Aller au contenu

Vitamine K1

Aussi appelée Phylloquinone · Phytoménadione · Facteur anti-hémorragique · Vitamine K1 plasmatique

Le dosage de la vitamine K1 mesure la phylloquinone, la forme de la vitamine K issue des légumes verts. Il reste un test spécialisé : on lui préfère souvent des tests fonctionnels de coagulation.

Prise de sangFamille : vitaminesPreuve émergente

Testez-vous en 5 questions

En bref

La vitamine K1 est la forme végétale de la vitamine K, indispensable à l'activation de protéines de la coagulation et de l'os. Son dosage direct est spécialisé et se lit avec des tests de coagulation.

Pourquoi on la demande

  • Suspicion de carence : malabsorption des graisses, cholestase, antibiothérapie prolongée, nouveau-né
  • Saignements inexpliqués ou allongement du taux de prothrombine, quand un déficit en vitamine K est une hypothèse
  • Évaluer l'apport alimentaire en légumes verts dans un cadre de recherche ou de bilan nutritionnel spécialisé
  • Comprendre l'effet d'une chirurgie digestive ou d'une nutrition artificielle
  • Recherche sur le rôle de la vitamine K dans l'os et les vaisseaux

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Apports alimentaires insuffisants en légumes à feuilles vertes et huiles végétales
  • Malabsorption des graisses : cholestase, mucoviscidose, maladie cœliaque, maladie de Crohn
  • Antibiothérapie prolongée
  • Chirurgie bariatrique ou résection de l'intestin
  • Nouveau-né, avec des réserves faibles
  • Nutrition artificielle sans apport en vitamine K

Causes d’une valeur haute

  • Complément de vitamine K1 ou injection de phytoménadione
  • Repas riche en légumes verts ou en huile récent
  • Hyperlipidémie, qui augmente le transport

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Repas récent : la phylloquinone augmente après un repas gras, d'où l'intérêt du jeûne
  • Alimentation riche en légumes verts les jours précédents (épinards, choux, salade)
  • Compléments de vitamine K1, K2 ou multivitamines contenant de la vitamine K
  • Lumière : la phylloquinone est photosensible, le tube doit être protégé
  • Antivitamines K (warfarine, fluindione) : elles bloquent l'action de la vitamine K sans forcément modifier le taux de phylloquinone
  • Antibiotiques et maladies digestives, qui réduisent l'absorption et la production bactérienne de vitamine K
  • Taux de lipides sanguins, car la vitamine K circule dans les lipoprotéines

Ce que mesure l’analyse

La vitamine K regroupe la phylloquinone (vitamine K1), présente dans les légumes à feuilles vertes et certaines huiles végétales, et les ménaquinones (vitamine K2), produites par des bactéries et présentes dans des aliments fermentés ou d’origine animale. Le dosage mesure la phylloquinone dans le plasma.

La vitamine K sert de cofacteur à une enzyme qui active, par carboxylation, des protéines dépendantes de la vitamine K. Dans le foie, ce sont les facteurs de coagulation II, VII, IX et X, ainsi que les protéines C et S. Ailleurs, ce sont des protéines de l’os, comme l’ostéocalcine, et des vaisseaux, comme la protéine Gla de la matrice (MGP). Une carence provoque des saignements ; les antivitamines K (warfarine, fluindione) bloquent justement ce cycle.

Comment se passe le prélèvement

Il s’agit d’une prise de sang, en général à jeun. La phylloquinone circule dans les lipoprotéines et monte après un repas : un prélèvement non à jeun donne un chiffre plus haut et moins comparable. Le tube doit être protégé de la lumière, car la molécule est photosensible.

Signalez les compléments (K1, K2, multivitamines), les antibiotiques récents et surtout les anticoagulants de type antivitamine K. Ces derniers ne modifient pas forcément la phylloquinone mesurée, mais ils changent complètement la lecture de la coagulation.

Comment lire le résultat

Le résultat est rendu en µg/L ou en nmol/L selon le laboratoire. Il n’existe pas de valeur de référence consensuelle pour ce dosage : chaque laboratoire a ses normes, et le dosage direct est surtout réalisé dans des laboratoires spécialisés. Cette fiche ne propose donc pas de repère chiffré.

Le point essentiel : un taux sanguin de phylloquinone reflète surtout l’apport récent, pas l’activité biologique de la vitamine K dans les tissus. Pour juger de la fonction, les médecins s’appuient plutôt sur des tests fonctionnels. Le taux de prothrombine (ou l’INR) évalue la coagulation. Le PIVKA-II et la MGP non carboxylée sont des marqueurs de protéines non activées par manque de vitamine K, plus sensibles à une carence que le taux sanguin.

Dans une cohorte de personnes âgées, l’apport estimé par questionnaire alimentaire était positivement associé à la phylloquinone plasmatique et inversement associé à la MGP non carboxylée plasmatique, mais pas à la concentration de ménaquinone-4 dans le cerveau (Shea et al., 2026)1. Autrement dit : le sang renseigne sur les apports, mais pas forcément sur ce qui arrive dans chaque organe.

Ce que dit la science

Le rôle de la vitamine K dans la coagulation est établi depuis longtemps et fait partie des connaissances de base. Son rôle dans l’os, les muscles et les vaisseaux est plus récent et repose surtout sur des études d’observation.

Dans une cohorte de 1 347 femmes australiennes de 70 ans et plus, celles du quart supérieur d’apport en vitamine K1 (médiane de 120 µg par jour) avaient un risque d’hospitalisation pour chute inférieur de 26 % à celles du quart inférieur (médiane de 49 µg par jour). La relation n’était pas linéaire : elle atteignait un plateau pour des apports d’environ 70 à 100 µg par jour (Sim et al., 2023)2. Il s’agit d’une étude d’observation : elle ne prouve pas que la vitamine K prévienne les chutes, car les femmes qui mangent plus de légumes ont aussi d’autres habitudes de vie.

Niveau de preuve : émergente pour le dosage direct. Il est surtout utilisé en recherche ou dans des bilans spécialisés, alors que les tests fonctionnels de coagulation sont, eux, validés. Aucun dosage ne permet de décider seul d’un complément, et l’interaction avec les antivitamines K impose un avis médical avant toute supplémentation.

Les analyses à associer

Le taux de prothrombine, pour la fonction de coagulation. Le PIVKA-II, marqueur fonctionnel de carence. L’ostéocalcine non carboxylée, pour l’activation des protéines osseuses. La vitamine K2, pour l’autre famille de la vitamine K. En cas de suspicion de malabsorption, les autres vitamines liposolubles (A, D, E) complètent le tableau.

À retenir

  • La vitamine K1 est la forme végétale, issue surtout des légumes à feuilles vertes.
  • Elle active des protéines de la coagulation, de l’os et des vaisseaux.
  • Le dosage direct reflète surtout l’apport récent et varie après un repas : le jeûne est conseillé.
  • Les tests de coagulation et les marqueurs fonctionnels renseignent mieux sur l’activité réelle.
  • Sous antivitamine K, ne modifiez pas vos apports ni vos compléments sans avis médical.

Sources éditoriales et fact-checking2 sources vérifiées2 études[+]

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Quel aliment est une source majeure de vitamine K1 ?

  2. 02Le taux de vitamine K1 reflète-t-il l'apport alimentaire ?

  3. 03Pourquoi le dosage direct de la vitamine K est-il peu utilisé ?

  4. 04Faut-il être à jeun ?

  5. 05Un apport élevé de vitamine K1 est-il prouvé pour prévenir les chutes ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.