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Acide 3,4-dihydroxyphénylpropionique

Aussi appelée DHPPA · Acide dihydrocaféique · Acide 3-(3,4-dihydroxyphényl)propionique

L'acide 3,4-dihydroxyphénylpropionique (DHPPA) est un métabolite que la flore du côlon fabrique notamment à partir de polyphénols alimentaires. Les données restent limitées : l'interprétation exige beaucoup de prudence.

Recueil d’urinesFamille : acides organiques : bactériesPreuve non validée

Testez-vous en 5 questions

En bref

Le DHPPA est produit par des bactéries du côlon à partir de polyphénols de l'alimentation, comme l'acide caféique. Il est éliminé dans les urines. Son intérêt clinique n'est pas démontré.

À lire avec

Recueil d’urinesProfil des acides organiques urinaires (famille « bactéries »).

mmol/mol de créatininePreuve non validée

Profil sportif

Les sportifs consomment souvent du café, des fruits, des légumes et des extraits de plantes riches en polyphénols, qui fournissent le précurseur de ce métabolite. Un résultat élevé s'interprète donc d'abord avec ces apports. Aucune étude vérifiée ne fixe de repère propre au sportif.

Pourquoi on la demande

  • Compléter un profil d'acides organiques urinaires demandé pour des troubles digestifs chroniques
  • Chercher une piste sur l'activité bactérienne du côlon, sans que ce soit un diagnostic
  • Suivre un profil avant et après un changement alimentaire ou un traitement
  • Comprendre un résultat élevé sur un bilan fonctionnel, en tenant compte des aliments riches en polyphénols

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Alimentation pauvre en polyphénols
  • Flore peu productrice après antibiotiques

Causes d’une valeur haute

  • Apport élevé en aliments riches en polyphénols (café, fruits, légumes, compléments d'extraits de plantes)
  • Flore riche en bactéries capables de transformer l'acide caféique
  • Variation alimentaire récente
  • Hypothèse non démontrée : association avec des espèces bactériennes précises, souvent évoquée par certains laboratoires

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Café, fruits et légumes riches en acides caféique et chlorogénique, qui fournissent le précurseur
  • Compléments à base d'extraits de plantes riches en polyphénols
  • Antibiotiques récents, qui modifient la flore productrice
  • Dilution des urines (corrigée en partie par la créatinine)
  • Conservation prolongée de l'échantillon à température ambiante
  • Variation alimentaire d'un jour à l'autre

Ce que mesure l’analyse

L’acide 3,4-dihydroxyphénylpropionique (DHPPA), appelé aussi acide dihydrocaféique, est un petit composé aromatique que la flore du côlon fabrique notamment à partir de polyphénols alimentaires. Les polyphénols sont des substances présentes dans le café, les fruits, les légumes et certaines plantes. Dans des cellules de côlon humain, le DHPPA a été décrit comme un métabolite de l’acide chlorogénique et de l’acide caféique produit par la flore colique (Miene et al., 2011)1. Ce travail est expérimental, en laboratoire, et ne dit rien sur l’interprétation d’un taux urinaire.

Dans un profil d’acides organiques, ce composé est rangé parmi les marqueurs « bactériens ». Certains laboratoires l’associent à des espèces précises, mais nous n’avons trouvé aucune étude vérifiée qui établisse ce lien.

Comment se passe le prélèvement

Le recueil se fait dans les urines, souvent les premières du matin, dans un flacon fourni ou validé par le laboratoire. Le résultat est rapporté à la créatinine pour compenser la dilution. La conservation suit les consignes du laboratoire, souvent au froid ou congelée.

Notez votre consommation de café, de fruits, de légumes, de thé et d’extraits de plantes dans les jours précédents, ainsi que les compléments et antibiotiques. Ces informations conditionnent la lecture, car le DHPPA dépend de ce que vous apportez comme précurseurs.

Comment lire le résultat

Le DHPPA se rend en général en mmol/mol de créatinine. Aucun intervalle de référence publié et vérifié n’est disponible : chaque laboratoire a ses normes, et cette fiche n’affiche donc pas de cadran. Comparez votre valeur uniquement à celle de votre compte rendu.

Une valeur élevée peut simplement refléter un apport important en aliments riches en polyphénols, comme le café ou certains fruits, ou la présence d’une flore efficace pour les transformer. Une valeur basse peut suivre une antibiothérapie ou un apport faible en polyphénols. Une précaution s’impose : un composé phénolique ne vient pas forcément des plantes. Une étude sur 26 souches coliques a montré que des métabolites phénoliques majeurs du côlon peuvent provenir de la fermentation des protéines (Russell et al., 2013)2. Ce travail concernait d’autres composés que le DHPPA, mais il invite à ne pas conclure trop vite sur l’origine d’un dérivé phénolique.

Ce qui compte vraiment : l’alimentation des jours précédents, la cohérence avec les autres marqueurs bactériens du profil, et la répétition éventuelle de la mesure. Un résultat isolé, sans symptôme, n’a pas de portée clinique démontrée.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est « d », non validé. Les données se limitent à des études expérimentales et à des observations. Dans l’urine de 87 enfants, un ensemble de métabolites associés au microbiote, dont le DHPPA, était relié à des scores de comportement et de fonctions exécutives ; il s’agit d’associations dans un seul échantillon, sans démonstration de cause à effet (Krajewski, 2025)3. Ce type de résultat nourrit la recherche, il ne justifie aucune décision personnelle.

Ce qui n’est pas démontré : qu’un DHPPA élevé ou bas ait une signification clinique, qu’il indique la présence d’une bactérie précise, ou qu’un traitement ou un complément le fasse varier de façon utile. Si un laboratoire propose une lecture plus affirmative, demandez-lui sur quelle publication elle repose.

Les analyses à associer

L’acide hippurique, autre métabolite urinaire lié à la flore et à l’alimentation, aide à juger l’apport en polyphénols. Le 4-crésol et le 4-hydroxyphénylacétique documentent l’activité bactérienne sur les acides aminés. L’acide 3-(3-hydroxyphényl)-3-hydroxypropionique, du même profil, permet de comparer plusieurs dérivés aromatiques.

À retenir

  • Le DHPPA est un métabolite de la flore du côlon, notamment à partir de polyphénols alimentaires.
  • Café, fruits, légumes et extraits de plantes peuvent en modifier le niveau.
  • Aucun repère publié et vérifié : chaque laboratoire a ses normes.
  • Le niveau de preuve est non validé : aucune conclusion clinique ne s’en déduit.
  • Tout résultat anormal se discute avec un médecin.

Sources éditoriales et fact-checking3 sources vérifiées3 études[+]

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01D'où vient le DHPPA ?

  2. 02Un DHPPA élevé prouve-t-il une dysbiose ?

  3. 03Le café peut-il influencer ce marqueur ?

  4. 04Faut-il toujours attribuer un composé « végétal » à l'alimentation végétale ?

  5. 05Les normes du DHPPA sont-elles identiques entre laboratoires ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.