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Indice de désaturation

Aussi appelée Activité des désaturases · Index Δ5 et Δ6 · Ratios de désaturation

L'indice de désaturation estime l'activité des enzymes qui allongent et désaturent les acides gras, à partir de rapports mesurés dans le sang. C'est un marqueur indirect, dont l'intérêt clinique reste à démontrer.

Prise de sangFamille : acides grasPreuve émergente

Testez-vous en 4 questions

En bref

Le laboratoire calcule des rapports entre acides gras pour estimer l'activité des enzymes qui les transforment. Ce sont des estimations indirectes, pas des mesures d'enzymes.

À lire avec

Prise de sangProfil des acides gras plasmatiques ou érythrocytaires détaillé ; certains laboratoires intègrent le calcul de l'indice de désaturation au profil. L'étude des gènes FADS1 et FADS2 peut le compléter.

rapport sans unitéPreuve émergente

Profil sportif

Aucune donnée vérifiée ne permet d'interpréter ces rapports chez le sportif. Les apports alimentaires, notamment en poisson, pèsent sur le résultat. Ne tirez aucune conclusion de performance ou de récupération d'un indice isolé.

Pourquoi on la demande

  • Explorer comment votre organisme transforme les acides gras essentiels en acides gras à longue chaîne
  • Compléter un profil d'acides gras plasmatiques ou érythrocytaires détaillé
  • Rechercher un lien entre le profil d'acides gras, la sensibilité à l'insuline et le risque métabolique, dans un cadre de recherche ou de curiosité
  • Comprendre un profil d'acides gras inhabituel chez une personne végétarienne ou végétalienne
  • Mettre en regard le profil d'acides gras et une éventuelle variante des gènes FADS

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Activité réduite estimée de l'enzyme concernée
  • Apport alimentaire faible en acides gras produits
  • Variantes génétiques des gènes FADS
  • État métabolique associé à une moins bonne sensibilité à l'insuline

Causes d’une valeur haute

  • Activité accrue estimée de l'enzyme concernée
  • Apport alimentaire élevé en acides gras produits par la désaturase (poisson, viande)
  • Variantes génétiques des gènes FADS qui modifient la conversion
  • État métabolique ou hormonal qui influence les enzymes

À savoir : ce qui peut la fausser

  • L'alimentation récente, qui apporte directement des acides gras longs (poisson, viande) et change les rapports
  • Les compléments d'oméga-3, d'acide gamma-linolénique ou d'acide arachidonique
  • Le jeûne ou non, selon la consigne du laboratoire
  • La définition du rapport : chaque laboratoire choisit les acides gras qu'il divise (Δ5, Δ6, SCD-1…)
  • Le type d'échantillon (plasma, sérum, globules rouges)
  • L'état métabolique (poids, résistance à l'insuline), associé à ces rapports dans certaines études
  • L'oxydation de l'échantillon en cas de conservation inadaptée

Ce que mesure l’analyse

Les désaturases sont des enzymes qui ajoutent des doubles liaisons aux acides gras. Elles interviennent, avec des enzymes d’allongement, dans la transformation des acides gras essentiels (acide linoléique, oméga-6, et acide alpha-linolénique, oméga-3) en acides gras à longue chaîne comme l’acide arachidonique, l’EPA ou le DHA.

Le laboratoire ne mesure pas ces enzymes directement. Il calcule un indice : le rapport entre un acide gras produit par l’enzyme et son précurseur. Dans une étude de référence, trois activités ont été estimées ainsi : la désaturase Δ5 par le rapport 20:4 n-6 sur 20:3 n-6, la désaturase Δ6 par le rapport 18:3 n-6 sur 18:2 n-6, et la stéaroyl-CoA désaturase-1 (SCD-1) par le rapport 16:1 n-7 sur 16:0 (Takkunen et al., 2015)1.

Votre laboratoire peut choisir d’autres rapports. Vérifiez donc sur le compte rendu quels acides gras sont divisés avant d’interpréter le résultat.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang veineuse, sur plasma, sérum ou globules rouges selon le laboratoire. Beaucoup de laboratoires demandent d’être à jeun. Suivez leur consigne.

Signalez vos compléments d’oméga-3, d’acide gamma-linolénique (huile d’onagre, de bourrache) ou d’autres huiles : ils apportent directement des acides gras qui modifient les rapports. Les acides gras polyinsaturés s’oxydent facilement : l’échantillon doit être conservé au froid selon la procédure du laboratoire.

Comment lire le résultat

Un rapport, pas une concentration

Le résultat est un rapport sans unité. Il n’existe pas de valeur de référence consensuelle : chaque laboratoire a ses normes, liées à sa méthode, à son compartiment et à la définition de ses rapports. C’est pourquoi cette fiche n’affiche pas de cadran.

Ce qui influence le résultat

Plusieurs facteurs modifient ces rapports. L’alimentation en premier : du poisson ou de la viande apportent directement des acides gras longs, ce qui change le rapport sans que l’enzyme n’ait varié. Les gènes FADS en second : dans une étude d’association pangénomique sur plus de 4 000 personnes, la région FADS1-2-3 était associée à la composition de plusieurs classes de phospholipides plasmatiques, et à l’épaisseur intima-média carotidienne (Demirkan et al., 2012)2. Enfin, l’état métabolique peut intervenir.

Ce qui compte vraiment

Un indice isolé s’interprète mal. Comparez-le à votre alimentation, à votre profil d’acides gras complet et, si besoin, à votre génotype FADS. Une valeur inhabituelle est une piste à discuter avec un professionnel de santé, pas un diagnostic.

Ce que dit la science

L’étude finlandaise suivait 407 personnes en surpoids et intolérantes au glucose, pendant un suivi médian de 11 ans. L’estimation de l’activité Δ5 y était associée à une incidence plus faible de diabète de type 2 (rapport de risque de 0,78 par écart-type), et à une meilleure sensibilité à l’insuline les années suivantes. Les indices Δ6 et SCD-1 ne montraient que des associations inconstantes. Les auteurs ont validé leurs estimations Δ5 et Δ6 grâce à une variante connue du gène FADS1 (Takkunen et al., 2015).

Ces résultats sont intéressants, mais l’étude est observationnelle, menée chez des personnes à risque. Elle ne dit pas qu’agir sur l’activité des désaturases réduirait le risque. Le niveau de preuve de l’indice de désaturation est donc émergent : il relève de la recherche et de la curiosité plutôt que du suivi médical établi.

Les analyses à associer

Lisez l’indice avec le profil des acides gras érythrocytaires, qui fournit les acides gras de départ. L’étude des gènes FADS1 et FADS2 peut expliquer un résultat atypique. L’acide arachidonique et l’acide dihomo-gamma-linolénique sont les deux acides gras du rapport Δ5.

À retenir

  • L’indice de désaturation estime, de façon indirecte, l’activité d’enzymes qui transforment les acides gras.
  • Il se calcule par des rapports dont la définition varie d’un laboratoire à l’autre.
  • L’alimentation et les gènes FADS modifient fortement le résultat.
  • Une activité Δ5 estimée plus élevée était associée à une incidence plus faible de diabète de type 2 dans une étude de cohorte, sans preuve de causalité.
  • Il n’existe pas de valeur de référence consensuelle : chaque laboratoire a ses normes.

Sources éditoriales et fact-checking2 sources vérifiées2 études[+]

Testez-vous 4 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Que mesure l'indice de désaturation ?

  2. 02Quel gène code la désaturase Δ5 ?

  3. 03Un rapport Δ5 plus élevé était associé, dans une étude finlandaise, à quel résultat ?

  4. 04Les rapports de désaturation sont-ils définis de la même façon partout ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.