Le café contient des milliers de substances chimiques. Certaines sont bien connues, comme la caféine, mais d’autres passent encore inaperçues. Des chercheurs chinois viennent d’en identifier six nouvelles dans des grains de café torréfiés. Trois d’entre elles ont réussi à freiner une enzyme impliquée dans la digestion des glucides, avec une efficacité supérieure à celle d’un médicament antidiabétique de référence lors des tests en laboratoire.
De quoi envisager de nouvelles pistes contre le diabète de type 2 ? Oui, mais il reste une différence fondamentale entre une molécule prometteuse dans un tube à essai et un traitement réellement efficace chez l’être humain.
Trois molécules du café peuvent-elles freiner une enzyme liée à la glycémie ?
- ParticipantsAucun participant humain
- DuréeNon applicable, étude en laboratoire
- Publiée dansBeverage Plant Research
Ce qu’elle montre
Trois nouveaux diterpènes du café arabica torréfié inhibent l’alpha-glucosidase, avec des CI50 de 45,07, 24,40 et 17,50 µmol/L.
Ses limites
Résultats obtenus sur une enzyme en laboratoire. L’efficacité, la sécurité et les effets chez l’être humain ne sont pas établis.
Table des matières
Le café cache encore des molécules inconnues
La caféine n’est pas le seul composé intéressant du café. Cette boisson renferme également des polyphénols, des acides chlorogéniques et des diterpènes, une famille de substances naturelles étudiées pour leurs effets biologiques.
C’est dans cette dernière catégorie que des chercheurs du Kunming Institute of Botany, rattaché à l’Académie chinoise des sciences, ont fait leur découverte. Leur étude, publiée dans la revue Beverage Plant Research1, porte sur les grains torréfiés d’arabica, l’une des principales espèces de café cultivées dans le monde.
Les scientifiques ont mis au point une méthode combinant plusieurs techniques d’analyse chimique pour repérer les substances potentiellement actives dans cet ensemble complexe. Ils ont ainsi isolé trois nouveaux composés, baptisés caffaldéhydes A, B et C, puis identifié trois autres diterpènes jusque-là inconnus.
Le résultat le plus intéressant concerne les trois premiers composés. Les chercheurs ont testé leur capacité à bloquer l’activité d’une enzyme impliquée dans la digestion des glucides.
Une enzyme ciblée par les médicaments antidiabétiques
Cette enzyme s’appelle l’alpha-glucosidase. Présente notamment dans l’intestin grêle, elle participe à la dégradation des glucides en sucres simples, qui peuvent ensuite être absorbés par l’organisme.
En ralentissant son activité, il est possible de retarder l’absorption du glucose après un repas et de limiter l’augmentation de la glycémie. C’est précisément le principe de fonctionnement de l’acarbose, un médicament utilisé dans la prise en charge du diabète de type 2.
Les chercheurs ont donc comparé les trois caffaldéhydes à cette molécule de référence. Pour mesurer leur activité, ils ont utilisé la concentration inhibitrice médiane, ou CI50. Cet indicateur correspond à la concentration nécessaire pour réduire de moitié l’activité de l’enzyme étudiée. Plus cette valeur est faible, plus le composé est actif dans les conditions du test.
Les résultats sont particulièrement intéressants :
- Le caffaldéhyde A présente une CI50 de 45,07 micromoles par litre ;
- Le caffaldéhyde B atteint 24,40 micromoles par litre ;
- Le caffaldéhyde C affiche 17,50 micromoles par litre ;
- L’acarbose, utilisée comme comparateur, présente une CI50 de 60,71 micromoles par litre.
Les trois molécules issues du café ont donc inhibé l’enzyme à des concentrations plus faibles que l’acarbose dans cet essai. Le caffaldéhyde C s’est montré le plus actif des trois.
Mais attention à l’interprétation : ces chiffres ne démontrent pas que boire du café serait plus efficace qu’un médicament contre le diabète. Les chercheurs ont comparé des substances isolées dans un test biochimique, et non des patients traités avec du café face à des patients prenant de l’acarbose.
Peut-on prévenir le diabète en buvant du café ?
C’est la question que soulève cette découverte, mais l’étude ne permet pas encore d’y répondre.
Les chercheurs ont étudié des composés extraits de grains torréfiés, et non les effets de la consommation habituelle de café chez l’être humain. On ne sait donc pas quelle quantité de ces molécules se retrouve dans une tasse, quelle proportion résiste à la digestion ni si elles atteignent leur cible dans l’intestin à une concentration suffisante.
Il faut également déterminer leur sécurité, leurs éventuels effets indésirables et leur comportement dans l’organisme. Une activité mesurée en laboratoire ne garantit ni une efficacité clinique ni l’absence de toxicité.
La découverte ouvre néanmoins une piste intéressante. Si ces composés confirment leur activité lors d’expériences complémentaires, ils pourraient contribuer au développement de nouveaux ingrédients alimentaires ou inspirer la recherche de futures molécules antidiabétiques.
Le travail des chercheurs présente aussi un autre intérêt : la méthode utilisée pourrait faciliter la recherche de substances actives dans d’autres aliments complexes.
Pour l’instant, le café ne peut donc pas être considéré comme un traitement du diabète sur la base de ces résultats. Les caffaldéhydes sont des molécules prometteuses, pas des médicaments prêts à être prescrits. Et c’est précisément la prochaine étape qui compte : vérifier si leur activité observée dans un tube à essai se traduit un jour par un bénéfice réel pour la santé.
Que retenir de cette découverte ?
3 questionsQuestion 1 sur 3
Combien de caffaldéhydes ont été isolés et caractérisés dans l'étude ?
Bonne réponse : B. Trois caffaldéhydes, A, B et C, ont été isolés et caractérisés. Trois autres diterpènes ont été identifiés par analyse complémentaire.
Question 2 sur 3
Quelle enzyme les chercheurs ont-ils étudiée ?
Bonne réponse : A. L'alpha-glucosidase participe à la digestion des glucides et constitue la cible de l'acarbose.
Question 3 sur 3
Que démontrent les résultats obtenus ?
Bonne réponse : B. L'étude démontre une activité biochimique in vitro, pas une efficacité clinique chez l'être humain.
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Sources éditoriales et fact-checking1 source vérifiée1 étude







