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Gadolinium

Aussi appelée Gd · Gadolinium urinaire · Gadolinium des urines de 24 h

Le gadolinium urinaire mesure la quantité de gadolinium éliminée par les reins, le plus souvent après une IRM avec produit de contraste. Il renseigne sur l'élimination, sans mesurer un effet sur la santé.

Recueil d’urinesFamille : métaux lourds et toxiquesPreuve émergente

Testez-vous en 4 questions

En bref

Cette analyse dose le gadolinium éliminé dans les urines, le plus souvent après une IRM avec injection. Elle renseigne sur l'élimination, pas sur un effet sur la santé.

À lire avec

Recueil d’urinesBilans de métaux toxiques urinaires par ICP-MS (spectrométrie de masse) ; parfois dans des tests de provocation aux chélateurs, dont l'intérêt n'est pas validé.

µg/LPreuve émergente

Profil sportif

Les sportifs passent souvent des IRM, parfois avec injection dans l'articulation (arthro-IRM). Chez le rat, après une telle injection, le gadolinium passe en une heure dans le sang et les urines, et se retrouve aussi dans plusieurs organes (Ringler et al., 2021)[ref]Ringler, Michael D., et al. « Gadolinium Retention within Multiple Rat Organs after Intra-Articular Administration of Gadolinium-Based Contrast Agents ». Skeletal Radiology, vol. 50, no 7, 2021, p. 1419-25. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33404669/[/ref]. Cette étude animale ne permet pas de conclure pour l'être humain.

Pourquoi on la demande

  • Vérifier l'élimination du gadolinium après une IRM avec produit de contraste
  • Suivre un patient ayant eu plusieurs injections de produit de contraste
  • Évaluer une exposition liée à des produits de contraste anciens, dits linéaires
  • Documenter l'état d'un patient dont la fonction rénale est altérée

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur haute

  • IRM récente avec injection d'un produit de contraste à base de gadolinium
  • Produit de contraste linéaire, éliminé plus lentement
  • Fonction rénale altérée
  • Prise d'un chélateur avant le recueil
  • Exposition industrielle (fabrication ou manipulation de gadolinium)
  • Contamination du prélèvement

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Délai entre l'IRM avec injection et le recueil des urines
  • Type de produit injecté : linéaire ou macrocyclique, qui n'ont pas la même cinétique d'élimination
  • Fonction rénale altérée, qui ralentit l'élimination
  • Chélateur pris ou injecté avant le recueil, qui augmente l'élimination urinaire
  • Recueil des 24 h incomplet ou durée mal respectée
  • Contamination du flacon ou de l'environnement de recueil
  • Excès de zinc : une seule observation suggère un risque de rétention accru

Ce que mesure l’analyse

Le gadolinium (symbole Gd) est un élément du groupe des terres rares. En médecine, il sert de produit de contraste pour l’IRM (imagerie par résonance magnétique) : l’ion est lié à une molécule dite « chélate », qui l’empêche de rester libre dans l’organisme. On distingue deux grandes familles de produits de contraste à base de gadolinium (PCBG) : les linéaires, dont la molécule est ouverte, et les macrocycliques, dont elle forme une cage plus stable.

Le gadolinium injecté est éliminé par les reins. Le dosage urinaire mesure la quantité éliminée : c’est un indicateur d’exposition et d’élimination, pas un indicateur de dommage. Il se réalise par ICP-MS (spectrométrie de masse à plasma à couplage inductif), qui détecte des traces infimes. Sur 24 heures, on recueille toutes les urines de la journée, ce qui lisse les variations d’une miction à l’autre.

Comment se passe le prélèvement

Pour le recueil des urines de 24 h, votre laboratoire vous remet un bidon adapté aux métaux. Au lever, videz la vessie sans conserver cette première miction, puis notez l’heure. Recueillez ensuite toutes les urines des 24 heures suivantes, y compris la première miction du lendemain. Conservez le bidon au frais et rapportez-le rapidement.

Indiquez au laboratoire la date de la dernière IRM avec injection, le produit utilisé si vous le connaissez, ainsi que tout médicament chélateur (EDTA, DMPS ou équivalent). Ces informations pèsent plus que toute autre sur la lecture. Un recueil incomplet fausse le résultat : si vous avez perdu une miction, signalez-le.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en microgrammes par litre (µg/L) ou en microgrammes par 24 heures (µg/24 h). Nous n’avons retrouvé dans PubMed aucune étude publiant des valeurs de référence du gadolinium urinaire dans la population générale : la fiche s’affiche donc sans cadran. Chaque laboratoire a ses propres normes, qui dépendent de sa méthode : fiez-vous à celles de votre compte rendu.

La cinétique d’élimination compte plus que la valeur isolée. Une méta-analyse de la littérature montre que le gadolinium s’élimine en plusieurs phases chez des volontaires sains. Elle décrit une phase d’excrétion résiduelle prolongée, compatible avec un compartiment profond de stockage. Pour le gadotérate, un agent macrocyclique, la constante de cette phase est environ cinq fois plus élevée que celle des agents linéaires, ce qui indique une élimination plus rapide (Lancelot, 2016)1.

Concrètement, une valeur élevée peu après une IRM avec injection est attendue. Une valeur élevée longtemps après, surtout avec un produit linéaire ou des reins fragilisés, renvoie à ce phénomène de rétention-libération lente. Aucune de ces situations ne constitue un diagnostic, et c’est avec un médecin que la valeur se discute.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est « c » (émergente) pour le dosage urinaire de base. Les urines recueillies après un chélateur relèvent du niveau « d » (non validé) : nous n’avons retenu aucune étude qui valide un repère pour ce cas.

Les effets indésirables associés au gadolinium, comme la fibrose systémique néphrogénique chez les patients en insuffisance rénale ou les hypersignaux sur les IRM cérébrales sans injection, ont été reliés presque uniquement aux agents linéaires, moins stables et plus enclins à libérer du gadolinium libre (Lancelot, 2016). Les risques d’une rétention à plus long terme, notamment osseuse, restent à étudier.

Un cas publié illustre la prudence nécessaire. Chez un patient présentant une intoxication chronique au zinc, du gadolinium a été retrouvé dans les urines, jusqu’à 89 µg par jour 29 jours après l’injection, pendant un traitement chélateur. Environ deux ans et demi après, 0,6 µg par jour restaient détectés dans les urines de 24 h. L’auteur évoque une transmétallation, c’est-à-dire un échange de métal dans le chélate, et un risque accru de rétention en cas d’excès de zinc (Greenberg, 2010)2. Il s’agit d’une observation unique : elle ne permet aucune généralisation.

Aucune étude retenue ici ne démontre qu’un taux urinaire de gadolinium explique des symptômes chez une personne dont les reins fonctionnent normalement. Le dosage informe sur la quantité éliminée, pas sur ses conséquences.

Les analyses à associer

Le débit de filtration glomérulaire et la créatinine situent la fonction rénale, qui commande la vitesse d’élimination. Le zinc peut être dosé si un excès est suspecté, au vu du cas rapporté. Le test de provocation aux chélateurs est parfois proposé avec ce dosage ; son intérêt n’est pas démontré et son résultat ne se compare pas à une urine de base.

À retenir

  • Le gadolinium urinaire reflète surtout l’élimination d’un produit de contraste injecté pour une IRM.
  • Les agents macrocycliques s’éliminent plus vite que les agents linéaires.
  • Nous n’avons retrouvé aucun repère publié : seules les normes de votre laboratoire font foi.
  • Les valeurs obtenues sous chélateur n’ont pas de repère validé.
  • Discutez toute valeur avec un médecin, en précisant la date de l’IRM et le produit utilisé.

Sources éditoriales et fact-checking2 sources vérifiées2 études[+]

Testez-vous 4 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Pourquoi le gadolinium peut-il rester détectable longtemps dans les urines après une IRM ?

  2. 02Quels produits de contraste sont éliminés le plus vite ?

  3. 03Une IRM récente avec injection fausse-t-elle le résultat ?

  4. 04Existe-t-il un repère publié et validé pour interpréter une urine recueillie après un chélateur ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.