Aller au contenu

Rapport HVA sur DOPAC

Aussi appelée HVA/DOPAC · Rapport acide homovanillique sur acide dihydroxyphénylacétique · Ratio HVA/DOPAC

Le rapport HVA sur DOPAC compare deux métabolites urinaires de la dopamine, formés à des étapes différentes de sa dégradation. Il aide à replacer chaque valeur dans son contexte, mais son intérêt clinique reste émergent.

Recueil d’urinesFamille : acides organiques : neurotransmetteursPreuve émergente

Testez-vous en 5 questions

En bref

Cette analyse divise la quantité d'acide homovanillique (HVA) par celle d'acide dihydroxyphénylacétique (DOPAC), deux produits de dégradation de la dopamine dans les urines. Elle reflète l'équilibre entre deux enzymes.

À lire avec

Recueil d’urinesProfil des acides organiques urinaires, profil de neurotransmetteurs urinaires, bilans de médecine fonctionnelle ou de neurobiologie qui comprennent HVA, DOPAC, acide vanillylmandélique et 5-HIAA.

rapport sans unité (HVA et DOPPreuve émergente

Profil sportif

Aucune étude validée n'a défini de repères du rapport HVA sur DOPAC propres au sportif. Comme le rapport compare deux concentrations mesurées dans le même échantillon, il est peu sensible à la dilution des urines, donc moins à l'hydratation que chaque métabolite pris seul. Les compléments de précurseurs de la dopamine et les médicaments restent les premières sources d'écart à signaler au médecin.

Pourquoi on la demande

  • Compléter un profil d'acides organiques urinaires qui comprend les métabolites des neurotransmetteurs
  • Explorer l'équilibre entre les deux étapes de dégradation de la dopamine, l'une par la MAO, l'autre par la COMT
  • Replacer une HVA ou une DOPAC isolément haute ou basse dans son contexte
  • Chercher une piste devant une fatigue, une somnolence diurne ou des troubles de l'humeur persistants, avec un médecin ou un thérapeute formé à cette lecture
  • Suivre l'effet biochimique d'un médicament qui agit sur la MAO ou la COMT, sur avis médical

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Médicament inhibiteur de la COMT, qui freine la formation d'HVA
  • Activité relative de la MAO plus marquée que celle de la COMT
  • Variation génétique de la COMT ou de la MAO, hypothèse de recherche
  • Échantillon mal conservé, avec dégradation des métabolites

Causes d’une valeur haute

  • Activité relative de la COMT plus marquée que celle de la MAO
  • Baisse de la DOPAC liée à un médicament inhibiteur de la MAO
  • Diminution de la fonction rénale, qui abaisse la DOPAC plus que l'HVA
  • Variation génétique de la COMT ou de la MAO, hypothèse de recherche
  • Traitement dopaminergique, selon le médicament

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Médicaments qui agissent sur la dopamine : lévodopa, inhibiteurs de la MAO, inhibiteurs de la COMT, méthyldopa. Ils déplacent directement l'équilibre entre HVA et DOPAC
  • Alcool : une étude chez des volontaires sains montre qu'il modifie le métabolisme de la dopamine
  • Compléments contenant des précurseurs de la dopamine (L-tyrosine, L-dopa, extraits de mucuna) : ils augmentent la matière première avant la mesure
  • Fonction rénale : le rein produit une part importante de la dopamine urinaire, et ses métabolites baissent quand la fonction rénale diminue
  • Moment du recueil : urines du matin, urines de la nuit ou urines de 24 heures ne donnent pas les mêmes concentrations, et chaque laboratoire a sa consigne
  • Conservation : les métabolites des catécholamines s'oxydent. Un échantillon laissé à température ambiante ou non acidifié peut donner un résultat faussé
  • Sommeil et stress la veille : l'activité des systèmes dopaminergique et sympathique varie avec eux

Ce que mesure l’analyse

La dopamine est un neurotransmetteur et une hormone locale. Elle intervient dans la motivation, la vigilance, le mouvement et la régulation rénale du sodium. Une fois utilisée, elle est dégradée en plusieurs étapes par deux enzymes : la monoamine oxydase (MAO) et la catéchol-O-méthyltransférase (COMT).

Quand la MAO agit en premier, la dopamine devient de l’acide dihydroxyphénylacétique (DOPAC). La COMT transforme ensuite la DOPAC en acide homovanillique (HVA), le produit final éliminé dans les urines. La COMT peut aussi intervenir en premier, puis la MAO, pour aboutir à la même HVA.

Le rapport HVA sur DOPAC divise donc le produit final par un produit intermédiaire. Il renseigne sur l’équilibre entre ces deux enzymes, pas sur la quantité de dopamine fabriquée.

La dopamine urinaire n’est pas un simple reflet du cerveau. Le rein en synthétise lui-même à partir de la L-dopa, et cette dopamine est largement dégradée en DOPAC dans les cellules du tube rénal (Pestana et al., 1998)1.

Comment se passe le prélèvement

Le prélèvement se fait sur les urines. Selon le laboratoire, il s’agit des premières urines du matin, d’un recueil sur une période définie ou d’urines de 24 heures. Suivez la consigne du laboratoire qui réalise le test.

Les consignes de préparation varient. Elles demandent souvent d’éviter certains médicaments, compléments et boissons alcoolisées dans les jours précédents. N’arrêtez jamais un traitement de votre propre initiative : demandez l’avis du médecin qui le prescrit.

La conservation compte, car les catécholamines et leurs métabolites s’oxydent. Les laboratoires fournissent parfois un flacon avec un conservateur acide et demandent de garder l’échantillon au frais. Un recueil mal conservé peut changer le rapport.

L’alcool fait partie des facteurs à signaler. Une étude chez 24 volontaires sains a montré qu’après une prise d’éthanol, le métabolisme de la dopamine s’oriente davantage vers la formation d’hydroxytyrosol. Le rapport DOPAC sur hydroxytyrosol diminuait dans les urines (Pérez-Mañá et al., 2015)2.

Comment lire le résultat

Le résultat est un simple rapport, sans unité : HVA et DOPAC sont exprimées dans la même unité, qui s’élimine à la division. Un avantage pratique en découle. Comme le rapport compare deux concentrations d’un même échantillon, il dépend peu de la dilution des urines.

Ce test est spécialisé, comme le profil d’acides organiques urinaires dont il fait partie. Les valeurs de référence sont propres à chaque laboratoire. Chaque laboratoire a ses normes, définies avec sa méthode de dosage et sa population. Nous n’indiquons donc pas de repère chiffré : comparez votre résultat à l’intervalle imprimé sur votre compte rendu.

Pour interpréter une valeur, quatre points comptent :

  • Les valeurs de départ. Regardez l’HVA et la DOPAC séparément. Un rapport modifié peut venir de l’une ou de l’autre.
  • Les médicaments. Un inhibiteur de la MAO diminue la DOPAC, un inhibiteur de la COMT freine la formation d’HVA. Chacun déplace le rapport dans un sens opposé.
  • La fonction rénale. Chez des patients ayant une maladie rénale chronique, les métabolites de la dopamine sont moins éliminés, et le rapport HVA sur DOPAC est plus élevé (Pestana et al., 1998).
  • Le contexte clinique. Un écart isolé, sans symptôme, se discute avec un médecin. Il ne prouve rien.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve de ce rapport est émergent : il fait l’objet de recherches, mais il n’est pas recommandé par les autorités de santé comme examen de routine.

Ce qui est démontré : la voie de dégradation de la dopamine par la MAO et la COMT est solidement établie. Les urines contiennent bien de la DOPAC et de l’HVA. Chez 28 patients avec une atteinte rénale chronique, la DOPAC et l’HVA urinaires baissaient avec la fonction rénale, et les auteurs ont proposé de considérer la DOPAC urinaire comme un indicateur de la synthèse rénale de dopamine (Pestana et al., 1998).

Ce qui est suggéré, sans être validé : dans une étude de 49 patients atteints d’apnées obstructives du sommeil, les métabolites urinaires de la dopamine, dont la DOPAC (r = 0,584) et l’HVA, étaient liés à la somnolence diurne, après ajustement sur plusieurs facteurs (Paik et al., 2014)3. Cette étude porte sur un seul groupe de patients et sur les métabolites séparément, pas sur leur rapport.

Ce qui n’est pas démontré : nous n’avons retenu aucune étude qui valide un seuil du rapport HVA sur DOPAC pour reconnaître un trouble de l’humeur, de l’attention ou du sommeil. Les urines ne reflètent pas non plus à elles seules l’activité dopaminergique du cerveau. Les interprétations proposées par certains laboratoires restent des hypothèses.

Les analyses à associer

Lisez ce rapport avec l’acide homovanillique et l’acide dihydroxyphénylacétique, qui le composent. Le rapport HVA sur VMA compare la voie de la dopamine à celle de la noradrénaline et de l’adrénaline. La dopamine urinaire donne la quantité de départ. Un bilan de la fonction rénale aide enfin à écarter une cause rénale.

À retenir

  • Le rapport HVA sur DOPAC compare deux étapes de la dégradation de la dopamine, la MAO et la COMT.
  • La dopamine urinaire vient en partie du rein, donc ce rapport ne reflète pas directement le cerveau.
  • Les repères sont propres à chaque laboratoire. Comparez-vous à l’intervalle de votre compte rendu.
  • Médicaments, alcool, compléments, fonction rénale et conservation peuvent faire varier le résultat.
  • Le niveau de preuve est émergent : un écart se discute avec un médecin, il ne prouve rien seul.

Sources éditoriales et fact-checking3 sources vérifiées3 études[+]

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Que compare le rapport HVA sur DOPAC ?

  2. 02Un rapport hors des normes du laboratoire permet-il de conclure à un trouble dopaminergique ?

  3. 03Les valeurs de référence sont-elles les mêmes dans tous les laboratoires ?

  4. 04La dopamine des urines vient-elle uniquement du cerveau ?

  5. 05L'alcool peut-il modifier le métabolisme de la dopamine mesuré dans les urines ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.