Aller au contenu

pH des selles

Aussi appelée pH fécal

Le pH des selles mesure l'acidité des selles, qui dépend surtout de la fermentation bactérienne des sucres non absorbés. Utilisé surtout chez l'enfant pour repérer une malabsorption des glucides, il reste un indice et non un diagnostic.

Recueil de sellesFamille : digestion et intestinPreuve émergente

Testez-vous en 5 questions

En bref

Le pH indique si les selles sont plutôt acides ou alcalines. Une acidité marquée peut signaler que des sucres non absorbés ont été fermentés par les bactéries du côlon.

À lire avec

Recueil de sellesAssocié à la recherche de substances réductrices dans les selles, au test respiratoire à l'hydrogène et à la coprologie fonctionnelle.

pHPreuve émergente

Profil sportif

Aucune donnée vérifiée ne porte sur le pH des selles chez le sportif. Les gels, boissons et barres riches en fructose ou en polyols peuvent laisser des sucres non absorbés dans le côlon et modifier les selles. Notez ce que vous avez consommé avant l'analyse.

Pourquoi on la demande

  • Diarrhée aiguë ou persistante chez l'enfant, quand on suspecte une malabsorption des glucides
  • Selles acides, ballonnements ou gaz après introduction d'un aliment ou d'un lait chez le nourrisson
  • Complément de la recherche de substances réductrices (sucres non absorbés) dans les selles
  • Suivi d'un syndrome de grêle court
  • Bilan fonctionnel de selles proposé par certains laboratoires spécialisés

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Malabsorption de glucides (lactose, fructose, autres sucres)
  • Syndrome de grêle court, avec forte production d'acide lactique
  • Excès d'aliments contenant du sorbitol ou du fructose
  • Prise de lactulose

Causes d’une valeur haute

  • Fermentation réduite (antibiotiques, alimentation pauvre en glucides fermentescibles)
  • Dégradation des protéines dans le côlon
  • Contamination de l'échantillon par l'urine ou un produit alcalin
  • Sécrétion intestinale importante dans certaines diarrhées

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Délai avant la mesure : les bactéries continuent de fermenter dans le flacon et le pH change
  • Mélange avec l'urine, l'eau de la cuvette, du savon ou des produits de toilette
  • Selle prélevée dans une couche absorbante
  • Alimentation récente riche en sucres fermentescibles : lactose, fructose, sorbitol, fibres
  • Antibiotiques, qui réduisent la fermentation
  • Laxatifs osmotiques (lactulose) et lavements
  • Méthode de mesure : pH-mètre ou papier indicateur

Ce que mesure l’analyse

Le pH mesure l’acidité d’un milieu. Une valeur basse indique un milieu acide, une valeur haute un milieu plus alcalin. Dans les selles, il dépend surtout de ce que les bactéries du côlon ont fait des aliments qui leur sont arrivés.

Quand des sucres échappent à l’absorption dans l’intestin grêle, les bactéries les fermentent. Cette fermentation produit des acides : acides gras à chaîne courte, acide lactique, mais aussi des gaz. Les selles s’acidifient. À l’inverse, quand la fermentation est réduite, ou que d’autres substances alcalines dominent, le pH remonte.

Le pH fécal est donc un reflet indirect de la fermentation des glucides. Il ne désigne ni une bactérie précise, ni une maladie précise.

Comment se passe le prélèvement

Le pH se mesure sur une selle fraîche, au laboratoire ou à l’hôpital, avec un pH-mètre ou un papier indicateur. Chez le nourrisson, la couche absorbante fausse la mesure : le prélèvement se fait selon la consigne du service (collecteur ou film).

  • L’échantillon doit être analysé rapidement : les bactéries continuent de fermenter dans le flacon et le pH change au fil des heures.
  • Évitez tout contact avec l’urine, l’eau de la cuvette, le papier toilette humide ou les produits de toilette.
  • Indiquez l’alimentation des dernières 24 heures (lait, fruits, édulcorants), ainsi que les antibiotiques et laxatifs.

Comment lire le résultat

Le résultat est un nombre sans unité. Les laboratoires fixent leurs propres limites, et aucune valeur de référence consensuelle chez l’adulte n’est publiée dans les sources vérifiées. Cette fiche n’affiche donc pas de cadran.

Ce qui compte vraiment :

  • le sens de l’écart : un pH nettement acide oriente vers une fermentation importante de sucres non absorbés, un pH alcalin vers une fermentation faible ou une contamination de l’échantillon ;
  • la consistance des selles : l’analyse a le plus de sens devant une diarrhée d’enfant ;
  • le contexte alimentaire : lait, fruits, fructose, sorbitol ;
  • les autres examens : le pH seul ne conclut jamais.

Un pH normal n’exclut pas une malabsorption, et un pH acide ne la prouve pas.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est émergent. L’usage le mieux décrit concerne l’enfant, rarement l’adulte.

Chez des nourrissons hospitalisés pour une diarrhée aiguë, le pH et la recherche de substances réductrices (des sucres non absorbés) ont permis de dépister une malabsorption des glucides. Sur 245 nourrissons, elle a été retrouvée dans 11 % des cas, et des signes cliniques d’intolérance n’étaient présents que dans un seul cas (Karaböcüoglu et al., 1994)1. Un pH bas peut donc révéler une malabsorption sans symptôme évident.

Chez des enfants dénutris hospitalisés pour une diarrhée persistante, une malabsorption des glucides, définie par un pH bas ou des substances réductrices élevées, était associée à l’échec d’un régime de réalimentation. Les auteurs en tirent des conséquences sur la composition de ce régime (Bhatnagar et al., 1996)2.

Dans le syndrome de grêle court, l’eau fécale est acide, riche en acide lactique et marquée par un fort trou osmotique : les glucides en excès sont fermentés dans le côlon (Bustos et al., 1994)3.

Les sucres mal absorbés peuvent aussi jouer : chez de jeunes enfants, le sorbitol et le fructose ont aggravé la malabsorption d’un amidon modifié, jusqu’à provoquer parfois une diarrhée franche (Lebenthal-Bendor et al., 2001)4.

Les limites sont nettes. Aucune de ces études ne valide le pH fécal comme marqueur de « santé intestinale » chez l’adulte en bonne santé. Il ne permet ni de choisir un régime, ni d’identifier une bactérie.

Les analyses à associer

  • le test respiratoire au lactose, qui confirme ou non une malabsorption du lactose ;
  • le test respiratoire à l’hydrogène et au méthane, qui mesure les gaz de fermentation ;
  • les acides gras à chaîne courte fécaux, qui participent à l’acidité des selles ;
  • la calprotectine fécale, pour écarter une inflammation de l’intestin.

À retenir

  • Le pH des selles reflète la fermentation des sucres non absorbés dans le côlon.
  • L’usage le mieux étudié concerne l’enfant ayant une diarrhée.
  • L’échantillon doit être analysé vite et sans contact avec l’urine ou l’eau.
  • Aucune norme adulte consensuelle n’est publiée : chaque laboratoire a ses limites.
  • Le pH est un indice : il se lit avec les autres examens et l’avis d’un médecin.

Sources éditoriales et fact-checking4 sources vérifiées4 études[+]

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Un pH des selles nettement acide évoque plutôt quoi ?

  2. 02Le pH des selles suffit-il à diagnostiquer une intolérance au lactose ?

  3. 03Pourquoi l'échantillon doit-il être analysé rapidement ?

  4. 04Peut-on mélanger les selles à de l'urine ou à l'eau de la cuvette ?

  5. 05Existe-t-il une valeur normale universelle du pH fécal chez l'adulte ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.