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Lactate déshydrogénase

Aussi appelée LDH

La lactate déshydrogénase est une enzyme présente dans presque tous les tissus, qui passe dans le sang quand les cellules sont abîmées. Très peu spécifique, elle se lit toujours avec d'autres analyses et avec le contexte.

Prise de sangFamille : muscle et effortPreuve courante

Testez-vous en 4 questions

En bref

La lactate déshydrogénase est une enzyme qui intervient dans la production d'énergie des cellules. Elle se trouve dans les muscles, le foie, le cœur et les globules rouges, et passe dans le sang quand ces cellules sont lésées.

À lire avec

Prise de sangBilan d'hémolyse, bilan musculaire (CK, ASAT, aldolase), bilan hépatique, suivi de l'entraînement.

U/LPreuve courante

Profil sportif

La LDH monte plus tard que la CK après un effort excentrique intense. Elle varie avec l'état d'entraînement, et le profil de ses isoenzymes pourrait renseigner sur la réponse du muscle à la charge. Prise seule, elle reste très peu spécifique : une hausse isolée chez un sportif ne dit pas d'où elle vient.

Pourquoi on la demande

  • Orienter vers une hémolyse, avec la bilirubine libre et l'haptoglobine
  • Explorer une atteinte musculaire, cardiaque ou hépatique
  • Suivre certains cancers et hémopathies, comme marqueur non spécifique
  • Suivre l'adaptation du muscle à l'entraînement chez un sportif
  • Évaluer la gravité de certaines infections ou atteintes pulmonaires

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur haute

  • Hémolyse, in vivo (anémie hémolytique) ou artéfact du prélèvement
  • Atteinte musculaire (effort intense, rhabdomyolyse, myopathie)
  • Atteinte cardiaque, hépatique, rénale ou pulmonaire
  • Anémies par carence en vitamine B12 ou en folates
  • Tumeurs et hémopathies, en particulier les lymphomes et les leucémies
  • Infections sévères

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Hémolyse de l'échantillon : prélèvement difficile, garrot prolongé ou tube secoué augmentent faussement la LDH
  • Délai avant centrifugation : les globules rouges relarguent de l'enzyme dans le tube
  • Effort intense dans les jours précédents
  • Âge, sexe, origine, masse musculaire et conditions climatiques modifient la valeur de base
  • Médicaments à toxicité musculaire ou hépatique
  • Méthode de dosage et unités propres au laboratoire

Ce que mesure l’analyse

La lactate déshydrogénase (LDH) est une enzyme qui transforme le lactate en pyruvate et inversement, une étape clé du métabolisme du sucre dans les cellules. Elle existe sous cinq formes (isoenzymes), construites à partir de deux types de sous-unités, dont la répartition varie selon les organes. On la trouve dans le muscle, le cœur, le foie, les reins, les poumons et les globules rouges.

Quand les cellules sont abîmées, la LDH passe dans le sang. L’analyse mesure l’activité totale de cette enzyme. Parce qu’elle vient de nombreux tissus, un résultat élevé ne dit pas d’où elle vient : elle est un signal d’alerte général, qu’il faut localiser avec d’autres analyses.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang veineuse, dosée sur sérum ou plasma. Il n’existe pas de préparation spécifique, mais la qualité du prélèvement joue beaucoup : un garrot prolongé, une aiguille trop fine ou un tube secoué détruisent des globules rouges, qui libèrent leur LDH dans l’échantillon. De même, un délai trop long avant la centrifugation augmente le résultat.

Signalez au laboratoire tout effort intense récent et les médicaments pris. Pour la conservation et le transport, suivez les consignes du laboratoire.

Comment lire le résultat

La LDH s’exprime en unités par litre (U/L), et les valeurs de référence dépendent de la méthode du laboratoire : aucun repère consensuel vérifié ne peut être donné ici. Utilisez les normes imprimées sur votre compte rendu.

La première question à se poser devant une LDH élevée est celle de l’hémolyse du prélèvement. Dans une étude de vérification des interférences sur un analyseur, l’hémolyse augmentait faussement les résultats de 11 paramètres, dont la LDH, la CK, l’ASAT, le potassium et la bilirubine totale, et en diminuait d’autres (Yang et al., 2022)1. Un résultat aberrant avec un échantillon signalé comme hémolysé doit donc être refait avant toute interprétation.

Les autres facteurs sont physiologiques : la LDH, comme la CK, dépend de l’âge, du sexe, de la race, de la masse musculaire, de l’activité physique et des conditions climatiques (Brancaccio et al., 2008)2. Une valeur légèrement haute chez une personne très musclée ou entraînée n’a pas la même signification que chez une personne sédentaire.

Ce que dit la science

Chez le sportif, la LDH s’intéresse à la réponse du muscle à l’entraînement. La LDH totale et l’activité de ses isoenzymes changent avec l’état d’entraînement de l’athlète, et le profil des isoenzymes pourrait avoir un rôle pour étudier la réponse du muscle à la charge (Brancaccio et al., 2008)3. Cette piste reste exploratoire : il n’existe pas de seuil de LDH qui définisse une surcharge d’entraînement.

La cinétique après l’effort est un élément utile. Chez neuf jeunes hommes ayant réalisé un exercice excentrique de montée sur la pointe des pieds avec une jambe, la CK et l’aldolase augmentaient significativement à 72 heures, tandis que la LDH n’augmentait significativement qu’à 96 heures. L’ASAT et l’ALAT, elles, ne changeaient pas de façon significative (Kanda et al., 2014)4. L’échantillon est petit et l’exercice très localisé, mais le décalage confirme qu’un prélèvement unique, trop précoce, peut manquer la hausse de la LDH.

Le niveau de preuve est intermédiaire : la LDH est un marqueur courant, mais non spécifique. Ses utilisations en oncologie, hématologie et pneumologie dépassent le cadre de cette fiche. Une LDH isolée, modérément élevée, sans autre anomalie, relève le plus souvent de l’hémolyse du prélèvement, de l’effort ou de la variation normale.

Les analyses à associer

La créatine kinase est le meilleur marqueur de la lésion musculaire, et monte plus tôt. L’haptoglobine et la bilirubine libre aident à décider si la hausse de LDH correspond à une vraie hémolyse. L’ASAT, présente dans le foie et le muscle, se lit souvent avec la LDH.

À retenir

  • La LDH est une enzyme présente dans presque tous les tissus : elle signale une souffrance cellulaire, sans dire laquelle.
  • L’hémolyse du prélèvement est la cause d’erreur la plus fréquente, et justifie de refaire une valeur aberrante.
  • Après un effort excentrique, la LDH monte plus tard que la CK.
  • L’âge, le sexe, l’origine, la masse musculaire et le climat déplacent la valeur de base.
  • Seul le contexte clinique et les autres analyses permettent d’interpréter une valeur élevée.

Sources éditoriales et fact-checking3 sources vérifiées3 études[+]

Testez-vous 4 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Une hémolyse du prélèvement change-t-elle la LDH ?

  2. 02La LDH est-elle spécifique du muscle ?

  3. 03Après un effort excentrique intense, la LDH monte-t-elle avant la CK ?

  4. 04Qu'est-ce qui déplace la valeur de base de la LDH ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.