Ce que mesure l’analyse
Le NAD (nicotinamide adénine dinucléotide) existe sous deux formes principales : le NAD+, forme oxydée, et le NADH, forme réduite. Dans le métabolisme, il agit comme un navetteur d’électrons : il récupère des électrons lors de la dégradation des nutriments (NADH), puis les cède à la chaîne respiratoire des mitochondries, qui fabrique l’ATP, la monnaie énergétique de la cellule.
Le NAD+ a un second rôle, de substrat. Des enzymes de réparation de l’ADN comme PARP, et les sirtuines, qui régulent l’expression des gènes, le consomment. D’où l’intérêt de la recherche pour son rôle dans le vieillissement et la réponse au stress oxydatif.
Dans le sang, l’analyse estime la quantité de NAD+, parfois du NADH et du rapport entre les deux, dans le plasma, les globules rouges ou le sang total selon le laboratoire. Ce sont des mesures différentes, qui ne se comparent pas entre elles.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang veineuse, avec des consignes strictes : le NAD+ est instable. Le laboratoire précise le type de tube, la température de transport et le délai de traitement. Un tube resté trop longtemps à température ambiante donne un résultat peu fiable.
Préparez-vous comme pour un bilan métabolique : jeûne selon la consigne, pas d’effort intense la veille, horaire constant d’un bilan à l’autre. Signalez la prise de vitamine B3, de nicotinamide riboside, de NMN ou d’autres compléments, car ils modifient la quantité de précurseurs disponibles.
Comment lire le résultat
L’unité et les normes dépendent de la technique, souvent la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse. Chaque laboratoire a ses propres valeurs de référence. Aucun repère publié que nous ayons pu vérifier ne s’applique à tous : nous n’en proposons donc pas ici, et un repère « optimal » éventuellement affiché par un laboratoire ne fait pas consensus.
Un résultat se compare à vos propres valeurs antérieures, obtenues au même laboratoire dans des conditions identiques, plutôt qu’à un seuil. Une variation entre deux dosages peut venir de la méthode, de la conservation ou du type d’échantillon autant que de la biologie.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est émergent (niveau c). Le NAD+ fait l’objet d’une recherche active, mais son dosage sanguin n’est ni validé ni recommandé par les autorités de santé pour le diagnostic ou le suivi.
Les données disponibles décrivent surtout un lien avec l’âge. Dans une étude de sujets sains âgés de 20 à 87 ans, les niveaux plasmatiques de NAD diminuaient avec l’âge, tandis que la forme réduite NADH augmentait (Clement et al., 2018)1.
Sur du tissu, une étude de prélèvements cutanés humains a observé que le NAD+ diminuait avec l’âge chez les hommes comme chez les femmes. Cette baisse s’accompagnait chez les hommes d’une activité accrue de PARP, l’enzyme de réparation de l’ADN qui consomme le NAD+ (Massudi et al., 2012)2.
Ces travaux sont observationnels et portent sur des échantillons de taille modeste. Ils ne démontrent pas qu’un taux bas cause le vieillissement, ni que le relever améliore la santé. Ils ne disent pas non plus que le taux sanguin reflète celui du muscle ou du cerveau.
Les analyses à associer
On l’associe au statut en vitamine B3, source de précurseurs, et à l’acide quinolinique, qui appartient à la voie de synthèse à partir du tryptophane. Le glutathion réduit complète l’étude de l’équilibre redox. Le rapport lactate sur pyruvate reflète indirectement le rapport NADH/NAD+ dans le cytoplasme.
À retenir
- Le NAD+ intervient dans la production d’énergie et la réparation de l’ADN.
- Son taux plasmatique ou tissulaire diminue avec l’âge dans les études, sans preuve de causalité.
- Le dosage sanguin est délicat, peu standardisé et sans valeur clinique démontrée.
- Les compléments de précurseurs et la conservation du tube modifient le résultat.
- Toute décision de supplémentation se discute avec un médecin ; un résultat isolé ne suffit pas.
Sources éditoriales et fact-checking2 sources vérifiées2 études