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Peroxydes lipidiques

Les peroxydes lipidiques sont des produits de l'oxydation des graisses, mesurés dans le sang comme signe de stress oxydatif. Leur dosage est utile, mais fragile : il se fausse facilement et diffère selon la méthode.

Prise de sangFamille : stress oxydatif et mitochondriesPreuve émergente

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En bref

Cette analyse mesure des produits formés quand les lipides, notamment ceux des membranes et des lipoprotéines, sont attaqués par les radicaux libres. Elle sert d'indicateur de dommages oxydatifs.

À lire avec

Prise de sangBilans de stress oxydatif et de médecine fonctionnelle, associés à des dosages d'antioxydants ou à d'autres marqueurs de dommages oxydatifs.

µmol/L (varie selon la méthodePreuve émergente

Profil sportif

Un effort intense, surtout inhabituel, accroît temporairement la production de radicaux libres et peut augmenter les produits d'oxydation des lipides dans le sang. Le moment du prélèvement par rapport à la séance compte donc autant que la valeur elle-même. Pour suivre une évolution, prélevez toujours dans les mêmes conditions, après un repos comparable.

Pourquoi on la demande

  • Un bilan de stress oxydatif dans le cadre d'un suivi de médecine préventive
  • Un contrôle chez une personne exposée à un facteur de stress oxydatif (tabac, pollution, entraînement très intense)
  • Un suivi d'une démarche nutritionnelle riche en acides gras polyinsaturés
  • Un complément d'un bilan comprenant antioxydants et marqueurs inflammatoires

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur haute

  • Stress oxydatif accru (tabac, pollution, inflammation)
  • Effort intense récent
  • Maladies métaboliques ou cardiovasculaires
  • Artefact de prélèvement ou de conservation

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Une hémolyse ou un tube mal conservé : les lipides s'oxydent in vitro après le prélèvement
  • Un délai prolongé avant centrifugation ou congélation
  • Une exposition de l'échantillon à la lumière, à la chaleur ou à l'air
  • Un repas riche en graisses dans les heures précédant la prise de sang
  • Un effort intense dans les 24 à 48 heures précédentes
  • Le tabagisme, une infection ou une inflammation récente
  • Le choix de la méthode de dosage, qui détecte des produits d'oxydation différents

Ce que mesure l’analyse

Les peroxydes lipidiques, appelés aussi hydroperoxydes lipidiques, sont les premiers produits stables de l’oxydation des acides gras. Cette oxydation, la peroxydation lipidique, se déclenche quand des radicaux libres (des molécules instables dérivées de l’oxygène) arrachent un atome d’hydrogène à un acide gras polyinsaturé. Ces graisses, très présentes dans les membranes cellulaires et dans les lipoprotéines, y sont particulièrement sensibles.

Une fois formés, les peroxydes lipidiques se dégradent en d’autres molécules, comme le malondialdéhyde. Le dosage sanguin cherche donc à estimer l’ampleur des dommages oxydatifs subis par les lipides. À la différence de la capacité antioxydante totale, qui décrit un potentiel de défense, il décrit un dégât.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang veineuse, sur sérum ou plasma selon la méthode. Un jeûne de 8 à 12 heures est généralement demandé, car un repas gras augmente les lipides circulants et peut interférer avec le dosage.

La préparation compte beaucoup. Évitez un effort intense dans les 24 à 48 heures précédentes. Signalez le tabac, une infection récente et les compléments antioxydants. Le tube doit être protégé de la lumière, centrifugé rapidement et congelé si le dosage n’est pas immédiat : les lipides continuent de s’oxyder dans l’éprouvette, ce qui crée un résultat artificiellement élevé.

Comment lire le résultat

L’unité et la technique varient selon le laboratoire. Selon les cas, on dose les hydroperoxydes lipidiques par une réaction colorimétrique, ou d’autres produits d’oxydation par d’autres techniques. Chaque laboratoire a ses propres normes, liées à sa méthode : il n’y a pas de repère commun, et un résultat n’est comparable qu’avec ceux du même laboratoire.

Une valeur élevée signale un possible excès d’oxydation, mais elle ne dit pas d’où il vient. Elle peut refléter un stress oxydatif réel (tabac, pollution, inflammation, effort intense récent, maladie métabolique) ou un artefact de prélèvement. Une valeur basse n’a pas d’intérêt clinique établi.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est celui d’une analyse émergente (niveau c). Mesurer le stress oxydatif chez l’humain est un problème difficile, et le choix du marqueur a beaucoup d’importance.

Une étude collaborative de grande ampleur a comparé de nombreux produits d’oxydation des lipides, des protéines et de l’ADN dans un modèle d’intoxication aiguë au tétrachlorure de carbone chez le rat. Les concentrations plasmatiques de malondialdéhyde et d’isoprostanes, mesurées par chromatographie gazeuse couplée à la spectrométrie de masse, augmentaient chez les animaux traités. Les autres produits testés, dont les hydroperoxydes lipidiques et les TBARS, variaient moins nettement ou pas du tout (Kadiiska et al., 2005)1.

Ce résultat vient du rat, dans un modèle d’intoxication aiguë : on ne peut pas le transposer tel quel à l’humain. Il suggère toutefois une prudence. Un dosage de peroxydes lipidiques par méthode simple n’a pas nécessairement la même sensibilité que les isoprostanes, souvent considérés comme plus spécifiques. Aucune valeur seuil de peroxydes lipidiques ne fait l’objet d’une recommandation des autorités de santé.

Les analyses à associer

On l’associe aux autres marqueurs de dommages oxydatifs, comme le malondialdéhyde et les F2-isoprostanes, pour vérifier que plusieurs indicateurs vont dans le même sens. La capacité antioxydante totale et la vitamine E éclairent les défenses. Les marqueurs de l’inflammation, comme la protéine C réactive, aident à repérer une cause fréquente d’oxydation accrue.

À retenir

  • Les peroxydes lipidiques mesurent un dommage oxydatif des graisses, pas une défense.
  • Le résultat se fausse facilement : conservation, lumière, hémolyse, repas gras, effort récent.
  • La méthode compte : ne comparez que des résultats du même laboratoire.
  • Les données comparant les marqueurs viennent surtout de modèles animaux ; l’intérêt clinique chez l’humain reste en cours d’étude.
  • Une valeur élevée est une piste à discuter avec un médecin, jamais un diagnostic.

Sources éditoriales et fact-checking1 source vérifiée1 étude[+]

Testez-vous 4 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Que sont les peroxydes lipidiques ?

  2. 02Un tube conservé trop longtemps avant analyse peut-il fausser le résultat ?

  3. 03Une valeur élevée est-elle un diagnostic ?

  4. 04Un entraînement intense la veille peut-il influencer le résultat ?

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