Ce que mesure l’analyse
Le rapport acide arachidonique sur EPA n’est pas un dosage direct : c’est un calcul. Le laboratoire divise la proportion d’acide arachidonique (AA, un oméga-6 à 20 carbones) par celle d’acide eicosapentaénoïque (EPA, un oméga-3 à 20 carbones). Les deux acides gras ont la même longueur de chaîne et sont en compétition pour les mêmes enzymes et pour la place dans les membranes cellulaires.
Les deux sont précurseurs de médiateurs lipidiques, mais de familles différentes. C’est cette symétrie qui a donné l’idée de les comparer : plus le rapport est bas, plus l’EPA est présent relativement à l’acide arachidonique. Les acides gras sont dosés par chromatographie en phase gazeuse, et le rapport est calculé sur la même fraction (plasma, phospholipides ou globules rouges).
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang veineuse. Le jeûne est souvent demandé pour le plasma total ; suivez la consigne de votre laboratoire. Précisez au préleveur si vous prenez de l’huile de poisson, car elle modifie directement le dénominateur.
Les acides gras polyinsaturés s’oxydent au contact de l’air : le tube doit être conservé au froid et acheminé rapidement. Comme le rapport combine deux dosages, l’erreur sur chacun s’additionne : gardez la même fraction et le même laboratoire pour suivre une évolution.
Comment lire le résultat
Le résultat est un nombre sans unité. Je n’ai pas retenu de seuil chiffré publié et vérifié : la fiche n’en affiche donc pas, et vous devez vous référer à l’intervalle de votre compte rendu, propre au laboratoire. Des seuils circulent dans la médecine fonctionnelle ; ils ne sont pas des repères consensuels.
Le rapport bouge avec deux leviers alimentaires. L’EPA monte avec le poisson et les compléments marins. L’acide arachidonique varie avec l’alimentation d’origine animale : dans une étude en Asie, la viande rouge était associée à des niveaux plus élevés d’acide arachidonique, et le poisson à des niveaux plus élevés d’EPA et de DHA (Seah et al., 2017)1. Des travaux de modélisation montrent aussi que la composition en acides gras très insaturés du sang peut être estimée à partir des apports en oméga-3 et en oméga-6 (Strandjord et al., 2017)2. Le rapport est donc surtout un reflet alimentaire.
Attention au piège du ratio : il peut être « mauvais » parce que l’EPA est bas, parce que l’acide arachidonique est haut, ou les deux. Regardez toujours les deux composantes.
Pistes pour une valeur haute
Faible apport en poisson gras, consommation importante de produits animaux riches en acide arachidonique, variants favorisant FADS1, absence de supplémentation en oméga-3 marins.
Pistes pour une valeur basse
Poisson gras régulier, supplémentation en huile de poisson, alimentation pauvre en produits animaux riches en acide arachidonique. Ces pistes sont à discuter avec un médecin.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est émergent. Je n’ai pas trouvé, dans les sources que j’ai pu vérifier, de seuil de rapport validé pour décider d’une prise en charge. Les données sur l’acide arachidonique lui-même nuancent l’idée qu’un niveau élevé est un risque : dans une analyse de 30 études prospectives, l’acide arachidonique n’était pas associé à un risque cardiovasculaire plus élevé (Marklund et al., 2019)3. Un rapport élevé ne doit donc pas être lu comme un signe automatique de danger.
Ce qui est établi : le rapport est un indicateur de ce que vous mangez. Ce qui ne l’est pas : qu’il permette de prédire un risque individuel ou de guider un traitement.
Les analyses à associer
L’acide arachidonique et l’EPA sont à lire en premier. L’index oméga-3 donne la vue globale des oméga-3 marins dans les globules rouges. Le rapport oméga-6 sur oméga-3 élargit la comparaison à toutes les familles.
À retenir
- Ce rapport compare l’acide arachidonique à l’EPA, deux acides gras en compétition.
- Il bouge surtout avec le poisson gras, les compléments marins et les produits animaux.
- Aucun seuil consensuel validé n’est affiché ici ; chaque laboratoire a ses normes.
- Un rapport élevé n’est pas un diagnostic : regardez les deux composantes.
- Discutez le résultat avec un médecin avant de modifier votre alimentation.
Sources éditoriales et fact-checking3 sources vérifiées3 études