Aller au contenu

Acides gras trans

Aussi appelée AG trans · Trans fats · Isomères trans

Les acides gras trans sont des graisses dont la structure a été modifiée par l'industrie ou par la digestion des ruminants. Leur dosage sanguin reflète l'exposition, mais toutes les formes ne se valent pas.

Prise de sangFamille : acides grasPreuve émergente

Testez-vous en 4 questions

En bref

Le dosage mesure la part des acides gras de configuration trans dans le sang. Il reflète l'alimentation, industrielle ou issue des produits de ruminants.

À lire avec

Prise de sangProfil des acides gras érythrocytaires, profils d'acides gras plasmatiques.

% des acides gras totauxPreuve émergente

Profil sportif

Il n'existe pas de repère propre aux sportifs. Les barres, boissons et produits « énergétiques » industriels peuvent contenir des matières grasses transformées : lisez l'étiquette. Le dosage reflète l'alimentation globale, pas l'effort physique.

Pourquoi on la demande

  • Évaluer l'exposition aux acides gras trans d'origine industrielle ou naturelle
  • Compléter un profil d'acides gras lors d'un bilan cardiométabolique approfondi
  • Suivre l'effet d'une réduction des produits ultra-transformés et des fritures
  • Distinguer les trans d'origine industrielle (huiles hydrogénées) de ceux issus des ruminants (lait, beurre)
  • Accompagner une démarche de recherche personnelle sur l'alimentation

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Alimentation peu transformée, riche en produits bruts
  • Faible consommation de produits laitiers gras

Causes d’une valeur haute

  • Consommation fréquente de produits ultra-transformés contenant des huiles partiellement hydrogénées
  • Consommation importante de produits laitiers gras et de viande de ruminants (trans naturels)
  • Fritures répétées avec de l'huile surchauffée
  • Alimentation hors de France où la réglementation sur les trans est moins stricte

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Produits ultra-transformés, fritures, pâtisseries et viennoiseries industrielles
  • Produits laitiers et viande de ruminants, qui apportent des acides gras trans naturels
  • La liste des acides gras inclus dans le total, qui varie d'un laboratoire à l'autre
  • La fraction analysée (plasma total, phospholipides, globules rouges)
  • Le jeûne et le repas précédent
  • La conservation du tube et la méthode de dosage

Ce que mesure l’analyse

Dans un acide gras insaturé, la double liaison peut avoir deux orientations : « cis », naturelle et la plus fréquente, ou « trans », qui rend la molécule plus droite et plus rigide, un peu comme une graisse saturée. Les acides gras trans viennent de deux sources. La source industrielle, ce sont les huiles partiellement hydrogénées utilisées dans certains produits transformés et les fritures répétées. La source naturelle, ce sont les ruminants : leur flore digestive en produit, et on les retrouve dans le lait, le beurre et la viande.

Le laboratoire dose ces isomères par chromatographie en phase gazeuse et les exprime en proportion des acides gras totaux, soit chacun séparément, soit sous forme d’une somme. Le total dépend de la liste d’isomères inclus : elle varie d’un laboratoire à l’autre.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang veineuse. Le jeûne est souvent demandé pour le plasma total ; suivez la consigne de votre laboratoire. Les phospholipides et les globules rouges reflètent plutôt l’exposition des semaines précédentes.

Les acides gras s’oxydent : le tube doit être conservé au froid et acheminé rapidement. Pour suivre une évolution, gardez la même fraction et le même laboratoire.

Comment lire le résultat

Le résultat est un pourcentage des acides gras totaux, généralement petit. Je n’ai pas retenu de repère chiffré publié et vérifié : la fiche n’en affiche donc pas. Chaque laboratoire a ses propres normes, qui dépendent de la fraction et de la liste d’isomères.

Lire ce résultat demande de distinguer les origines. Dans une analyse de 16 cohortes, les biomarqueurs de la graisse laitière (acides gras 15:0, 17:0 et trans-palmitoléique, un trans naturel) étaient associés à une moindre incidence de diabète de type 2 : rapport de risque de 0,82 pour le trans-palmitoléique entre le 10e et le 90e percentile (Imamura et al., 2018)1. Chez des adolescents mexicains, ces mêmes marqueurs laitiers étaient associés à des composantes du syndrome métabolique de façon différente selon le sexe (Trejo-Reyes et al., 2023)2. Les trans naturels ne se lisent donc pas comme les trans industriels, et la littérature est loin d’être unanime.

Pistes pour une valeur haute

Produits ultra-transformés contenant des huiles hydrogénées, fritures répétées, forte consommation de produits laitiers gras et de viande de ruminants, ou alimentation prise dans un pays à réglementation moins stricte.

Pistes pour une valeur basse

Alimentation peu transformée, riche en produits bruts, avec peu de produits laitiers gras. Ces pistes sont à discuter avec un médecin ou un diététicien.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est celui d’un biomarqueur d’exposition. Les études sanguines récentes décrivent des associations. Dans une étude américaine de 1 970 adultes (NHANES 2009-2010), des concentrations plasmatiques plus élevées de plusieurs acides gras trans (palmitélaïdique, élaïdique, vaccénique et linolélaïdique) étaient associées à des pressions artérielles plus élevées, l’acide linolélaïdique ayant l’association la plus forte, avec 4,78 mm Hg de pression systolique en plus par unité de logarithme népérien (Luan et al., 2024)3. Les auteurs parlent eux-mêmes de résultats préliminaires à valider.

Notons un point débattu : l’acide vaccénique, présent dans les produits de ruminants, figurait parmi les formes associées à la pression artérielle dans cette étude, alors que le trans-palmitoléique laitier allait dans l’autre sens pour le diabète dans une autre. Ces résultats sont transversaux ou observationnels et ne permettent pas de trancher sur la causalité ni de fixer un seuil individuel.

Les analyses à associer

Le LDL cholestérol et le profil lipidique complet situent le contexte cardiométabolique. Les acides gras saturés complètent la vue d’ensemble des graisses de l’alimentation. Le profil des acides gras érythrocytaires offre un reflet plus stable de l’exposition.

À retenir

  • Les acides gras trans viennent des huiles hydrogénées industrielles ou des ruminants.
  • Leurs effets ne sont pas identiques selon l’origine et l’isomère.
  • Les études montrent des associations dans des groupes, pas un risque individuel.
  • Chaque laboratoire a ses normes ; aucun repère chiffré vérifié n’est affiché ici.
  • Lisez l’étiquette des produits transformés et discutez le résultat avec un médecin.

Sources éditoriales et fact-checking3 sources vérifiées3 études[+]

Testez-vous 4 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Tous les acides gras trans sont-ils d'origine industrielle ?

  2. 02Un trans naturel (laitier) est-il identique à un trans industriel pour la santé ?

  3. 03Le dosage sanguin suffit-il pour savoir si l'on a un risque cardiovasculaire ?

  4. 04Peut-on comparer deux laboratoires ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.