Ce que mesure l’analyse
L’acide 3,4-dihydroxyphénylpropionique (DHPPA), appelé aussi acide dihydrocaféique, est un petit composé aromatique que la flore du côlon fabrique notamment à partir de polyphénols alimentaires. Les polyphénols sont des substances présentes dans le café, les fruits, les légumes et certaines plantes. Dans des cellules de côlon humain, le DHPPA a été décrit comme un métabolite de l’acide chlorogénique et de l’acide caféique produit par la flore colique (Miene et al., 2011)1. Ce travail est expérimental, en laboratoire, et ne dit rien sur l’interprétation d’un taux urinaire.
Dans un profil d’acides organiques, ce composé est rangé parmi les marqueurs « bactériens ». Certains laboratoires l’associent à des espèces précises, mais nous n’avons trouvé aucune étude vérifiée qui établisse ce lien.
Comment se passe le prélèvement
Le recueil se fait dans les urines, souvent les premières du matin, dans un flacon fourni ou validé par le laboratoire. Le résultat est rapporté à la créatinine pour compenser la dilution. La conservation suit les consignes du laboratoire, souvent au froid ou congelée.
Notez votre consommation de café, de fruits, de légumes, de thé et d’extraits de plantes dans les jours précédents, ainsi que les compléments et antibiotiques. Ces informations conditionnent la lecture, car le DHPPA dépend de ce que vous apportez comme précurseurs.
Comment lire le résultat
Le DHPPA se rend en général en mmol/mol de créatinine. Aucun intervalle de référence publié et vérifié n’est disponible : chaque laboratoire a ses normes, et cette fiche n’affiche donc pas de cadran. Comparez votre valeur uniquement à celle de votre compte rendu.
Une valeur élevée peut simplement refléter un apport important en aliments riches en polyphénols, comme le café ou certains fruits, ou la présence d’une flore efficace pour les transformer. Une valeur basse peut suivre une antibiothérapie ou un apport faible en polyphénols. Une précaution s’impose : un composé phénolique ne vient pas forcément des plantes. Une étude sur 26 souches coliques a montré que des métabolites phénoliques majeurs du côlon peuvent provenir de la fermentation des protéines (Russell et al., 2013)2. Ce travail concernait d’autres composés que le DHPPA, mais il invite à ne pas conclure trop vite sur l’origine d’un dérivé phénolique.
Ce qui compte vraiment : l’alimentation des jours précédents, la cohérence avec les autres marqueurs bactériens du profil, et la répétition éventuelle de la mesure. Un résultat isolé, sans symptôme, n’a pas de portée clinique démontrée.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est « d », non validé. Les données se limitent à des études expérimentales et à des observations. Dans l’urine de 87 enfants, un ensemble de métabolites associés au microbiote, dont le DHPPA, était relié à des scores de comportement et de fonctions exécutives ; il s’agit d’associations dans un seul échantillon, sans démonstration de cause à effet (Krajewski, 2025)3. Ce type de résultat nourrit la recherche, il ne justifie aucune décision personnelle.
Ce qui n’est pas démontré : qu’un DHPPA élevé ou bas ait une signification clinique, qu’il indique la présence d’une bactérie précise, ou qu’un traitement ou un complément le fasse varier de façon utile. Si un laboratoire propose une lecture plus affirmative, demandez-lui sur quelle publication elle repose.
Les analyses à associer
L’acide hippurique, autre métabolite urinaire lié à la flore et à l’alimentation, aide à juger l’apport en polyphénols. Le 4-crésol et le 4-hydroxyphénylacétique documentent l’activité bactérienne sur les acides aminés. L’acide 3-(3-hydroxyphényl)-3-hydroxypropionique, du même profil, permet de comparer plusieurs dérivés aromatiques.
À retenir
- Le DHPPA est un métabolite de la flore du côlon, notamment à partir de polyphénols alimentaires.
- Café, fruits, légumes et extraits de plantes peuvent en modifier le niveau.
- Aucun repère publié et vérifié : chaque laboratoire a ses normes.
- Le niveau de preuve est non validé : aucune conclusion clinique ne s’en déduit.
- Tout résultat anormal se discute avec un médecin.
Sources éditoriales et fact-checking3 sources vérifiées3 études