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Maladies et pathologies

Démence : 7 activités qui protègent mieux que la génétique

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demence 7 activites qui protegent
Crédit photo © Docteur-Fitness.com
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On croyait la partie jouée d’avance. On pensait que la démence était surtout une affaire de gènes, ou qu’il fallait attendre la retraite pour s’en préoccuper.

Raté.

Une équipe de chercheurs vient de publier des résultats qui bousculent ce scénario. Et cette fois, ce ne sont pas des recommandations vagues sur « manger mieux, bouger plus ». Ce sont des données précises, sur 700 personnes, suivies pendant des années.

Le plus étonnant ? Les habitudes prises entre 40 et 59 ans pèsent plus lourd que la pire mutation génétique connue pour Alzheimer.

Ce que dit vraiment l’étude

Les chercheurs du Trinity College Dublin ont publié leurs travaux dans la revue Alzheimer’s and Dementia: Diagnosis, Assessment and Disease Monitoring1. L’étude est signée par l’équipe de la professeure Lorina Naci, rattachée au Trinity College Institute of Neuroscience et au Global Brain Health Institute.

Les faits sont simples. Sept cents adultes, entre 40 et 59 ans, vivant en Irlande ou au Royaume-Uni. Tous cognitivement sains au départ. Aucun signe de déclin mental.

Environ un tiers des participants portait l’allèle ApoE ε4, la variante génétique qui augmente le plus le risque d’Alzheimer à l’âge tardif.

Et c’est là que les résultats deviennent intéressants.

Le gène ne fait pas la loi

Les personnes qui cumulaient plusieurs activités stimulantes dans leur quotidien obtenaient de meilleurs scores cognitifs. Même celles qui portaient le fameux allèle ApoE ε4.

Autrement dit : le mode de vie en milieu de vie a pesé plus lourd dans la balance que le facteur génétique le plus connu d’Alzheimer.

La professeure Naci a elle-même souligné l’effet de surprise. Les effets protecteurs de l’activité physique étaient déjà documentés chez les personnes âgées. Mais voir apparaître ces bénéfices dès la quarantaine, chez des gens en bonne santé cognitive, change la perspective.

Quelles activités comptent vraiment

Le terme « activité stimulante » reste flou. L’étude, elle, est précise. Les chercheurs ont regardé plusieurs pratiques. Certaines ressortent du lot.

Voici celles que l’étude a analysées :

  • Jouer d’un instrument de musique ;
  • Voir régulièrement des amis et la famille ;
  • S’adonner à des loisirs artistiques (dessin, peinture, écriture) ;
  • Faire de l’exercice physique ;
  • Apprendre une langue étrangère ;
  • Lire régulièrement ;
  • Voyager.

La leçon principale n’est pas qu’une activité serait « meilleure » qu’une autre. C’est la combinaison qui fait la différence. Un cerveau sollicité sur plusieurs registres, physique, social, intellectuel, tient mieux la distance.

Pourquoi ça fonctionne : la notion de réserve cognitive

Les neuroscientifiques parlent de « réserve cognitive ». L’image est simple à comprendre. Imaginez le cerveau comme un réseau routier. Plus il y a de routes secondaires, plus il est facile de contourner un embouteillage. Quand une partie du cerveau vieillit ou subit des lésions, un réseau dense permet de continuer à fonctionner normalement plus longtemps.

Les activités stimulantes construisent ces routes alternatives. Elles créent des connexions neuronales supplémentaires, que le vieillissement ne peut pas effacer d’un coup.

Les ennemis cachés du cerveau

L’étude ne regarde pas seulement ce qui protège. Elle identifie aussi ce qui abîme.

Et certains facteurs pèsent plus lourd que d’autres.

Deux éléments sortent nettement du lot comme les plus nocifs pour la cognition en milieu de vie :

  • Les symptômes dépressifs ;
  • Les antécédents de traumatisme crânien.

D’autres facteurs, plus connus, jouent aussi un rôle :

  • Le diabète ;
  • L’hypertension artérielle ;
  • Un sommeil de mauvaise qualité ;
  • La perte auditive non prise en charge.

La santé mentale et la prévention des chocs à la tête apparaissent donc comme des piliers souvent négligés de la prévention de la démence. Et cela se joue bien avant 65 ans.

Pourquoi cette étude compte plus que les précédentes

La plupart des recherches sur la démence regardent les personnes âgées. Logique : c’est là que la maladie se déclare. Mais en se focalisant sur les plus de 70 ans, la science ratait une fenêtre décisive.

Celle de la quarantaine et de la cinquantaine.

L’étude dublinoise s’inscrit dans le programme PREVENT-Dementia, la plus vaste investigation longitudinale multi-sites consacrée au risque de démence en milieu de vie. Les partenaires sont Cambridge, Oxford, Edinburgh et Imperial College London. Un poids lourd en matière de crédibilité scientifique.

Le chiffre qui explique l’urgence

Le nombre de personnes vivant avec une démence dans le monde est estimé à environ 150 millions d’ici 2050. Le coût économique mondial pourrait tripler pour atteindre 3 trillions d’euros.

Face à ces projections, attendre 70 ans pour agir n’a plus de sens.

Ce qu’il faut en retenir

Vous n’avez pas besoin de bouleverser votre vie. Vous n’avez pas besoin de vous inscrire au conservatoire, d’apprendre le mandarin et de réserver un billet pour Tokyo la semaine prochaine.

Le message de l’équipe du Trinity College est plus nuancé : intégrer, dans la durée, plusieurs activités qui sollicitent à la fois le corps, l’esprit et les relations sociales.

Quelques pistes concrètes issues de l’étude :

  • Reprendre un instrument laissé de côté (piano, guitare, peu importe) ;
  • Planifier des sorties régulières avec des proches plutôt que des écrans ;
  • Tester une nouvelle langue, même à petite dose (15 minutes par jour suffisent à activer les zones concernées) ;
  • Marcher, courir ou nager plusieurs fois par semaine ;
  • Organiser au moins un voyage par an dans un environnement inconnu ;
  • Traiter sérieusement une baisse de moral, une perte auditive ou un trouble du sommeil qui s’installe.

L’allèle ApoE ε4 reste un facteur de risque réel. Mais il n’est pas une condamnation. L’étude montre qu’on peut en neutraliser une bonne partie, simplement en activant la bonne combinaison d’habitudes au bon moment de la vie.

Et ce bon moment, c’est maintenant.

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