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Vitamine K2

Aussi appelée Ménaquinone · MK-4 · MK-7 · Vitamine K2 (ménaquinones)

Le dosage de la vitamine K2 mesure la concentration sanguine des ménaquinones, les formes de vitamine K issues de bactéries et d'aliments fermentés. Il dit combien de vitamine circule, pas si vos protéines osseuses et vasculaires sont activées.

Prise de sangFamille : vitaminesPreuve émergente

Testez-vous en 4 questions

Le cadran

  • MK-7 sous l'intervalle de référence moins de 0,12 ng/mL
  • Intervalle de référence MK-7 (femmes chinoises de 18 à 49 an 0,12 à 3,54 ng/mL

Source des repères : Nie, Shuhui, et al. « Reference Range of Vitamin K Evaluating Indicators in Chinese Childbearing Women ». Nutrients, vol. 15, no 8, 2023..

ng/mL

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

La vitamine K2 regroupe les ménaquinones, des formes de vitamine K qui activent des protéines de la coagulation, de l'os et des artères. Le dosage mesure leur concentration dans le sang, sans dire quel effet elles ont dans les tissus.

À lire avec

Prise de sangBilans du statut en vitamine K (vitamine K1, ostéocalcine non carboxylée, PIVKA-II) et bilans osseux étendus proposés par certains laboratoires.

ng/mLPreuve émergente

Profil sportif

Aucune valeur de référence propre aux sportifs n'est validée pour la vitamine K2. Le dosage dépend des apports récents ; il ne mesure ni la performance ni la santé osseuse.

Pourquoi on la demande

  • Bilan nutritionnel chez une personne avec malabsorption des graisses ou régime très restrictif
  • Suivi d'une supplémentation en vitamine K2 (MK-4 ou MK-7)
  • Bilan osseux ou vasculaire élargi, en complément de la vitamine D et du calcium
  • Traitement par antivitamine K, pour apprécier l'impact sur le statut en vitamine K
  • Comparaison de plusieurs marqueurs du statut en vitamine K (K1, ostéocalcine non carboxylée, PIVKA-II)

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Apports faibles en aliments fermentés et en produits animaux
  • Malabsorption des graisses (cholestase, mucoviscidose, maladies de l'intestin grêle)
  • Variation normale propre à la forme dosée : la MK-4 circule à des taux bien plus faibles que la MK-7

Causes d’une valeur haute

  • Complément de MK-7 ou de MK-4 (cause la plus fréquente)
  • Consommation récente de natto ou d'aliments fermentés
  • Différence de méthode ou de forme dosée, rendant les valeurs non comparables

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Compléments de vitamine K2 (MK-4, MK-7) et multivitamines
  • Aliments fermentés (natto) ou riches en vitamine K consommés les jours précédents
  • Antivitamines K (warfarine, fluindione, acénocoumarol), qui bloquent l'action de la vitamine
  • Malabsorption des graisses ou cholestase, qui limitent l'absorption des vitamines liposolubles
  • Exposition de l'échantillon à la lumière ou délai de transport trop long
  • Méthode de dosage et forme dosée (MK-4, MK-7) : les valeurs ne se comparent pas d'un laboratoire à l'autre

Ce que mesure l’analyse

La vitamine K2 est un groupe de formes de vitamine K appelées ménaquinones (MK-n). Le chiffre indique la longueur de leur chaîne latérale : la MK-4 et la MK-7 sont les plus souvent dosées. Elles proviennent de la production bactérienne, d’aliments fermentés comme le natto et de produits animaux.

La vitamine K est le cofacteur d’une enzyme, la gamma-glutamyl carboxylase. Cette enzyme « active » des protéines en leur ajoutant des groupements carboxyle : des facteurs de coagulation dans le foie, l’ostéocalcine dans l’os, la protéine Gla de la matrice (MGP) dans les parois artérielles. Le dosage mesure la concentration des ménaquinones dans le sang, le plus souvent par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse.

Ce qu’il ne mesure pas : l’effet de la vitamine dans les tissus. Pour cela, on dose des protéines restées « sous-carboxylées », comme l’ostéocalcine non carboxylée ou la PIVKA-II.

Comment se passe le prélèvement

Il s’agit d’une prise de sang veineuse. Les vitamines K sont sensibles à la lumière : la pratique usuelle est de protéger l’échantillon et de l’acheminer rapidement, selon les consignes du laboratoire. Nous n’avons pas trouvé de règle de jeûne validée pour les ménaquinones ; appliquez la consigne de votre laboratoire.

Signalez vos compléments de vitamine K2 et tout traitement par antivitamine K (warfarine, fluindione, acénocoumarol). Ces traitements bloquent l’action de la vitamine K et modifient la lecture des marqueurs associés.

Comment lire le résultat

L’unité est le ng/mL (équivalent au µg/L). Une équipe chinoise, constatant qu’aucun indicateur ni intervalle de référence n’était reconnu pour juger le statut en vitamine K, a établi les siens chez 631 femmes en bonne santé de 18 à 49 ans, par spectrométrie de masse : 0,12 à 3,54 ng/mL pour la MK-7 (voir le cadran) et 0,02 à 0,24 ng/mL pour la MK-4 (Nie et al., 2023)1.

Ces valeurs viennent d’une population précise. Elles ne s’appliquent pas telles quelles aux hommes, aux enfants ni aux personnes âgées : ce sont des repères indicatifs, pas des seuils de diagnostic. Le taux dépend aussi de ce que vous mangez. Dans une étude japonaise, les hommes qui consommaient du natto, même occasionnellement, avaient une MK-7 sérique plus élevée que ceux qui n’en mangeaient pas (Tsukamoto et al., 2000)2.

Ce qui compte vraiment : un taux de MK-7 dit combien de vitamine circule, pas si vos protéines osseuses ou vasculaires sont correctement activées. Un taux bas ou haut est une piste à discuter avec un médecin, jamais un diagnostic.

Ce que dit la science

Niveau de preuve : émergent. La vitamine K1 sérique reste le marqueur le plus utilisé, car elle reflète l’abondance de la vitamine. Son défaut est d’ignorer les autres formes, dont les ménaquinones. On l’associe souvent à la PIVKA-II pour voir aussi l’utilisation de la vitamine (Card et al., 2019)3.

Sur le plan biologique, la supplémentation en MK-7 agit sur des marqueurs. Dans un essai randomisé chez 55 enfants prépubères en bonne santé, huit semaines de MK-7 ont fait monter la MK-7 circulante et baisser l’ostéocalcine inactive par rapport au placebo, sans modifier les paramètres de coagulation (van Summeren et al., 2009)4. Cela prouve un effet sur un marqueur, pas un bénéfice sur les fractures.

Côté os, une étude observationnelle japonaise chez 379 femmes a trouvé plus de fractures vertébrales dans le groupe à vitamine K1 plasmatique basse (14,4 % contre 4,2 %). L’association portait sur la K1, pas sur la K2 (Tsugawa et al., 2008)5. Une association n’établit pas une cause. Parmi les sources vérifiées, nous n’avons trouvé aucun essai montrant qu’un taux de K2 sanguin guide utilement une supplémentation.

Les analyses à associer

  • Vitamine K1 : le marqueur de l’abondance de la vitamine le plus utilisé.
  • Ostéocalcine non carboxylée : montre l’activation de l’ostéocalcine dans l’os.
  • PIVKA-II : reflète l’utilisation de la vitamine K par le foie.
  • Vitamine D : partenaire dans le métabolisme du calcium.

À retenir

  • Le dosage de K2 mesure la concentration des ménaquinones, pas leur effet dans les tissus.
  • Aucun intervalle de référence n’est reconnu pour toutes les populations ; ceux du cadran viennent de femmes chinoises de 18 à 49 ans.
  • Compléments, natto et antivitamines K changent la lecture du résultat : signalez-les.
  • Le lien entre un taux de K2 et la santé osseuse ou vasculaire n’est pas établi.

Sources éditoriales et fact-checking5 sources vérifiées5 études[+]

Testez-vous 4 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Le dosage de la vitamine K2 est-il le test de référence du statut en vitamine K ?

  2. 02Un résultat de MK-7 sous 0,12 ng/mL est-il un diagnostic de carence ?

  3. 03Manger du natto peut-il faire monter la MK-7 sanguine ?

  4. 04Quel dosage complète la K2 pour savoir si l'os est bien activé par la vitamine K ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil et ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.