Ce que mesure l’analyse
L’index oméga-3 est la somme de deux acides gras oméga-3 à longue chaîne, l’EPA (acide eicosapentaénoïque) et le DHA (acide docosahexaénoïque). Il s’exprime en pourcentage des acides gras totaux des globules rouges (Schuchardt et al., 2022)1. Ce n’est pas une concentration en mg/L : c’est une proportion, ce qui la rend indépendante du volume de sang.
L’EPA et le DHA viennent surtout des poissons gras, des huiles de poisson et des microalgues. Ils s’insèrent dans la membrane des globules rouges. La composition de cette membrane reflète ainsi l’apport à long terme en EPA et en DHA, et non le dernier repas (Harris et von Schacky, 2004)2.
Le DPA (acide docosapentaénoïque), troisième oméga-3 à longue chaîne, n’est pas inclus. Dans les études épidémiologiques, le DPA des globules rouges ne prédisait ni la mortalité totale, ni la mort subite, ni d’autres événements cardiovasculaires, et n’améliorait pas la prédiction quand il s’ajoutait à l’EPA et au DHA (von Schacky et Harris, 2018)3.
Comment se passe le prélèvement
Le dosage se fait sur les globules rouges d’une prise de sang. Comme l’index reflète l’apport à long terme, le jeûne a peu d’importance pour ce marqueur, mais suivez la consigne écrite du laboratoire.
Les acides gras polyinsaturés s’oxydent facilement : respectez le délai et les conditions d’acheminement. Si vous prenez de l’huile de poisson ou des compléments d’algues, indiquez-le avec la durée de prise, car l’index reflète cette prise. Mentionnez aussi toute transfusion récente : les globules rouges transfusés viennent d’un donneur.
Comment lire le résultat
Le résultat s’exprime en pourcentage des acides gras totaux. Les catégories du cadran sont : très bas jusqu’à 4 %, bas de 4 à 6 %, modéré de 6 à 8 %, souhaitable au-dessus de 8 %. Ce sont des catégories statistiques de risque, pas des seuils de diagnostic.
Les méthodes de dosage varient d’un laboratoire à l’autre : chaque laboratoire a ses méthodes et ses normes. Comparez des résultats obtenus avec la même méthode, et lisez les catégories ci-dessus comme un ordre de grandeur plutôt que comme une frontière nette.
L’index bouge lentement. Il ne reflète pas une modification toute récente de l’alimentation : attendez qu’un changement soit installé durablement avant de juger de son effet.
À l’échelle des populations, l’étude de Schuchardt portait sur 167 347 personnes dans sept pays, dont 93 % venaient des États-Unis. Seules les cohortes d’Alaska, de Corée du Sud et du Japon avaient une moyenne « souhaitable ». La cohorte espagnole était « modérée », et celles des États-Unis, du Canada, de l’Italie et de l’Allemagne étaient « basses ». Les auteurs signalent que ces cohortes sont de convenance et ne sont donc pas représentatives de leurs pays.
Ce que dit la science
L’idée centrale remonte à 2004. L’index était inversement associé au risque de mort par maladie coronarienne : une valeur de 8 % ou plus correspondait à la meilleure cardioprotection, et une valeur de 4 % ou moins à la plus faible (Harris et von Schacky, 2004)4. Les auteurs proposaient de le considérer comme un facteur de risque candidat.
Niveau de preuve : « b » (courante). L’index est utilisé en pratique, mais le consensus reste partiel. Les études citées sont des associations : elles ne prouvent pas qu’atteindre un seuil précis fasse baisser le risque chez une personne donnée. Il ne remplace ni le bilan lipidique, ni l’évaluation du risque cardiovasculaire par un médecin.
Autre limite : les méthodes d’analyse ne sont pas uniformes, ce qui complique les comparaisons d’une étude à l’autre. Enfin, le choix d’exclure le DPA repose sur les données épidémiologiques actuelles : de nouvelles études pourraient faire évoluer la définition.
Les analyses à associer
- Profil des acides gras érythrocytaires : le détail de tous les acides gras, dont l’EPA et le DHA.
- Rapport oméga-6 sur oméga-3 : replace l’index dans l’équilibre entre familles.
- Rapport acide arachidonique sur EPA : compare un acide gras pro-inflammatoire de départ à l’EPA.
- Triglycérides : bilan lipidique de routine.
À retenir
- L’index oméga-3 est la somme de l’EPA et du DHA dans les globules rouges, en % des acides gras totaux.
- Il reflète l’apport à long terme en poissons gras ou en compléments, pas le dernier repas.
- Les catégories vont de « très bas » (4 % ou moins) à « souhaitable » (plus de 8 %).
- Le DPA n’en fait pas partie, faute d’apport démontré à la prédiction du risque.
- C’est une association statistique : il se discute avec un médecin, en plus du bilan lipidique.
Sources éditoriales et fact-checking3 sources vérifiées3 études