles ne prouvent pas que le GSSG soit une cause, ni qu’il faille chercher à l’abaisser.

Les auteurs d’un travail sur la méthode rappellent que le rapport entre formes réduite et oxydée n’est pas encore un paramètre clinique de routine, à cause de la difficulté analytique (Tomin et al., 2020). L’intérêt d’un dosage de GSSG pour guider une décision individuelle n’est pas démontré.

Il faut aussi le dire clairement : abaisser un GSSG ne constitue pas un objectif thérapeutique validé, et une valeur « haute » ne justifie pas de lancer un complément. Toute interprétation doit passer par un médecin.

Les analyses à associer

Le glutathion réduit et le rapport GSH sur GSSG sont indispensables pour lire le GSSG. La glutathion peroxydase renseigne sur l’enzyme qui produit le GSSG en détruisant les peroxydes. Les F2-isoprostanes, marqueurs de l’oxydation des lipides, apportent un autre point de vue sur le stress oxydatif.

À retenir

  • Le GSSG est la forme oxydée du glutathion, normalement présente en petite quantité.
  • Une faible oxydation du GSH dans le tube suffit à le faire monter : le traitement du prélèvement est décisif.
  • Il n’existe pas de valeur de référence consensuelle ; chaque laboratoire a ses normes.
  • Il ne se lit pas seul : on l’interprète avec le GSH et le rapport GSH/GSSG.
  • Son intérêt pour décider d’une prise en charge n’est pas démontré.

Sources éditoriales et fact-checking3 sources vérifiées3 études[+]

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Qu'est-ce que le GSSG ?

  2. 02Pourquoi un GSSG isolé est-il difficile à interpréter ?

  3. 03Dans une étude de 1998, quel était le GSSG des globules rouges chez 15 patients diabétiques et 10 témoins ?

  4. 04Existe-t-il des valeurs de référence consensuelles pour le GSSG ?

  5. 05Le GSSG seul suffit-il à évaluer le stress oxydatif ?

Un proche attend ses résultats ?

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Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.