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S-adénosylhomocystéine

Aussi appelée SAH · AdoHcy · S-adénosyl-L-homocystéine

La S-adénosylhomocystéine est le produit de la SAM après transfert d'un méthyle, et un frein des méthyltransférases. Elle est très liée à la fonction rénale et se lit avec la SAM et l'homocystéine.

Prise de sangFamille : méthylationPreuve émergente

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Le cadran

nmol/L

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

Cette analyse dose la SAH, qui naît de la SAM quand elle cède un méthyle, puis donne l'homocystéine. Elle freine les réactions de méthylation. Elle est très liée à la fonction rénale et se mesure à très faible concentration.

À lire avec

Prise de sangBilans de méthylation et du métabolisme de l'homocystéine, avec homocystéine, S-adénosylméthionine, rapport SAM/SAH, vitamine B12 et folates.

nmol/LPreuve émergente

Profil sportif

Aucun repère propre au sportif n'est publié dans les sources vérifiées. Une déshydratation importante ou une atteinte transitoire de la fonction rénale après un effort extrême peuvent faire varier un marqueur étroitement lié à la filtration glomérulaire. Signalez compléments et traitements avant la prise de sang.

Pourquoi on la demande

  • Compléter le dosage de l'homocystéine dans un bilan de méthylation
  • Calculer le rapport SAM/SAH avec la S-adénosylméthionine
  • Explorer, en recherche, un risque cardiovasculaire que l'homocystéine ne résume pas
  • Examiner le lien entre fonction rénale et métabolites de la méthylation
  • Rechercher une erreur innée du métabolisme de la méthylation, en centre spécialisé

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur haute

  • Baisse de la fonction rénale
  • Hyperhomocystéinémie, par exemple par déficit en vitamines B
  • Maladie cardiovasculaire, d'après des études d'association
  • Complément de SAMe pris récemment
  • Certaines maladies métaboliques héréditaires de la méthylation, rares et diagnostiquées en centre spécialisé
  • Hémolyse de l'échantillon

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Délai et conservation avant séparation du plasma : suivez les consignes du laboratoire
  • Hémolyse : les globules rouges contiennent bien plus de SAH que le plasma, un passage dans le plasma pourrait fausser le résultat
  • Complément de SAMe pris peu avant la prise de sang : la SAH monte transitoirement
  • Fonction rénale : la SAH plasmatique est fortement liée à la filtration glomérulaire
  • Méthode de dosage (spectrométrie de masse ou immunodosage) : les valeurs diffèrent
  • Plasma ou globules rouges : les concentrations ne sont pas comparables

Ce que mesure l’analyse

La S-adénosylhomocystéine (SAH) naît chaque fois que la S-adénosylméthionine (SAM) donne un groupement méthyle à une autre molécule. C’est donc un sous-produit de toutes les réactions de méthylation. Elle a deux particularités : elle inhibe les méthyltransférases, et elle est la source de l’homocystéine, car une enzyme l’hydrolyse en adénosine et en homocystéine (Xiao et al., 2015)1.

L’analyse dose la SAH dans le plasma. Elle est présente à une concentration environ cinq cents fois plus faible que celle de l’homocystéine, ce qui rend la mesure difficile et a longtemps empêché son usage dans de grandes études (Wagner et Koury, 2007)2.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang veineuse. Le tube, le jeûne éventuel et le délai de traitement dépendent du laboratoire : suivez ses consignes.

Deux précautions comptent. D’abord, le plasma doit être séparé rapidement des cellules : les globules rouges contiennent bien plus de SAH que le plasma, et une hémolyse pourrait donc fausser le résultat. Ensuite, signalez toute prise de SAMe. Après une prise orale unique chez 14 volontaires sains, la SAH plasmatique est passée de 29,9 à 51,7 nmol/L, de façon transitoire (Loehrer et al., 1997)3.

Comment lire le résultat

Dans une cohorte de 33 adultes sains de 19 à 60 ans, mesurée en spectrométrie de masse, la SAH plasmatique était de 21,5 nmol/L, plus ou moins 6,5 (deux écarts types) : soit une plage de 15 à 28 nmol/L, qui sert de repère à cette fiche (Bravo et al., 2022)4.

Ce repère provient d’un petit effectif et d’une méthode précise. Chaque laboratoire a ses normes : seule celle de votre compte rendu s’applique à votre résultat.

Trois points comptent vraiment :

  • Le rein : chez 23 enfants de 1 à 18 ans, sans autre maladie compliquant la lecture, le logarithme de la SAH était très fortement lié à celui du débit de filtration glomérulaire (R² de 0,76) (Jabs et al., 2006)5. Une SAH élevée doit donc d’abord faire vérifier la fonction rénale.
  • La méthode et le compartiment : plasma et globules rouges ne se comparent pas.
  • Le rapport SAM/SAH : il se lit avec la SAM et l’homocystéine.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est émergent. L’intérêt de la SAH vient de ce qu’elle semble mieux discriminer que l’homocystéine dans certaines études. Chez 30 patients ayant une maladie cardiovasculaire prouvée et 29 témoins, la SAH était de 40,0 nmol/L contre 27,0 (P = 0,0021), alors que l’homocystéine était de 12,8 contre 11,0 µmol/L (Kerins et al., 2001)6. Cette étude est de petite taille : l’avantage de la SAH reste à confirmer sur de grands effectifs.

Un second point intrigue. Chez 276 personnes de 65 ans ou plus ayant une homocystéine élevée, deux ans de vitamines B ont abaissé l’homocystéine de 4,4 µmol/L sans modifier significativement la SAH (mesurée chez 50 participants par groupe) (Green et al., 2010)7. Les auteurs avancent que, si une SAH élevée est nocive, cela pourrait expliquer pourquoi les vitamines B ont généralement échoué à réduire les événements vasculaires. C’est une hypothèse, pas une démonstration.

Ces travaux établissent des associations de groupes. Ils ne fournissent pas de seuil individuel utilisable, et ils ne montrent pas qu’abaisser la SAH protège le cœur. Un résultat élevé est une piste à discuter avec un médecin, pas un diagnostic.

Les analyses à associer

  • S-adénosylméthionine et rapport SAM sur SAH : pour lire l’équilibre du cycle.
  • Homocystéine : le marqueur de référence en aval.
  • Débit de filtration glomérulaire : pour vérifier si le rein explique une valeur élevée.

À retenir

  • La SAH est un sous-produit de la méthylation, qui freine les méthyltransférases et donne l’homocystéine.
  • La plage publiée chez 33 adultes sains va de 15 à 28 nmol/L, mais elle n’est pas transposable à tous les laboratoires.
  • Elle dépend fortement de la fonction rénale : vérifiez-la avant d’interpréter une valeur élevée.
  • Dans un essai, les vitamines B ont abaissé l’homocystéine sans faire baisser la SAH.
  • Niveau de preuve émergent : lisez la SAH avec la SAM, l’homocystéine et un médecin.

Sources éditoriales et fact-checking7 sources vérifiées7 études[+]

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Que devient la SAH dans le cycle de méthylation ?

  2. 02Pourquoi s'intéresse-t-on à la SAH en plus de l'homocystéine ?

  3. 03Quel organe influence fortement la SAH plasmatique ?

  4. 04Les vitamines B font-elles baisser la SAH ?

  5. 05La plage de 15 à 28 nmol/L est-elle valable pour tous les laboratoires ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil et ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.