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Acides gras mono-insaturés

Aussi appelée AGMI · Graisses mono-insaturées · MUFA

Le total des acides gras mono-insaturés additionne l'acide oléique de l'huile d'olive et des produits animaux, et d'autres formes. Son intérêt clinique est limité : il reflète à la fois l'alimentation et la fabrication par le foie.

Prise de sangFamille : acides grasPreuve non validée

Testez-vous en 4 questions

En bref

Le dosage additionne les acides gras mono-insaturés du sang, dont l'acide oléique domine. Il reflète l'alimentation et la fabrication par le foie.

À lire avec

Prise de sangProfil des acides gras érythrocytaires, profils d'acides gras plasmatiques.

% des acides gras totauxPreuve non validée

Profil sportif

Il n'existe pas de repère propre aux sportifs. Le total des mono-insaturés dépend surtout des huiles utilisées, et peu de l'effort. Interprétez-le avec l'alimentation réelle, et gardez à l'esprit que l'intérêt du total est limité.

Pourquoi on la demande

  • Compléter la répartition entre graisses saturées, mono-insaturées et polyinsaturées dans un profil complet
  • Suivre l'effet d'un changement d'huiles de cuisson (olive, colza) sur le profil sanguin
  • Replacer le total des mono-insaturés lors d'une analyse de la lipogenèse
  • Accompagner une démarche de recherche personnelle sur l'alimentation de type méditerranéen

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Alimentation pauvre en huile d'olive et en oléagineux
  • Alimentation riche en graisses polyinsaturées qui dilue leur part
  • Régime très pauvre en graisses

Causes d’une valeur haute

  • Alimentation riche en huile d'olive, avocat et oléagineux
  • Alimentation riche en viandes et produits animaux gras, qui contiennent aussi de l'acide oléique
  • Fabrication accrue par le foie à partir de graisses saturées
  • Fraction analysée riche en mono-insaturés (plasma total, en particulier)

À savoir : ce qui peut la fausser

  • L'alimentation riche en huile d'olive, avocat, oléagineux ou viandes grasses
  • Le foie, qui fabrique des mono-insaturés à partir des graisses saturées
  • La liste des acides gras inclus dans le total (oléique, palmitoléique, vaccénique, trans naturels…)
  • La fraction analysée (plasma total, phospholipides, globules rouges)
  • Le jeûne et le repas précédent
  • La conservation du tube et la méthode de dosage

Ce que mesure l’analyse

Les acides gras mono-insaturés (AGMI) ont une seule double liaison dans leur chaîne. Le plus abondant, de très loin, est l’acide oléique (18:1 n-9), majeur dans l’huile d’olive, mais présent aussi dans l’avocat, les oléagineux et les graisses animales. On y trouve aussi l’acide palmitoléique, l’acide vaccénique et d’autres formes, dont certaines de configuration trans d’origine laitière.

Ces acides gras ont deux origines. Ils viennent de l’alimentation, et l’organisme les fabrique : une enzyme du foie et du tissu adipeux, la stéaroyl-CoA désaturase, transforme les graisses saturées en mono-insaturées. Le total dosé en laboratoire mélange donc ce que vous mangez et ce que vous fabriquez.

Le dosage se fait par chromatographie en phase gazeuse. Le total est la somme des mono-insaturés retenus, exprimée en proportion des acides gras de la fraction analysée.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang veineuse. Le jeûne est souvent demandé pour le plasma total ; suivez la consigne de votre laboratoire. Un repas riche en graisses modifie surtout le plasma total.

Les tubes doivent être conservés au froid et acheminés rapidement, car l’oxydation des graisses polyinsaturées fausse les proportions de tous les acides gras. Pour suivre une évolution, gardez la même fraction (plasma, phospholipides, globules rouges) et le même laboratoire.

Comment lire le résultat

Le résultat est un pourcentage des acides gras totaux. Je n’ai pas retenu de repère chiffré publié et vérifié : la fiche n’en affiche donc pas. Chaque laboratoire a ses propres normes, qui dépendent de la fraction et de la liste d’acides gras du total.

Premier piège : le lien avec ce que vous mangez est faible. Une revue de la littérature classe l’acide oléique parmi les marqueurs plausibles de la consommation d’huile d’olive, tout en soulignant que la plupart des composés manquent de spécificité pour servir de marqueurs d’aliments (Garcia-Aloy et al., 2019)1. Un total de mono-insaturés élevé ne prouve donc pas que vous consommez beaucoup d’huile d’olive.

Second piège : le total ne distingue pas des signaux opposés. Parmi les mono-insaturés, l’acide trans-palmitoléique, marqueur de graisse laitière, était associé à une moindre incidence de diabète de type 2 dans une analyse de 16 cohortes, avec un rapport de risque de 0,82 entre le 10e et le 90e percentile (Imamura et al., 2018)2. D’autres mono-insaturés sont plutôt des reflets de la fabrication hépatique. Le total additionne donc des informations de nature différente, ce qui limite son intérêt.

Pistes pour une valeur haute

Alimentation riche en huile d’olive, avocat ou oléagineux, alimentation riche en produits animaux gras, fabrication accrue par le foie à partir des graisses saturées, ou fraction analysée riche en mono-insaturés.

Pistes pour une valeur basse

Alimentation pauvre en huile d’olive et oléagineux, alimentation riche en polyinsaturés qui dilue la part des mono-insaturés, régime très pauvre en graisses. Ces pistes sont à discuter avec un médecin ou un diététicien.

Ce que dit la science

Le total des mono-insaturés n’a pas d’intérêt clinique démontré. Les sources que j’ai pu vérifier concernent des acides gras particuliers, non le total : elles montrent que les marqueurs alimentaires sont peu spécifiques et que des mono-insaturés de nature différente ont des associations différentes avec la santé métabolique.

On ne peut donc pas déduire du total qu’une alimentation est « méditerranéenne » ou que le risque cardiométabolique est bas ou élevé. Les associations observées dans des groupes ne prouvent pas un effet de cause à effet et ne s’appliquent pas telles quelles à une personne.

Les analyses à associer

Les acides gras saturés se lisent avec les mono-insaturés, puisque les seconds sont en partie fabriqués à partir des premiers. L’acide palmitoléique est l’un des mono-insaturés les plus étudiés comme marqueur de lipogenèse. L’indice de désaturation et les triglycérides complètent cette lecture.

À retenir

  • Les mono-insaturés viennent de l’alimentation et de la fabrication par le foie ; l’acide oléique domine.
  • Le total reflète mal la consommation d’huile d’olive : l’acide oléique manque de spécificité.
  • Le total mélange des signaux de natures différentes ; son intérêt clinique n’est pas démontré.
  • Chaque laboratoire a ses normes ; aucun repère chiffré vérifié n’est affiché ici.
  • Ne tirez aucune conclusion sur votre alimentation ou votre risque à partir de ce seul total : parlez-en à un médecin.

Sources éditoriales et fact-checking2 sources vérifiées2 études[+]

Testez-vous 4 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Les mono-insaturés du sang viennent-ils uniquement de l'huile d'olive ?

  2. 02L'acide oléique sanguin est-il un marqueur fiable de la consommation d'huile d'olive ?

  3. 03Un total de mono-insaturés élevé est-il bon signe ?

  4. 04Peut-on comparer le total entre deux laboratoires ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.