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Noradrénaline urinaire

Aussi appelée Norépinéphrine urinaire · Noradrénaline des 24 heures

La noradrénaline urinaire mesure la fraction libre éliminée par le rein de cette hormone du stress. Elle sert surtout à explorer certaines tumeurs sécrétantes, mais d'autres dosages sont plus fiables.

Recueil d’urinesFamille : neurotransmetteurs et cerveauPreuve courante

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En bref

Dosage de la noradrénaline, hormone et neurotransmetteur du système nerveux sympathique, dans les urines. Elle varie avec le stress, l'effort et les médicaments ; c'est un test d'appoint, non le plus sensible.

À lire avec

Recueil d’urinesCatécholamines urinaires (avec dopamine et adrénaline) ; profils hormonaux urinaires.

µg/24 h (ou µg/g de créatininePreuve courante

Profil sportif

L'effort intense et la compétition augmentent fortement l'excrétion de noradrénaline : un recueil réalisé après une séance ou en période d'entraînement lourd ne se compare pas à un recueil de repos. Aucun seuil validé ne permet d'interpréter ce dosage comme un indicateur de surentraînement.

Pourquoi on la demande

  • Dépister ou confirmer une tumeur productrice de catécholamines (phéochromocytome, paragangliome), en association avec d'autres dosages
  • Explorer une hypertension artérielle sévère, paroxystique ou résistante au traitement
  • Explorer des palpitations, des sueurs et des maux de tête survenant par crises
  • Évaluer, plus rarement, une activation du système nerveux sympathique ou une dysautonomie, sur avis spécialisé

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Dysautonomie avec atteinte des fibres nerveuses sympathiques (certaines maladies neurodégénératives)
  • Déficit rare en dopamine bêta-hydroxylase
  • Recueil incomplet ou urine très diluée

Causes d’une valeur haute

  • Stress, effort, douleur ou maladie aiguë pendant le recueil
  • Médicaments qui augmentent la noradrénaline (antidépresseurs, décongestionnants, caféine)
  • Hyperactivité du système sympathique (insuffisance cardiaque, par exemple)
  • Tumeur sécrétant des catécholamines (phéochromocytome, paragangliome)

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Stress, douleur, anxiété, manque de sommeil ou effort physique avant et pendant le recueil
  • Médicaments : antidépresseurs de type venlafaxine, duloxétine ou tricycliques, IMAO, décongestionnants, certains antihypertenseurs, lévodopa
  • Caféine, tabac et alcool
  • Recueil de 24 heures incomplet ou conservateur acide absent, selon le laboratoire
  • Maladie aiguë, hypoglycémie, arrêt brutal de certains traitements (clonidine par exemple)
  • Insuffisance rénale, qui modifie l'élimination

Ce que mesure l’analyse

La noradrénaline (ou norépinéphrine) est à la fois le principal neurotransmetteur des fibres nerveuses du système sympathique et une hormone libérée par la médullosurrénale, la partie centrale de la glande surrénale. Elle contribue à la réponse « combat ou fuite » : accélération du cœur, hausse de la pression artérielle, mobilisation de l’énergie.

Le dosage urinaire ne mesure que la noradrénaline libre éliminée telle quelle par le rein. Une grande partie de celle qui est libérée est recaptée par les nerfs ou transformée en dérivés (normétanéphrine, acide vanillylmandélique), qui ne sont pas comptés ici. Ce point explique les limites diagnostiques du test.

Comment se passe le prélèvement

Le recueil se fait en général sur 24 heures, dans un flacon fourni par le laboratoire, avec parfois un conservateur acide. La première miction du matin est jetée ; toutes les suivantes, jour et nuit, sont recueillies jusqu’à la même heure le lendemain. Le flacon se conserve au frais.

Conditions importantes : rester dans un état d’activité habituel, sans effort intense ni stress inhabituel ; éviter la caféine, le tabac et l’alcool selon la consigne ; signaler tous les médicaments (antidépresseurs, décongestionnants, antihypertenseurs, lévodopa) et compléments. Un recueil incomplet ou une période de maladie aiguë rendent le résultat difficile à interpréter.

Comment lire le résultat

Les unités sont le µg ou le nmol par 24 heures, ou la quantité rapportée à la créatinine. Les normes sont propres à chaque laboratoire et à sa méthode, et nous n’avons pas trouvé de valeurs de référence publiées dans les sources vérifiées pour ce dosage : tenez-vous à l’intervalle de votre compte rendu.

Ce qui compte vraiment : l’ampleur de l’écart et le contexte. Un dépassement modeste est fréquent en cas de stress, de douleur, d’effort ou de prise de certains médicaments. Une valeur très élevée, surtout avec des crises d’hypertension, de palpitations et de sueurs, justifie un avis spécialisé, car elle peut révéler une tumeur sécrétante. Une valeur basse est rarement exploitable seule.

Ce que dit la science

Les catécholamines urinaires ont été longtemps utilisées pour le diagnostic du phéochromocytome. Dans une grande étude multicentrique (214 patients avec tumeur confirmée, 644 sans), les catécholamines urinaires avaient une sensibilité de 86 % (IC 95 % : 80-91) et une spécificité de 88 % (85-91), contre 99 % de sensibilité pour les métanéphrines libres plasmatiques (Lenders et al., 2002)1. Les auteurs concluent que les métanéphrines libres plasmatiques sont le meilleur test.

La recommandation de pratique clinique de l’Endocrine Society va dans le même sens : le bilan initial doit comprendre les métanéphrines libres plasmatiques ou fractionnées urinaires, en tenant compte des facteurs préanalytiques qui peuvent donner de faux positifs ou de faux négatifs (Lenders et al., 2014)2. La noradrénaline urinaire reste donc un test d’appoint, utile mais moins performant.

En dehors de la recherche de tumeur, l’usage de ce chiffre pour « mesurer le stress », l’état du cerveau ou le surentraînement n’a pas de seuil validé. Ce qui est démontré : sa variation avec l’effort, le stress et les médicaments, et sa place secondaire dans le diagnostic des tumeurs. Ce qui ne l’est pas : son utilité pour guider des changements d’hygiène de vie ou de compléments.

Les analyses à associer

  • Métanéphrines : test de première intention pour les tumeurs sécrétantes.
  • Adrénaline urinaire : orientation vers l’origine surrénalienne ou non.
  • Acide vanillylmandélique : produit de dégradation commun.
  • Cortisol libre urinaire : autre mesure de la réponse au stress.

À retenir

  • La noradrénaline urinaire mesure la fraction libre éliminée ; la plupart des dérivés ne sont pas comptés.
  • Pour rechercher un phéochromocytome, les métanéphrines sont recommandées et plus sensibles.
  • Stress, effort, douleur, caféine et médicaments peuvent faire monter le résultat.
  • Les normes dépendent du laboratoire et de la méthode.
  • Un résultat anormal se discute avec un médecin, jamais seul.

Sources éditoriales et fact-checking2 sources vérifiées2 études[+]

Testez-vous 4 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01La noradrénaline urinaire est-elle le meilleur test pour rechercher un phéochromocytome ?

  2. 02Une séance de sport intense avant le recueil peut-elle fausser le résultat ?

  3. 03Que faire d'un résultat légèrement élevé après une période très stressante ?

  4. 04Pourquoi le recueil doit-il être complet ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.