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Acide 4-hydroxyphénylacétique

Aussi appelée 4-HPA · Acide p-hydroxyphénylacétique

L'acide 4-hydroxyphénylacétique (4-HPA) est un métabolite de la tyrosine produit en grande partie par les bactéries du côlon. Il renseigne sur l'activité bactérienne, mais sa lecture reste prudente.

Recueil d’urinesFamille : acides organiques : bactériesPreuve émergente

Testez-vous en 5 questions

En bref

Le 4-HPA est un dérivé de la tyrosine que certaines bactéries intestinales fabriquent à partir des protéines alimentaires, puis que les urines éliminent. Il reflète à la fois l'alimentation, la flore et certains médicaments.

À lire avec

Recueil d’urinesProfil des acides organiques urinaires (famille « bactéries »).

mmol/mol de créatininePreuve émergente

Profil sportif

Un régime hyperprotéiné, fréquent chez les sportifs, augmente la quantité de protéines qui atteint le côlon et peut modifier les métabolites bactériens. Aucune donnée vérifiée n'établit de valeur propre au sportif pour le 4-HPA. Interprétez-le avec l'alimentation notée pendant les jours précédant le recueil.

Pourquoi on la demande

  • Explorer un profil d'acides organiques urinaires lors de troubles digestifs chroniques, pour avoir une image indirecte de l'activité bactérienne
  • Suivre l'effet d'un changement alimentaire (plus ou moins de protéines, de fibres) sur les métabolites bactériens
  • Comparer un profil avant et après une antibiothérapie
  • Compléter un bilan de microbiote par un marqueur urinaire non invasif

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Alimentation pauvre en protéines
  • Flore peu productrice après antibiotiques (hypothèse, valeur basse rarement utile cliniquement)

Causes d’une valeur haute

  • Fermentation bactérienne accrue de la tyrosine, acide aminé des protéines alimentaires
  • Modification de la composition du microbiote (par exemple après antibiotiques ou changement alimentaire)
  • Prise d'un antidépresseur de type citalopram ou escitalopram
  • Maladie sévère ou état critique, d'après des dosages dans le sang
  • Variation alimentaire d'un jour à l'autre

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Antibiotiques récents, qui modifient la flore productrice
  • Antidépresseurs de type citalopram ou escitalopram, associés à une hausse dans une étude
  • Alimentation riche en protéines ou, à l'inverse, très pauvre en protéines
  • Fibres et aliments riches en polyphénols, qui modifient le métabolisme bactérien
  • Dilution des urines (corrigée en partie par la créatinine)
  • Conservation prolongée de l'échantillon à température ambiante
  • Maladie aiguë ou séjour en réanimation

Ce que mesure l’analyse

L’acide 4-hydroxyphénylacétique (4-HPA) est un dérivé de la tyrosine, un acide aminé apporté par les protéines. Dans le côlon, des bactéries fermentent la fraction de protéines non absorbée plus haut dans l’intestin et libèrent toute une série de petits composés aromatiques, dont le 4-HPA. Ce dernier passe ensuite dans le sang, puis les reins l’éliminent dans les urines.

Dans l’étude de Russell et al., 26 souches représentant 25 espèces dominantes du côlon humain ont été testées : sept d’entre elles produisaient de grandes quantités de 4-HPA et d’acide phénylacétique, dont plusieurs Bacteroides, Parabacteroides distasonis, Eubacterium hallii et Clostridium bartlettii. La production de 4-HPA augmentait en présence de tyrosine, et les auteurs concluent que la fermentation des protéines est la source probable de ces métabolites dans le côlon (Russell et al., 2013)1. Ce résultat compte : on aurait pu croire que ces composés venaient surtout des polyphénols végétaux, ce qui n’est pas la conclusion de cette étude.

Comment se passe le prélèvement

Le recueil se fait dans les urines, souvent les premières du matin, dans un flacon fourni ou validé par le laboratoire. Le résultat est rapporté à la créatinine pour compenser la dilution. Le laboratoire précise les consignes de conservation, souvent au froid ou congelé.

Signalez tous vos traitements, en particulier les antibiotiques récents et les antidépresseurs, ainsi que votre alimentation des jours précédents (viande, produits laitiers, protéines en poudre, fibres). Ces informations conditionnent l’interprétation. Pour un contrôle utile, on répète la mesure dans des conditions comparables, avec une alimentation similaire.

Comment lire le résultat

Le 4-HPA se rend en général en mmol/mol de créatinine. Les normes dépendent du laboratoire et de sa méthode : cette fiche n’affiche donc pas de cadran, faute d’intervalle publié et vérifié. Comparez uniquement votre valeur à l’intervalle de votre compte rendu.

Une valeur haute indique qu’il y a, d’une façon ou d’une autre, plus de 4-HPA dans les urines que la norme du laboratoire. Elle peut venir d’une alimentation plus riche en protéines, d’un changement de flore ou d’un médicament. Chez des patients déprimés suivis sous citalopram ou escitalopram, le 4-HPA augmentait avec l’exposition au médicament, sur un échantillon de 290 personnes (Bhattacharyya et al., 2019)2. Cette observation ne signifie pas que le médicament « abîme » le microbiote : elle rappelle qu’un résultat doit toujours être lu avec la liste des traitements.

Une valeur basse a peu d’intérêt en pratique. Ce qui compte, c’est le profil d’ensemble : le 4-HPA seul dit peu de chose, tandis que sa cohérence avec les autres métabolites bactériens (4-crésol, dérivés du tryptophane) renseigne davantage sur l’activité de fermentation protéique.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est « c », émergent. Ce qui est établi : des bactéries coliques fabriquent du 4-HPA à partir de la tyrosine (Russell et al., 2013). Ce qui est observé sans être validé : dans le sang, le 4-HPA fait partie des métabolites aromatiques dont les auteurs d’une méthode de dosage rappellent l’intérêt diagnostique chez des patients de réanimation et dans le syndrome post-COVID (Sobolev et al., 2023)3. Chez 87 enfants, un ensemble de métabolites urinaires associés au microbiote, dont le p-hydroxyphénylacétique, était relié à des scores de comportement, sans qu’on puisse en tirer un lien de cause à effet (Krajewski, 2025)4.

Les antibiotiques réduisent d’autres métabolites bactériens d’acides aminés aromatiques dans l’urine, comme le montre un modèle murin où la vancomycine faisait baisser le p-crésol sulfate, la phénylacétylglycine et l’indoxyl sulfate (Zhou et al., 2023)5. Ce travail ne mesure pas le 4-HPA : il illustre seulement que la flore pèse sur cette famille de molécules.

Ce qui n’est pas démontré : qu’une valeur haute désigne une pullulation bactérienne de l’intestin grêle, qu’elle justifie un traitement, ou qu’on puisse la corriger par un complément. Les études vérifiées ne valident pas ces lectures, parfois proposées en pratique fonctionnelle.

Les analyses à associer

Le 4-crésol complète le tableau pour la même voie de la tyrosine. L’acide 3-indoleacétique et l’indican urinaire documentent la voie du tryptophane. L’acide 4-hydroxyphényllactique, voisin dans la même filière, permet de juger la cohérence. Pour un regard direct sur la flore, une analyse du microbiote sur selles apporte une information différente, non redondante.

À retenir

  • Le 4-HPA vient en grande partie de la fermentation bactérienne de la tyrosine dans le côlon.
  • Alimentation, antibiotiques et antidépresseurs peuvent en modifier le niveau.
  • Aucun repère publié et vérifié : chaque laboratoire a ses normes.
  • Le niveau de preuve est émergent : un résultat isolé ne permet aucune conclusion.
  • Toute valeur anormale se discute avec un médecin, qui replace le résultat dans votre contexte.

Sources éditoriales et fact-checking5 sources vérifiées5 études[+]

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Le 4-HPA vient-il uniquement des bactéries ?

  2. 02Quel acide aminé est le précurseur du 4-HPA ?

  3. 03Un antidépresseur peut-il modifier le 4-HPA ?

  4. 04Un 4-HPA élevé prouve-t-il une pullulation bactérienne de l'intestin grêle ?

  5. 05Les normes du 4-HPA sont-elles identiques entre laboratoires ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.