Ce que mesure l’analyse
La diméthylglycine (DMG) est un acide aminé modifié. Elle se forme dans la voie d’oxydation de la choline : la choline devient de la bétaïne, qui donne un groupement méthyle à l’homocystéine pour produire de la méthionine. En perdant ce méthyle, la bétaïne devient de la DMG. Cette voie ne dépend pas des folates (Øyen et al., 2015)1.
La DMG est ensuite dégradée par une enzyme spécifique, la DMG déshydrogénase. Sa concentration reflète donc trois choses : les apports en choline et en bétaïne, l’activité de la voie de la bétaïne, et l’efficacité de sa dégradation et de son élimination.
Elle se dose dans le sang et dans les urines. Les deux mesures ne répondent pas à la même question : le sang reflète la concentration circulante, l’urine l’élimination, avec une dépendance à la fonction rénale.
Comment se passe le prélèvement
Pour le sang, il s’agit d’une prise de sang veineuse, le plus souvent sur plasma. Beaucoup de laboratoires demandent d’être à jeun et d’éviter, la veille, un repas très riche en abats, en œufs ou en betterave, et les compléments de bétaïne ou de choline. Pour l’urine, le laboratoire précise s’il faut recueillir les premières urines du matin ou un échantillon à un autre moment.
Signalez vos compléments, car la bétaïne en complément fait monter la DMG. Ne modifiez pas un traitement de votre propre initiative avant l’examen.
Comment lire le résultat
Le résultat s’exprime le plus souvent en µmol/L dans le sang et rapporté à la créatinine dans l’urine. Nous n’avons pas pu vérifier de valeurs de référence publiées dans une revue indexée : chaque laboratoire a ses propres normes, qui dépendent de sa méthode et de sa population. Comparez toujours votre résultat à celles de votre compte rendu.
Il faut lire le chiffre avec trois éléments : la fonction rénale (créatinine, débit de filtration glomérulaire), les apports en choline et en bétaïne, et le reste du bilan de méthylation (homocystéine, bétaïne, choline). Un résultat isolé hors des normes n’est ni un diagnostic ni une carence.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est celui d’un marqueur émergent : on observe des associations avec la santé cardiovasculaire, osseuse et glycémique, mais pas de seuil validé en pratique.
Dans une cohorte de 309 patients ayant eu un syndrome coronarien aigu, suivis en moyenne 6,7 ans, ceux du tiers supérieur de DMG avaient plus d’événements cardiovasculaires majeurs que ceux du tiers inférieur (rapport de risque de 2,26). L’association était atténuée après ajustement sur la fonction rénale, qui expliquait environ 32 % de l’effet (Sanchez-Gimenez et al., 2022)2.
Dans deux cohortes suédoises, la DMG figurait parmi les sept métabolites associés à un risque accru de mortalité toutes causes, sur un suivi moyen de plus de 22 ans dans la première cohorte (Yan et al., 2022)3.
À l’inverse, une DMG basse n’est pas pour autant favorable. Dans la Hordaland Health Study, les personnes du tiers inférieur de DMG avaient plus souvent une faible densité osseuse (odds ratio de 1,68), et les personnes âgées un risque accru de fracture de hanche (Øyen et al., 2015)4. Par ailleurs, une DMG basse était associée à une glycémie plus élevée, et un variant du gène de la DMG déshydrogénase, lié à une DMG plus basse, à un risque accru de diabète incident (Magnusson et al., 2015)5. Les auteurs parlent d’un rôle causal possible : cela reste une hypothèse.
Ces résultats sont contrastés : une DMG haute et une DMG basse sont associées à des risques différents selon l’issue étudiée. Ils ne permettent pas de fixer un « bon » niveau, ni de conseiller un complément. Ce sont des associations observées dans des cohortes.
Les analyses à associer
La bétaïne et la choline montrent d’où vient la DMG. L’homocystéine indique si la reconversion en méthionine fonctionne. La sarcosine, produit suivant de la dégradation, complète le tableau. La créatinine et le débit de filtration glomérulaire sont indispensables pour lire une DMG plasmatique.
À retenir
- La DMG est produite quand la bétaïne donne un méthyle à l’homocystéine, par une voie indépendante des folates.
- Sa concentration dépend des apports en choline et en bétaïne, de la génétique et des reins.
- Une DMG haute ou basse est associée à des risques différents selon les études, sans seuil validé.
- Aucun repère consensuel n’a pu être retenu : chaque laboratoire a ses normes.
- Un résultat anormal se discute avec un médecin, avec la fonction rénale et le reste du bilan.
Sources éditoriales et fact-checking4 sources vérifiées4 études