Aller au contenu

Recherches santé · Muscles et articulations

Mal de dos

Aussi : lombalgie, lumbago, tour de reins, mal aux lombaires

Face au mal de dos, le réflexe du repos est le mauvais. Les études placent le mouvement en tête, loin devant le paracétamol.

🔬 Ce que dit la science

Rester actif plutôt que s'aliter

Pour la HAS, l'exercice physique est le traitement principal de la lombalgie commune, avec la poursuite des activités quotidiennes et, si possible, du travail. L'information du patient doit être rassurante sur l'évolution.

Recommandé · HAS 2019

Anti-inflammatoires : sur avis, en cure courte

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent être proposés après évaluation de la balance entre bénéfices et risques, pour la durée la plus courte possible. Aucun antalgique n'a prouvé d'effet sur l'évolution d'une crise à moyen terme.

Avec le médecin · HAS 2019

Exercice contre la lombalgie chronique

Dans une revue Cochrane de 249 essais, l'exercice réduit la douleur d'environ 15 points sur 100 par rapport à l'absence de traitement, aux soins habituels ou à un placebo, avec une certitude modérée. Le gain sur la gêne au quotidien reste plus faible.

Étudié · Cochrane 2021

Chaleur locale en phase aiguë

Une ceinture chauffante réduit un peu la douleur et la gêne à court terme lors d'une crise aiguë ou subaiguë, surtout associée à de l'exercice. Le froid n'a pas été assez étudié pour conclure.

Étudié · Cochrane 2006

Acupuncture : différence faible face au placebo

Face à une fausse acupuncture, la baisse de la douleur reste sous le seuil jugé cliniquement utile, avec des preuves de faible certitude. L'écart n'est net que face à l'absence de traitement.

Non démontré · Cochrane 2020

Paracétamol : pas mieux qu'un placebo

Dans la lombalgie, le paracétamol ne réduit ni la douleur ni le handicap à court terme par rapport à un placebo, selon des preuves de haute qualité. Il augmente en revanche la fréquence d'anomalies des tests du foie.

Non démontré · BMJ 2015

☯️ La médecine chinoise

La tradition distingue plusieurs lombalgies : par vide du Rein (shen xu yao tong), organe qu'elle associe aux lombes, par froid-humidité, par humidité-chaleur ou par stase de sang. La CIM-11 de l'OMS a retenu une catégorie de « lombalgie » dans son chapitre consacré aux médecines traditionnelles.

Écorce d'eucommia (du zhong)

DouxTièdeFoie · Rein

Science : dos : non étudié ; tension artérielle : deux petits essais discordants

Racine de dipsacus (xu duan)

Amer, piquantLégèrement tièdeFoie · Rein

Science : peu étudié, seulement en formules

Racine d'angélique pubescente (du huo)

Piquant, amerLégèrement tièdeRein · Vessie

Science : dos : peu étudié ; une formule testée dans l'arthrose du genou
Tradition · pas une preuve d’efficacité

Consultez sans attendre si la douleur s'aggrave progressivement, persiste au repos et surtout la nuit, s'accompagne de fièvre, d'une perte de poids inexpliquée ou d'une douleur dans la poitrine, survient après un traumatisme important, chez une personne qui a eu un cancer, qui prend des corticoïdes au long cours ou qui a moins de 20 ans ou plus de 55 ans, ou si apparaissent une perte de force dans une jambe, une insensibilité du périnée ou des parties génitales, ou des troubles pour uriner ou aller à la selle.

Ce qui se passe dans le corps

Un geste anodin. Une douleur qui bloque le bas du dos. Le lumbago fait partie des douleurs les plus banales, et des plus inquiétantes sur le moment.

Le plus souvent, aucune lésion grave n’est en cause. La HAS parle de lombalgie commune : une douleur du bas du dos sans maladie sous-jacente identifiable. Elle demande d’ailleurs aux médecins de délivrer une information rassurante sur son évolution.

La durée sert de repère. Une crise de moins de six semaines est dite aiguë. Au-delà de trois mois, la lombalgie devient chronique.

Les causes les plus fréquentes

La lombalgie commune n’a pas de cause unique. Disques, petites articulations des vertèbres, muscles et ligaments peuvent tous participer, sans que l’examen ou l’imagerie permettent toujours de trancher.

Plus rarement, la douleur trahit une maladie : infection, fracture, tumeur, rhumatisme inflammatoire. C’est tout l’enjeu des signes d’alerte que le médecin recherche à chaque consultation.

Le vrai risque est ailleurs : le passage à la chronicité. La HAS y consacre une large part de ses recommandations.

Ce qui aide, selon les études

Premier message, le plus contre-intuitif : bouger. Pour la HAS, l’exercice physique est le traitement principal de la lombalgie commune, avec la poursuite des activités quotidiennes et, si possible, du travail. L’Assurance Maladie le résume ainsi : le repos au lit n’est pas recommandé.

Les essais vont dans le même sens. Une revue Cochrane montre que le conseil de rester actif réduit un peu la douleur d’une crise aiguë, par rapport au repos. Dans la lombalgie chronique, l’exercice diminue la douleur d’environ 15 points sur 100, selon une autre revue Cochrane de 249 essais.

La chaleur locale apporte un soulagement modeste et de courte durée en phase aiguë, selon les essais réunis par Cochrane.

Côté médicaments, les surprises ne manquent pas. Le paracétamol n’a pas fait mieux qu’un placebo dans la lombalgie, selon une méta-analyse publiée dans le BMJ. Un grand essai publié dans The Lancet, mené chez 1 652 patients en crise aiguë, trouve le même délai de récupération avec ou sans paracétamol. Les anti-inflammatoires peuvent être proposés par le médecin, après évaluation de leurs risques, pour la durée la plus courte possible.

L’imagerie, elle, n’apporte rien lors d’une poussée aiguë sans signe d’alerte : la HAS ne la recommande pas. Elle ne se discute qu’en cas de douleur qui persiste au-delà de trois mois ou avant un geste technique.

Et l’acupuncture ? Face à une fausse acupuncture, la différence sur la douleur reste sous le seuil jugé utile, selon la revue Cochrane. Les recommandations britanniques NICE déconseillent d’y recourir.

Ce que propose la médecine chinoise

La médecine chinoise, présentée ici comme une tradition, distingue plusieurs lombalgies. La plus citée est la lombalgie par vide du Rein (shen xu yao tong), un organe que la tradition associe aux lombes. Les autres formes relèvent du froid-humidité, de l’humidité-chaleur ou de la stase de sang. La CIM-11 de l’OMS a retenu une catégorie de « lombalgie » dans son chapitre consacré aux médecines traditionnelles.

La Pharmacopée chinoise cite l’écorce d’eucommia (du zhong) et la racine de dipsacus (xu duan), réputées tonifier le Foie et le Rein et renforcer tendons et os. La racine d’angélique pubescente (du huo) y est indiquée pour les douleurs des lombes et des genoux liées au froid et à l’humidité. Aucune de ces plantes n’a été évaluée seule dans la lombalgie.

Quand consulter

La HAS liste des signes d’alerte qui imposent un avis médical rapide :

  • Une douleur qui s’aggrave, présente au repos et surtout la nuit ;
  • De la fièvre, une perte de poids inexpliquée, un antécédent de cancer ou un traitement prolongé par corticoïdes ;
  • Un traumatisme important, comme une chute de hauteur ;
  • Une perte de force dans les jambes, une insensibilité du périnée ou des troubles pour uriner ou aller à la selle.

Le dernier cas peut traduire une compression des nerfs du bas de la colonne, le syndrome de la queue-de-cheval. C’est une urgence, le jour même.

À retenir

  • Bouger fait partie du traitement : le repos au lit n’est pas recommandé ;
  • Une crise aiguë sans signe d’alerte ne justifie pas d’imagerie ;
  • Le paracétamol n’a pas fait mieux qu’un placebo dans les essais ;
  • Une insensibilité du périnée ou des troubles urinaires imposent une consultation en urgence.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Faut-il rester au lit en cas de lumbago ?

  2. 02Le paracétamol soulage-t-il la lombalgie mieux qu'un placebo ?

  3. 03L'exercice aide-t-il en cas de lombalgie chronique ?

  4. 04L'acupuncture fait-elle nettement mieux qu'une fausse acupuncture ?

  5. 05Quel signe associé au mal de dos impose une consultation en urgence ?

Pour aller plus loin

Cette page peut aider quelqu’un ?

Envoyez-la : ce que dit la science, ce qu’en dit la tradition chinoise et les signes qui doivent faire consulter.

Sources

  1. HAS. Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune. Recommandation de bonne pratique, fiche mémo, Haute Autorité de Santé, mars 2019
  2. HAS. Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune. Arbre décisionnel, Haute Autorité de Santé, mars 2019
  3. Assurance Maladie. Mal de dos : le bon traitement, c'est le mouvement ! ameli.fr, 9 avril 2025
  4. Dahm KT, Brurberg KG, Jamtvedt G, et al. Advice to rest in bed versus advice to stay active for acute low-back pain and sciatica. Cochrane Database Syst Rev. 2010;(6):CD007612. doi:10.1002/14651858.CD007612.pub2
  5. Hayden JA, Ellis J, Ogilvie R, et al. Exercise therapy for chronic low back pain. Cochrane Database Syst Rev. 2021;9(9):CD009790. doi:10.1002/14651858.CD009790.pub2
  6. French SD, Cameron M, Walker BF, et al. Superficial heat or cold for low back pain. Cochrane Database Syst Rev. 2006;(1):CD004750. doi:10.1002/14651858.CD004750.pub2
  7. Machado GC, Maher CG, Ferreira PH, et al. Efficacy and safety of paracetamol for spinal pain and osteoarthritis: systematic review and meta-analysis of randomised placebo controlled trials. BMJ. 2015;350:h1225. doi:10.1136/bmj.h1225
  8. Williams CM, Maher CG, Latimer J, et al. Efficacy of paracetamol for acute low-back pain: a double-blind, randomised controlled trial. Lancet. 2014;384(9954):1586-1596. doi:10.1016/S0140-6736(14)60805-9
  9. Mu J, Furlan AD, Lam WY, et al. Acupuncture for chronic nonspecific low back pain. Cochrane Database Syst Rev. 2020;12(12):CD013814. doi:10.1002/14651858.CD013814
  10. NICE. Low back pain and sciatica in over 16s: assessment and management (NG59). National Institute for Health and Care Excellence, 30 novembre 2016, mise à jour le 11 décembre 2020
  11. Commission de la Pharmacopée chinoise. Pharmacopoeia of the People's Republic of China, édition 2020, volume I (monographies des plantes : saveur, nature, méridiens, indications). Édition anglaise en 4 volumes, ISBN 978-0-11-898767-7.
  12. Organisation mondiale de la santé. Classification internationale des maladies, 11e révision (CIM-11), chapitre 26 « Supplementary Chapter Traditional Medicine Conditions – Module I »
  13. Organisation mondiale de la santé. WHO international standard terminologies on traditional Chinese medicine. Genève : OMS ; 2022. ISBN 978-92-4-004232-2

Cette page explique, elle ne remplace pas l’avis d’un médecin. La médecine chinoise y est présentée comme une tradition, pas comme une preuve d’efficacité.

Toutes les recherches santé