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Arsenic

Aussi appelée Arsenic inorganique · As · Spéciation de l'arsenic · Asi + MMA + DMA

L'analyse de l'arsenic urinaire mesure ce que le corps élimine, sous plusieurs formes chimiques. La spéciation sépare l'arsenic inorganique, préoccupant, de celui du poisson, peu toxique.

Recueil d’urinesFamille : métaux lourds et toxiquesPreuve courante

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Le cadran

µg/L

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

L'analyse mesure l'arsenic éliminé dans les urines et, avec la spéciation, distingue ses formes chimiques. Elle permet de séparer l'arsenic inorganique et ses dérivés de l'arsenic organique d'origine alimentaire, peu toxique.

À lire avec

Recueil d’urinesSpéciation de l'arsenic urinaire ; bilans de métaux lourds et toxiques urinaires, souvent associés au plomb, au cadmium et au mercure.

µg/LPreuve courante

Profil sportif

L'effort, la chaleur et la transpiration concentrent les urines et peuvent faire varier un résultat non corrigé : demandez une expression en µg/g de créatinine. Un régime riche en poissons ou en riz, fréquent chez les sportifs, augmente mécaniquement l'exposition alimentaire. Il faut en tenir compte avant d'interpréter.

Pourquoi on la demande

  • Exposition professionnelle possible (verre, semi-conducteurs, fonderie, traitement du bois ancien)
  • Eau de puits ou de source susceptible d'être naturellement riche en arsenic
  • Bilan de métaux lourds demandé après un résultat d'arsenic total élevé, pour séparer l'arsenic du poisson de l'arsenic inorganique
  • Symptômes évocateurs d'une exposition chronique évoqués par un médecin (troubles cutanés, digestifs ou neurologiques)
  • Suivi d'une exposition connue ou d'un traitement contenant de l'arsenic

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur haute

  • Consommation récente de produits de la mer (surtout l'arsenic organique, peu toxique)
  • Consommation de riz ou de boissons à base de riz
  • Eau de boisson contaminée naturellement (puits, forage)
  • Exposition professionnelle ou environnementale (industrie du verre, de la métallurgie, sols pollués)
  • Traitement médicamenteux contenant de l'arsenic
  • Intoxication aiguë ou chronique à l'arsenic inorganique

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Poissons, crustacés, mollusques : ils apportent de l'arsenic organique et font monter le DMA et le MMA
  • Riz et produits à base de riz : source alimentaire d'arsenic inorganique
  • Alcool, notamment le vin, associé à des concentrations plus élevées dans les études
  • Algues et compléments d'origine marine
  • Dilution ou concentration des urines (hydratation, effort, chaleur) : d'où la correction par la créatinine
  • Médicaments à base d'arsenic, que le médecin doit connaître
  • Contamination du flacon ou du prélèvement par la poussière ou un récipient non adapté

Ce que mesure l’analyse

L’arsenic est un métalloïde présent naturellement dans les roches, les sols et certaines eaux souterraines. Il n’existe pas sous une seule forme : sa toxicité dépend de sa structure chimique. Les formes inorganiques (arsénite et arséniate) sont les plus toxiques et sont classées cancérogènes pour l’homme. Les formes organiques, comme l’arsénobétaïne des poissons et des fruits de mer, sont considérées comme peu toxiques et sont éliminées telles quelles dans les urines.

Une fois ingéré, l’arsenic inorganique est transformé, surtout dans le foie, par ajouts successifs de groupements méthyle. Il devient d’abord de l’acide monométhylarsonique (MMA), puis de l’acide diméthylarsinique (DMA). Ces dérivés sont éliminés par le rein. Le dosage urinaire mesure donc ce que le corps évacue. Il reflète une exposition récente, non un stock accumulé dans les tissus.

La « spéciation » sépare ces formes : arsénite, arséniate, MMA, DMA et arsénobétaïne. Son but est de distinguer l’arsenic qui renseigne sur une exposition toxique de celui qui vient d’un simple repas de poisson. Un dosage d’arsenic « total » ne fait pas cette différence.

Les sources d’exposition sont variées : eau de boisson naturellement riche en arsenic, certains aliments, activités industrielles (verre, métallurgie, semi-conducteurs), anciens traitements du bois et sols pollués. C’est pourquoi le contexte compte autant que le chiffre.

Comment se passe le prélèvement

Il s’agit d’un recueil d’urine, ponctuel ou sur 24 heures selon le laboratoire. Utilisez le flacon fourni, prévu pour les métaux, et évitez tout contact du col ou du bouchon avec les mains ou la poussière. La conservation au frais et un acheminement rapide sont habituels, selon la procédure du laboratoire.

Le point critique n’est pas le jeûne, mais l’alimentation des jours précédents. Poissons, crustacés, mollusques, algues et, dans une moindre mesure, riz peuvent modifier le résultat. La plupart des laboratoires demandent de les éviter avant le recueil. La durée exacte varie : suivez la consigne écrite de votre laboratoire. Signalez aussi les médicaments, les compléments et une éventuelle exposition professionnelle récente.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en µg/L, parfois en µg/g de créatinine pour corriger la dilution des urines. Les formes inorganiques et méthylées sont souvent additionnées (arsenic inorganique + MMA + DMA). C’est cette somme qui sert à estimer l’exposition à l’arsenic toxique.

Il n’existe pas de seuil partagé par tous les laboratoires. Le repère affiché sur la fiche vient de l’enquête américaine NHANES 2003-2004 : 95 % des participants avaient une somme inférieure à 18,9 µg/L. C’est une position dans une population, pas une limite de sécurité. Dans la même enquête, l’arsenic urinaire total atteignait 65,4 µg/L au 95e percentile. La part d’arsénobétaïne augmente avec le total, alors que le DMA domine quand le total est bas (Caldwell et al., 2008)1.

Le piège principal est le DMA. Il provient du métabolisme de l’arsenic inorganique, mais aussi de la consommation de produits de la mer. Dans NHANES 2009-2010, le DMA et le MMA augmentent avec l’arsénobétaïne, l’effet étant bien plus marqué pour le DMA. Le MMA est donc un indicateur un peu plus fiable de l’arsenic inorganique (Aylward et al., 2014)2.

L’ampleur de l’effet alimentaire est importante. Chez l’adulte, l’arsénobétaïne est plus de 7 fois plus élevée chez les consommateurs de poisson ou de fruits de mer. Manger du riz s’associe à un DMA supérieur de 43,9 % au maximum selon les groupes d’âge (Jain, 2021)3.

Ce que dit la science

Niveau de preuve : b. La spéciation urinaire est utilisée en pratique pour évaluer une exposition environnementale ou professionnelle, mais le consensus est partiel. Les valeurs de référence dépendent du pays, de l’alimentation et de la méthode d’analyse. Chaque laboratoire fournit ses propres normes : comparez toujours votre résultat à celles inscrites sur votre compte rendu.

Un prélèvement ponctuel reflète quelques jours d’exposition. Il ne dit pas si l’exposition est chronique. Les nombreux travaux issus de NHANES sont des études transversales : ils décrivent des associations, ils ne démontrent pas de causalité.

Ce qui n’est pas démontré : qu’un taux modérément élevé chez une personne sans source d’exposition annonce une maladie, ou qu’un dosage de « dépistage » systématique apporte un bénéfice. Ce que la littérature établit, c’est le poids de l’alimentation, en particulier des produits de la mer et du riz, dans la variabilité des résultats. Devant une valeur élevée, la première étape est souvent de refaire le dosage après avoir évité ces aliments, à discuter avec votre médecin.

Les analyses à associer

  • Créatinine : pour corriger la dilution des urines.
  • Mercure : autre métal toxique dont le poisson est une source possible.
  • Plomb et cadmium : pour compléter un bilan d’exposition aux métaux lourds.

À retenir

  • La spéciation distingue l’arsenic inorganique, préoccupant, de l’arsenic organique du poisson, peu toxique.
  • Poisson, fruits de mer et riz peuvent fausser le résultat : suivez la consigne alimentaire du laboratoire.
  • Le DMA est moins spécifique que le MMA pour l’arsenic inorganique.
  • Le repère de 18,9 µg/L est un percentile de population, pas un seuil de santé.
  • Un résultat élevé s’interprète avec un médecin, selon l’alimentation et les expositions.

Sources éditoriales et fact-checking3 sources vérifiées3 études[+]

Testez-vous 4 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Un repas de poisson peut-il fausser un dosage d'arsenic urinaire ?

  2. 02À quoi sert la spéciation de l'arsenic ?

  3. 03La somme arsenic inorganique + MMA + DMA est-elle un seuil de sécurité à 18,9 µg/L ?

  4. 04Que faire avant un recueil d'urine pour doser l'arsenic ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil et ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.