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Compléments alimentaires

La vitamine C ne protège pas du rhume comme on le croit, et ce n’est pas le seul problème

Par · Diététicienne nutritionnistePublié le Relu par THAI Jimmy, Rédacteur en chef
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vitamine c ne protege pas du rhume
Crédit photo © Docteur-Fitness.com
Sommaire

La vitamine C a presque tout pour plaire.

Elle est associée aux oranges, à l’immunité, à la forme et à cette vieille habitude qui consiste à sortir un tube de comprimés dès que le nez commence à couler.

Certains lui prêtent même des effets sur la tension artérielle ou le cancer.

Le problème, c’est que la réalité est beaucoup moins spectaculaire.

Et elle devient même assez gênante lorsque l’on regarde ce que montrent réellement les études.

L’étude en brefMéta-analyse

La vitamine C peut-elle faire baisser la pression artérielle ?

  • Participants29 essais randomisés
  • DuréeMédiane de 8 semaines
  • Publiée dansThe American Journal of Clinical Nutrition

Ce qu’elle montre

La pression systolique a diminué de 3,84 mmHg et la pression diastolique de 1,48 mmHg en moyenne. Chez les participants hypertendus, la baisse systolique atteignait 4,85 mmHg.

Ses limites

Les essais étaient courts et de petite taille, avec des effectifs de 10 à 120 participants par essai. Les auteurs soulignent le besoin d’études plus longues sur la pression artérielle et les événements cardiovasculaires.

La vitamine C est indispensable. Le complément, beaucoup moins

Commençons par une chose importante : la vitamine C n’est pas inutile.

L’acide ascorbique participe au fonctionnement du système immunitaire, à l’absorption du fer et à la cicatrisation. Il intervient également dans la fabrication du collagène, une protéine essentielle pour les tissus, la peau et les gencives.

Une carence sévère peut provoquer le scorbut, une maladie autrefois fréquente chez les marins dont l’alimentation était très pauvre en fruits et légumes.

Mais il y a une différence énorme entre éviter une carence et prendre plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de milligrammes de vitamine C dans l’espoir d’obtenir un effet supplémentaire.

C’est précisément là que les choses commencent à se compliquer.

Prendre de la vitamine C tous les jours n’empêche pas vraiment de tomber malade

C’est probablement l’une des croyances les plus tenaces.

Une cure de vitamine C, surtout en hiver, serait censée éloigner les rhumes.

Sauf que les données disponibles ne racontent pas vraiment cette histoire.

Une analyse de l’ensemble des données citée par les auteurs montre qu’une supplémentation régulière d’au moins 200 mg par jour ne réduit pas, dans la population générale, le risque de développer un rhume.

Cela ne signifie pas que la vitamine C ne fait absolument rien.

Une prise régulière peut légèrement raccourcir la durée du rhume. À des doses supérieures à 1 000 mg, elle pourrait également réduire quelque peu l’intensité des symptômes.

Mais le bénéfice reste modeste.

Et surtout, prendre de la vitamine C uniquement lorsque les premiers symptômes apparaissent ne semble pas modifier la durée ou la sévérité du rhume.

Autrement dit, le fameux comprimé pris au premier éternuement arrive probablement trop tard.

Vrai ou faux ?

Prendre de la vitamine C au début d’un rhume permet de le raccourcir.

C’est faux.

Les données de la revue Cochrane ne montrent pas d’effet significatif lorsque la vitamine C est commencée seulement après l’apparition des symptômes. Un effet modeste est surtout observé avec une prise régulière avant le rhume.

Et la tension artérielle ?

C’est ici que le résultat devient intéressant.

Une étude citée dans l’article a observé qu’une supplémentation supérieure à 200 mg de vitamine C par jour pouvait faire baisser la pression artérielle systolique d’environ 4 mmHg et la pression diastolique d’environ 2 mmHg.

Sur le papier, cela semble plutôt séduisant.

Mais 4 mmHg, ce n’est pas un traitement miracle.

Les auteurs soulignent que cet effet est faible et qu’il est difficile de le considérer comme une véritable stratégie thérapeutique contre l’hypertension. À titre de comparaison, les traitements antihypertenseurs conventionnels peuvent produire des baisses nettement plus importantes de la pression systolique.

La vitamine C peut donc avoir un petit effet sur un chiffre mesuré au tensiomètre.

Cela ne signifie pas qu’elle protège pour autant le cœur.

Et c’est justement ce que montrent les données sur les maladies cardiovasculaires.

Le cœur ne semble pas bénéficier du comprimé

Prendre de la vitamine C ne semble pas réduire le risque d’infarctus, d’accident vasculaire cérébral ou d’angine de poitrine.

C’est un point important, parce qu’il est facile de confondre deux choses : améliorer légèrement un paramètre biologique et réduire réellement le risque de maladie.

Ce n’est pas forcément la même chose.

Une baisse de quelques millimètres de mercure sur une mesure de pression artérielle ne transforme donc pas automatiquement la vitamine C en complément protecteur du système cardiovasculaire.

Et contre le cancer ?

Là encore, le résultat risque de décevoir.

La vitamine C possède des propriétés antioxydantes. Cela a longtemps alimenté l’idée qu’une supplémentation importante pourrait aider l’organisme à lutter contre le cancer.

Mais les études disponibles ne montrent pas que les compléments de vitamine C permettent de prévenir les cancers.

Les résultats sont cohérents pour plusieurs cancers, notamment ceux du tube digestif, du poumon, du sein, de la prostate et du côlon-rectum.

La présence d’une molécule intéressante sur le plan biologique ne suffit donc pas à démontrer qu’un comprimé réduit le risque d’une maladie complexe.

C’est précisément le genre de raccourci qui transforme facilement un mécanisme biologique en promesse de santé.

Le problème arrive lorsque les doses s’envolent

La vitamine C est hydrosoluble. Le corps n’en fait donc pas une grosse réserve comme il peut le faire avec certaines vitamines liposolubles.

Cela n’empêche pas de dépasser les doses utiles.

Au-delà de 2 000 mg par jour chez l’adulte, des effets indésirables peuvent apparaître, notamment diarrhées, nausées et crampes abdominales. Une consommation élevée peut également favoriser la formation de calculs rénaux chez certains hommes. Le risque est particulièrement préoccupant en cas de maladie rénale chronique.

Le chiffre2 000 mg
C’est la limite supérieure tolérable fixée pour la vitamine C chez l’adulte.Source : National Institutes of HealthEn savoir plus

Le paradoxe est donc assez simple.

Une substance indispensable peut devenir inutile, voire problématique, lorsqu’on cherche à obtenir des effets supplémentaires en augmentant fortement les doses.

Alors, faut-il arrêter la vitamine C ?

Pas forcément.

Le véritable problème n’est pas la vitamine C. C’est l’idée selon laquelle davantage serait forcément mieux.

La vitamine C présente naturellement dans les aliments reste parfaitement utile. On en trouve notamment dans les agrumes, les fruits rouges, les tomates, les poivrons, les brocolis et les légumes à feuilles vertes.

Et il y a une différence intéressante entre manger un aliment et avaler uniquement sa vitamine C.

Dans les aliments, la vitamine C arrive avec des fibres, des flavonoïdes, des minéraux et d’autres composés végétaux. Un comprimé contient essentiellement la molécule elle-même.

La conclusion est donc beaucoup moins spectaculaire que les promesses inscrites sur certains emballages.

La vitamine C est indispensable. Mais chez une personne correctement nourrie, le complément n’empêche pas de tomber malade, ne prévient pas le cancer et ne protège pas démontrablement contre les maladies cardiovasculaires.

Quant aux mégadoses, elles n’offrent pas de bénéfice clairement démontré et peuvent au contraire provoquer des problèmes digestifs ou rénaux.

Le fameux comprimé de vitamine C n’est donc pas le bouclier universel que la culture santé lui a parfois attribué. Et dans la majorité des cas, le corps n’en réclame probablement pas davantage.

Quiz

Testez vos connaissances sur la vitamine C

3 questions
  1. Question 1 sur 3

    Que montre la plupart des données sur la vitamine C et le risque de rhume ?

    Bonne réponse : C. La supplémentation régulière ne réduit pas l'incidence du rhume dans la population générale, même si elle peut légèrement réduire sa durée.

  2. Question 2 sur 3

    Quelle baisse moyenne de pression systolique a été observée dans une méta-analyse de 29 essais ?

    Bonne réponse : B. La baisse moyenne était de 3,84 mmHg. Les essais étaient cependant courts et les auteurs demandaient des études à plus long terme.

  3. Question 3 sur 3

    Quelle est la limite supérieure tolérable de vitamine C chez l'adulte ?

    Bonne réponse : C. Le NIH fixe cette limite à 2 000 mg par jour chez l'adulte.

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