Vous passez de longues heures assis devant votre ordinateur au bureau ? Vous vous demandez comment contrecarrer les effets néfastes de la sédentarité sur votre santé ? Une étude récente publiée dans le journal BMC Public Health(1) apporte une réponse surprenante : boire du café pourrait réduire le risque de mortalité lié à la position assise prolongée. Découvrons ensemble les résultats de cette recherche qui pourrait bien changer votre routine au travail !

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Une étude sur plus de 10 000 adultes américains
Les chercheurs ont analysé les données de l’enquête nationale sur la santé et la nutrition (NHANES) menée entre 2007 et 2018 aux États-Unis. Cette étude prospective a suivi 10 639 participants adultes pendant une période allant jusqu’à 13 ans. L’objectif ? Évaluer les associations indépendantes et conjointes du temps passé assis quotidiennement et de la consommation de café avec la mortalité toutes causes confondues et la mortalité due aux maladies cardiovasculaires.
Les participants ont été soumis à des entretiens en personne, des examens physiques et des tests de laboratoire. Les données sur la mortalité ont été compilées à partir des entretiens et des examens physiques jusqu’au 31 décembre 2019. Le temps passé assis quotidiennement était auto-déclaré, tandis que les informations sur la consommation de café provenaient d’un entretien de rappel alimentaire de 24 heures.
Des résultats étonnants
Sur les 10 639 participants, 945 décès ont été enregistrés durant la période de suivi, dont 284 dus à des maladies cardiovasculaires. Les modèles multivariés ont montré que rester assis plus de 8 heures par jour était associé à des risques plus élevés de mortalité toutes causes confondues (HR, 1,46 ; IC à 95 %, 1,17-1,81) et de mortalité cardiovasculaire (HR, 1,79 ; IC à 95 %, 1,21-2,66), par rapport à ceux qui restaient assis moins de 4 heures par jour.
En revanche, les personnes appartenant au quartile le plus élevé de consommation de café ont présenté des risques réduits de mortalité toutes causes confondues (HR, 0,67 ; IC à 95 %, 0,54-0,84) et de mortalité cardiovasculaire (HR, 0,46 ; IC à 95 %, 0,30-0,69) par rapport aux non-consommateurs de café.
Mais le résultat le plus marquant concerne l’analyse conjointe de la sédentarité et de la consommation de café. Les non-buveurs de café qui restaient assis six heures ou plus par jour avaient 1,58 fois plus de risques (IC à 95 %, 1,25-1,99) de mourir de toutes causes confondues que les buveurs de café qui restaient assis moins de six heures par jour. Autrement dit, l’association entre la sédentarité et l’augmentation de la mortalité n’a été observée que chez les adultes ne consommant pas de café, et non chez ceux qui en buvaient.
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Comprendre les mécanismes en jeu
Comment expliquer ces résultats ? D’un côté, la sédentarité est considérée comme un facteur de risque modifiable pour plusieurs maladies chroniques. Rester assis pendant de longues périodes sans interruption semble altérer le métabolisme du glucose et augmenter l’inflammation. La sédentarité est un prédicteur crucial et indépendant de l’inflammation, car elle induit des marqueurs pro-inflammatoires tout en réduisant les marqueurs anti-inflammatoires.
D’un autre côté, le café contient plus de 1 000 composés, dont les plus connus sont la caféine, l’acide chlorogénique, les trigonoides, les mélanoides, l’acide caféique, le cafestol, le kahweol et les polyphénols. Ces substances possèdent des propriétés anti-inflammatoires. Le café non filtré contenant du cafestol et du kahweol prévient les maladies liées à l’inflammation en réduisant les réponses inflammatoires. L’acide chlorogénique, un autre composé très important du café, régule de nombreuses voies biochimiques impliquées dans l’inflammation.
Le mot de la fin
Bien sûr, boire du café ne doit pas être considéré comme une solution miracle pour contrecarrer les méfaits de la sédentarité. Bouger régulièrement, faire de l’exercice et adopter une alimentation équilibrée restent essentiels pour préserver notre santé. Mais si vous êtes un amateur de café, vous pouvez savourer votre boisson préférée en sachant qu’elle pourrait vous apporter des bénéfices insoupçonnés.
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Sources éditoriales et fact-checking