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Protéine X des éosinophiles fécale

Aussi appelée EPX · Eosinophil-derived neurotoxin (EDN) · Protéine X éosinophilique

La protéine X des éosinophiles fécale mesure, dans les selles, une protéine libérée par les éosinophiles activés de la muqueuse intestinale. Elle est étudiée comme marqueur d'inflammation, notamment dans les maladies inflammatoires de l'intestin.

Recueil de sellesFamille : digestion et intestinPreuve émergente

Testez-vous en 4 questions

En bref

Les éosinophiles sont des globules blancs qui libèrent des protéines lorsqu'ils sont activés. Cette analyse dose l'une d'elles, l'EPX, dans les selles pour estimer leur activité dans l'intestin.

À lire avec

Recueil de sellesPanels de marqueurs fécaux d'inflammation (calprotectine, lactoferrine, EPX/EDN), avec ou sans comparaison aux éosinophiles sanguins.

µg/g de selles (varie selon lePreuve émergente

Profil sportif

Chez un sportif, aucune donnée vérifiée ne documente un effet de l'effort sur ce marqueur. Les symptômes digestifs à l'effort ont des causes bien plus fréquentes (alimentation, hydratation, stress). Un taux élevé justifie un avis médical, pas une interprétation seul.

Pourquoi on la demande

  • Évaluer l'activité des éosinophiles dans la muqueuse intestinale en cas de symptômes digestifs persistants
  • Compléter la calprotectine fécale lors de l'exploration d'une maladie inflammatoire de l'intestin
  • Explorer une suspicion de gastro-entérite à éosinophiles ou de réaction allergique digestive
  • Suivre la réponse à un traitement dans un cadre de recherche ou de suivi spécialisé

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Traitement par corticoïdes systémiques en cours (valeurs plus basses observées)

Causes d’une valeur haute

  • Maladie inflammatoire chronique de l'intestin (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique)
  • Atteinte à éosinophiles du tube digestif (gastro-entérite à éosinophiles)
  • Allergie ou intolérance alimentaire avec réaction digestive
  • Infection parasitaire intestinale

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Corticoïdes systémiques en cours : ils abaissent les taux d'EDN observés
  • Méthode et trousse du laboratoire : les valeurs ne sont pas comparables d'un laboratoire à l'autre
  • Selles liquides, qui diluent l'échantillon
  • Contamination de l'échantillon par l'urine
  • Délai ou conditions de conservation non conformes aux consignes
  • Maladie digestive aiguë en cours (infection, poussée inflammatoire)

Ce que mesure l’analyse

Les éosinophiles sont des globules blancs impliqués dans les réactions allergiques, la défense contre les parasites et certaines inflammations. Quand ils sont activés, ils libèrent le contenu de leurs granules, qui renferme des protéines toxiques. L’une d’elles est la protéine X des éosinophiles (EPX), aussi appelée neurotoxine dérivée des éosinophiles (EDN).

Dosée dans les selles, l’EPX reflète l’activité des éosinophiles dans la paroi du tube digestif. Ce n’est pas le nombre d’éosinophiles du sang : un taux sanguin normal n’exclut pas une activation locale.

Comment se passe le prélèvement

Le prélèvement se fait sur une selle, recueillie à domicile dans un flacon fourni par le laboratoire. Évitez de contaminer l’échantillon par l’urine ou l’eau de la cuvette. Respectez le délai et les conditions de conservation indiqués, car la stabilité de la protéine dépend de la méthode.

Signalez à votre médecin et au laboratoire tout traitement en cours. Dans une cohorte de patients atteints de maladie inflammatoire de l’intestin (MICI), ceux qui recevaient des corticoïdes systémiques avaient des taux d’EDN plus bas dès le départ (Ling Lundström et al., 2023)1.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en µg de protéine par gramme de selles, mais les trousses diffèrent. Il n’existe pas de valeur de référence commune validée, et chaque laboratoire a ses normes. La fiche n’affiche donc pas de cadran. Comparez deux résultats seulement s’ils viennent du même laboratoire.

Un taux élevé indique une activation des éosinophiles dans l’intestin, sans en donner la cause. Il doit toujours être lu avec les symptômes, la calprotectine fécale et, si besoin, l’endoscopie.

Ce que dit la science

L’essentiel des données concerne les MICI. Dans une étude suédoise portant sur 65 patients atteints de maladie de Crohn, 90 de rectocolite hémorragique, 67 contrôles symptomatiques et 41 contrôles sains, tous les marqueurs fécaux testés (dont l’EDN et l’ECP) étaient plus élevés dans les MICI. La calprotectine et la myéloperoxydase avaient la meilleure performance diagnostique, avec une aire sous la courbe de 0,85 (Ling Lundström et al., 2024)2. L’EPX n’est donc pas supérieure à la calprotectine pour le diagnostic.

Pour le suivi sous biothérapie, l’EDN diminuait chez les patients en rémission clinique à 3 mois. Mais sa variation ne distinguait pas les patients en rémission des autres, contrairement à la myéloperoxydase et à la lipocaline neutrophile humaine (Ling Lundström et al., 2023, étude citée plus haut).

Une étude de jumeaux apporte un éclairage utile. Les taux d’EDN étaient plus élevés chez les jumeaux atteints de maladie de Crohn que chez leurs jumeaux sains, mais ces derniers ne différaient pas de contrôles externes. L’activation des éosinophiles semble donc une conséquence de l’inflammation plutôt qu’un marqueur de prédisposition (Halfvarson et al., 2020)3.

Niveau de preuve : c (émergente). Les données portent surtout sur les MICI. Elles ne permettent pas de conclure sur l’allergie alimentaire, les troubles fonctionnels ou la gastro-entérite à éosinophiles.

Les analyses à associer

La calprotectine fécale est le marqueur d’inflammation intestinale le mieux établi, et la lactoferrine fécale la complète. Le dosage des éosinophiles sanguins et de l’ECP, une autre protéine des éosinophiles, replace le résultat dans son contexte. Seul un médecin peut décider d’une endoscopie.

À retenir

  • L’EPX (ou EDN) est une protéine libérée par les éosinophiles activés de l’intestin.
  • Elle est élevée dans les MICI, mais moins performante que la calprotectine pour le diagnostic.
  • Les corticoïdes systémiques peuvent abaisser le résultat.
  • Il n’existe pas de valeur de référence commune : fiez-vous à la norme du laboratoire.
  • Un taux élevé est une piste à discuter avec un médecin, pas un diagnostic.

Sources éditoriales et fact-checking3 sources vérifiées3 études[+]

Testez-vous 4 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Que dose l'analyse de l'EPX dans les selles ?

  2. 02Un traitement par corticoïdes peut-il modifier le résultat ?

  3. 03Un taux élevé d'EPX signe-t-il une maladie de Crohn ?

  4. 04Dans les MICI, quel marqueur fécal avait la meilleure performance diagnostique dans l'étude de 2024 ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.