Ce que mesure l’analyse
Le HPHPA, ou acide 3-(3-hydroxyphényl)-3-hydroxypropionique, est un métabolite de la phénylalanine. Il est décrit comme un produit anormal, que des bactéries anaérobies du genre Clostridium, présentes dans le tube digestif, forment à partir de cet acide aminé. L’auteur de l’étude la plus citée, issu d’un laboratoire commercial d’analyses, rapporte qu’il était plus élevé dans l’urine d’enfants avec autisme que chez des témoins, et dans l’urine d’un adulte atteint d’infections récidivantes à Clostridioides difficile (Shaw, 2010)1.
Parmi les marqueurs de la famille « acides organiques : bactéries », c’est l’un de ceux qui disposent d’un début de littérature. Ce n’est toutefois pas un test validé.
Comment se passe le prélèvement
Il s’agit d’un recueil d’urine. Le moment, le flacon et la conservation dépendent du laboratoire ; suivez sa notice. Signalez au laboratoire et au médecin les antibiotiques récents ou en cours : ils modifient la flore productrice et donc le résultat. Gardez l’échantillon au froid si le laboratoire le demande.
Comment lire le résultat
Le résultat est généralement donné en mmol/mol de créatinine, pour corriger la dilution de l’urine. Chaque laboratoire fixe ses propres normes pour les acides organiques urinaires. Nous n’avons trouvé aucun article PubMed qui publie des valeurs de référence pour ce marqueur : la fiche s’affiche donc sans cadran.
Ce qui compte vraiment : ce marqueur est surtout lu comme présent ou absent, ou très élevé. L’écart entre les situations peut être grand : dans le cas le plus extrême publié, un patient adulte atteint de schizophrénie aiguë présentait une valeur environ 300 fois supérieure à la médiane normale de l’adulte (Shaw, 2010, même article)2. C’est un cas isolé, qui ne dit rien de ce que vous pouvez attendre.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est émergent (niveau c). Les études vont dans le sens d’une origine bactérienne, mais divergent sur l’utilité clinique.
Dans une étude chinoise comparant 62 enfants avec trouble du spectre de l’autisme et 62 témoins, le HPHPA, avec deux autres métabolites, était plus élevé dans le premier groupe, et son excrétion diminuait nettement après un traitement oral par vancomycine, ce qui plaide pour une origine intestinale. Les auteurs estiment qu’une combinaison des trois composés prédit bien l’appartenance au groupe (Xiong et al., 2016)3. Une étude turque de 30 enfants a également trouvé une différence entre enfants avec autisme et témoins (Keşli et al., 2014)4.
Mais une étude lettone chez 44 enfants avec autisme ne confirme pas le HPHPA comme biomarqueur d’une pullulation intestinale, et ses auteurs recommandent de ne pas fonder un traitement guidé sur les seuls acides organiques (Daneberga et al., 2021)5.
Ce qui est démontré : le HPHPA est plus élevé dans certains groupes et diminue après un antibiotique ciblant les bactéries intestinales. Ce qui ne l’est pas : qu’il serve de test diagnostique, qu’une valeur haute signe une pullulation, ou qu’agir sur cette valeur apporte un bénéfice. Les causes d’une valeur haute sont des pistes à discuter avec un médecin, pas un diagnostic.
Les analyses à associer
La recherche directe de Clostridioides difficile répond à la question d’une infection que le marqueur ne fait que suggérer. Le séquençage 16S décrit la flore et permet de confronter le marqueur à la composition bactérienne. L’acide 3-indoleacétique et le 4-crésol sont d’autres métabolites d’origine bactérienne du profil, qui se lisent en parallèle.
À retenir
- Le HPHPA est un métabolite de la phénylalanine attribué à des Clostridium intestinaux.
- Il est plus élevé dans certains groupes et baisse après un antibiotique ciblant ces bactéries.
- Ce n’est pas un test diagnostique, et les études divergent sur son utilité.
- Aucun traitement ne doit être décidé sur ce seul marqueur.
- Chaque laboratoire a ses normes ; une valeur isolée se lit avec le profil complet.
Sources éditoriales et fact-checking4 sources vérifiées4 études