Ce que mesure l’analyse
FTO signifie « fat mass and obesity associated », c’est-à-dire associé à la masse grasse et à l’obésité. Un variant fréquent de ce gène est lié à l’indice de masse corporelle (IMC), c’est-à-dire au rapport du poids à la taille. Le mécanisme exact par lequel il influence le poids reste en cours d’étude.
Le test cible le plus souvent le variant rs9939609, un changement d’une seule base de l’ADN. Chaque personne porte deux copies du gène, une de chaque parent. Les génotypes sont TT (aucune copie de l’allèle de risque), TA (une copie) et AA (deux copies), A étant l’allèle de risque.
Le test lit votre ADN. Il ne mesure ni votre poids, ni votre masse grasse, ni votre appétit, et il ne change pas au cours de la vie.
Comment se passe le prélèvement
L’ADN est extrait d’une prise de sang (tube avec anticoagulant) ou d’un échantillon de salive. Aucune préparation n’est nécessaire : pas de jeûne, pas d’horaire imposé, pas d’arrêt de compléments. Votre ADN ne dépend ni du dernier repas ni d’une séance de sport.
Signalez au laboratoire une greffe de cellules souches du sang, car l’ADN d’un échantillon sanguin pourrait alors être celui du donneur. Pour la salive, suivez la notice du kit : boire, manger, fumer ou se brosser les dents juste avant le recueil peut contaminer ou diluer l’échantillon. Le test n’est refait que si l’échantillon est inexploitable.
Comment lire le résultat
Le compte rendu indique TT, TA ou AA. Il n’y a ni unité ni valeur de référence chiffrée : c’est un génotype. TT correspond à l’absence d’allèle de risque.
Voici ce que montre l’étude fondatrice. Parmi les adultes, 16 % étaient homozygotes pour l’allèle de risque : ils pesaient en moyenne environ 3 kg de plus et avaient 1,67 fois plus de chances d’être obèses que ceux sans allèle de risque. L’écart portait sur la masse grasse et apparaissait dès l’âge de 7 ans (Frayling et al., 2007)1.
Une méta-analyse de 45 études chez 218 166 adultes confirme l’effet : chaque allèle A augmente les chances d’obésité de 1,23 fois. Elle montre aussi que l’activité physique atténue cet effet : l’association est plus faible chez les actifs que chez les inactifs, et réduite de 27 % chez les adultes physiquement actifs. Chez les enfants et les adolescents, cette interaction n’a pas été retrouvée (Kilpeläinen et al., 2011)2.
Ce que le résultat ne dit pas
Ces chiffres sont des moyennes de groupe. Ils ne disent ni votre poids futur ni votre capacité à perdre du poids. Un génotype AA n’est pas une fatalité, et un génotype TT n’est pas une protection : l’alimentation, l’activité physique, le sommeil et le contexte de vie pèsent aussi.
Ce que dit la science
Niveau de preuve : non validé pour un usage individuel. L’association entre le variant et le poids est solide à l’échelle des populations. Son utilité pour guider un régime ou un entraînement n’est pas démontrée.
Une méta-analyse de huit essais randomisés (9 563 participants en surpoids ou obèses) n’a trouvé aucune différence significative de perte d’IMC, de poids ou de tour de taille selon le génotype FTO, quels que soient le type d’intervention (alimentation, activité physique, médicament) et sa durée. Les auteurs en concluent que les porteurs de l’allèle de risque répondent aussi bien aux interventions (Livingstone et al., 2016)3.
Un signal discret va dans l’autre sens. Dans une méta-analyse de 10 études (6 951 participants), les homozygotes AA perdaient en moyenne 0,44 kg de plus que les TT lors d’interventions de régime ou de mode de vie, un écart minime dont les auteurs appellent à confirmer l’intérêt clinique (Xiang et al., 2016)4.
Ces résultats vont dans le même sens : le génotype FTO ne justifie pas de choisir un régime ou un programme sportif particulier. Les produits de nutrigénétique qui promettent un plan alimentaire « adapté à votre FTO » dépassent ce que ces études permettent d’affirmer.
Les analyses à associer
- Glycémie à jeun : pour situer le métabolisme du glucose.
- Hémoglobine glyquée : le reflet de la glycémie sur la durée.
- Triglycérides : un marqueur du bilan lipidique, souvent perturbé en cas d’excès de masse grasse.
- Indice HOMA-IR : une estimation de la résistance à l’insuline.
À retenir
- Le test lit votre ADN : TT, TA ou AA, identique toute la vie, sans jeûne ni préparation.
- L’allèle de risque est associé en moyenne à un poids plus élevé : environ 3 kg de plus chez les homozygotes de l’étude fondatrice.
- L’activité physique régulière atténue l’effet chez l’adulte.
- Le génotype ne prédit pas la réponse à un régime ou à l’entraînement.
- Pour votre poids et votre santé métabolique, les dosages sanguins et un suivi médical sont plus utiles que ce test.
Sources éditoriales et fact-checking4 sources vérifiées1 étude