Ce que mesure l’analyse
La dopamine est un neurotransmetteur et une hormone locale. Elle intervient dans la motivation, la vigilance, le mouvement et la régulation rénale du sodium. Une fois utilisée, elle est dégradée en plusieurs étapes par deux enzymes : la monoamine oxydase (MAO) et la catéchol-O-méthyltransférase (COMT).
Quand la MAO agit en premier, la dopamine devient de l’acide dihydroxyphénylacétique (DOPAC). La COMT transforme ensuite la DOPAC en acide homovanillique (HVA), le produit final éliminé dans les urines. La COMT peut aussi intervenir en premier, puis la MAO, pour aboutir à la même HVA.
Le rapport HVA sur DOPAC divise donc le produit final par un produit intermédiaire. Il renseigne sur l’équilibre entre ces deux enzymes, pas sur la quantité de dopamine fabriquée.
La dopamine urinaire n’est pas un simple reflet du cerveau. Le rein en synthétise lui-même à partir de la L-dopa, et cette dopamine est largement dégradée en DOPAC dans les cellules du tube rénal (Pestana et al., 1998)1.
Comment se passe le prélèvement
Le prélèvement se fait sur les urines. Selon le laboratoire, il s’agit des premières urines du matin, d’un recueil sur une période définie ou d’urines de 24 heures. Suivez la consigne du laboratoire qui réalise le test.
Les consignes de préparation varient. Elles demandent souvent d’éviter certains médicaments, compléments et boissons alcoolisées dans les jours précédents. N’arrêtez jamais un traitement de votre propre initiative : demandez l’avis du médecin qui le prescrit.
La conservation compte, car les catécholamines et leurs métabolites s’oxydent. Les laboratoires fournissent parfois un flacon avec un conservateur acide et demandent de garder l’échantillon au frais. Un recueil mal conservé peut changer le rapport.
L’alcool fait partie des facteurs à signaler. Une étude chez 24 volontaires sains a montré qu’après une prise d’éthanol, le métabolisme de la dopamine s’oriente davantage vers la formation d’hydroxytyrosol. Le rapport DOPAC sur hydroxytyrosol diminuait dans les urines (Pérez-Mañá et al., 2015)2.
Comment lire le résultat
Le résultat est un simple rapport, sans unité : HVA et DOPAC sont exprimées dans la même unité, qui s’élimine à la division. Un avantage pratique en découle. Comme le rapport compare deux concentrations d’un même échantillon, il dépend peu de la dilution des urines.
Ce test est spécialisé, comme le profil d’acides organiques urinaires dont il fait partie. Les valeurs de référence sont propres à chaque laboratoire. Chaque laboratoire a ses normes, définies avec sa méthode de dosage et sa population. Nous n’indiquons donc pas de repère chiffré : comparez votre résultat à l’intervalle imprimé sur votre compte rendu.
Pour interpréter une valeur, quatre points comptent :
- Les valeurs de départ. Regardez l’HVA et la DOPAC séparément. Un rapport modifié peut venir de l’une ou de l’autre.
- Les médicaments. Un inhibiteur de la MAO diminue la DOPAC, un inhibiteur de la COMT freine la formation d’HVA. Chacun déplace le rapport dans un sens opposé.
- La fonction rénale. Chez des patients ayant une maladie rénale chronique, les métabolites de la dopamine sont moins éliminés, et le rapport HVA sur DOPAC est plus élevé (Pestana et al., 1998).
- Le contexte clinique. Un écart isolé, sans symptôme, se discute avec un médecin. Il ne prouve rien.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve de ce rapport est émergent : il fait l’objet de recherches, mais il n’est pas recommandé par les autorités de santé comme examen de routine.
Ce qui est démontré : la voie de dégradation de la dopamine par la MAO et la COMT est solidement établie. Les urines contiennent bien de la DOPAC et de l’HVA. Chez 28 patients avec une atteinte rénale chronique, la DOPAC et l’HVA urinaires baissaient avec la fonction rénale, et les auteurs ont proposé de considérer la DOPAC urinaire comme un indicateur de la synthèse rénale de dopamine (Pestana et al., 1998).
Ce qui est suggéré, sans être validé : dans une étude de 49 patients atteints d’apnées obstructives du sommeil, les métabolites urinaires de la dopamine, dont la DOPAC (r = 0,584) et l’HVA, étaient liés à la somnolence diurne, après ajustement sur plusieurs facteurs (Paik et al., 2014)3. Cette étude porte sur un seul groupe de patients et sur les métabolites séparément, pas sur leur rapport.
Ce qui n’est pas démontré : nous n’avons retenu aucune étude qui valide un seuil du rapport HVA sur DOPAC pour reconnaître un trouble de l’humeur, de l’attention ou du sommeil. Les urines ne reflètent pas non plus à elles seules l’activité dopaminergique du cerveau. Les interprétations proposées par certains laboratoires restent des hypothèses.
Les analyses à associer
Lisez ce rapport avec l’acide homovanillique et l’acide dihydroxyphénylacétique, qui le composent. Le rapport HVA sur VMA compare la voie de la dopamine à celle de la noradrénaline et de l’adrénaline. La dopamine urinaire donne la quantité de départ. Un bilan de la fonction rénale aide enfin à écarter une cause rénale.
À retenir
- Le rapport HVA sur DOPAC compare deux étapes de la dégradation de la dopamine, la MAO et la COMT.
- La dopamine urinaire vient en partie du rein, donc ce rapport ne reflète pas directement le cerveau.
- Les repères sont propres à chaque laboratoire. Comparez-vous à l’intervalle de votre compte rendu.
- Médicaments, alcool, compléments, fonction rénale et conservation peuvent faire varier le résultat.
- Le niveau de preuve est émergent : un écart se discute avec un médecin, il ne prouve rien seul.
Sources éditoriales et fact-checking3 sources vérifiées3 études