La maladie d’Alzheimer est généralement associée à la mémoire. À la désorientation. À la neurodégénérescence.
Beaucoup moins… au brossage des dents.
Pourtant, une étude de plus(1) vient de relancer une hypothèse qui prend de plus en plus de poids chez les chercheurs : la bouche pourrait jouer un rôle direct dans la santé du cerveau.
Et pas seulement chez les personnes âgées.
Les scientifiques parlent désormais d’un véritable axe bouche-cerveau. Un concept similaire à l’axe intestin-cerveau, déjà bien documenté.
Mais ce qui vient d’être observé va encore plus loin.

Une inflammation très banale… mais peut-être pas anodine
La gingivite est extrêmement fréquente. Elle touche jusqu’à 90 % des adultes selon les chercheurs.
Rougeur des gencives, saignements, inflammation légère… souvent ignorés.
Le problème, c’est que cette inflammation peut devenir chronique.
Et c’est là que les choses deviennent plus inquiétantes.
Avec le temps, la gingivite peut évoluer vers une parodontite. Une maladie bactérienne qui détruit les tissus autour des dents et peut conduire à leur perte.
Mais les chercheurs pensent désormais que les dégâts ne s’arrêtent pas à la bouche.
De plus en plus d’études suggèrent que ces inflammations pourraient aussi affecter le cerveau et influencer l’évolution de la maladie d’Alzheimer.
Une étude clinique avec des patients Alzheimer
Les chercheurs ont analysé 68 participants :
- 36 patients atteints de la maladie d’Alzheimer ;
- 32 personnes du même âge sans troubles cognitifs.
Ils ont évalué plusieurs paramètres :
- L’état des gencives et l’hygiène bucco-dentaire ;
- Les fonctions cognitives ;
- Les marqueurs sanguins ;
- La réponse du système immunitaire à des bactéries buccales.
L’objectif était de comprendre si la bouche pouvait influencer le cerveau.
Et les résultats ont surpris les chercheurs.
Le système immunitaire semble perturbé
Chez les patients atteints d’Alzheimer, les chercheurs ont observé :
- Une diminution des globules blancs ;
- Une baisse de certains types de cellules immunitaires ;
- Une réponse immunitaire déséquilibrée.
En résumé, le système immunitaire semble affaibli… mais aussi plus réactif dans certaines situations.
Les chercheurs parlent d’un “dérèglement immunitaire”.
Ce déséquilibre pourrait favoriser l’inflammation chronique, un facteur déjà impliqué dans les maladies neurodégénératives.
Une corrélation directe entre gencives et mémoire
L’un des résultats les plus marquants concerne l’inflammation des gencives.
Les chercheurs ont observé que :
- Plus l’inflammation gingivale était élevée ;
- Plus les performances cognitives étaient faibles.
Cette association restait visible même après ajustement pour l’âge et le sexe.
Autrement dit, même une inflammation légère pourrait avoir une importance systémique.
Les chercheurs insistent sur un point important : il ne s’agissait pas forcément de parodontite sévère.
Même une inflammation chronique modérée pourrait jouer un rôle.
Comment la bouche pourrait influencer le cerveau
Les chercheurs proposent un scénario possible :
- Mauvaise hygiène buccale et inflammation chronique ;
- Dysfonctionnement du système immunitaire ;
- Augmentation de la perméabilité de la barrière hémato-encéphalique ;
- Inflammation du cerveau.
Ce mécanisme reste encore en cours d’étude, mais il est cohérent avec d’autres recherches sur l’inflammation chronique et la neurodégénérescence.
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Sources éditoriales et fact-checking