Ce que mesure l’analyse
L’acide citramalique, ou citramalate, est un petit acide organique à cinq atomes de carbone. Chez certains micro-organismes, il est formé à partir de deux molécules du métabolisme courant : le pyruvate et l’acétyl-CoA, grâce à une enzyme appelée citramalate synthase. Cette voie a été bien décrite chez la bactérie Escherichia coli en laboratoire (Wu et Eiteman, 2017)1.
Dans le profil des acides organiques urinaires, il est classé parmi les marqueurs de levures et de champignons. L’hypothèse est qu’une prolifération de micro-organismes intestinaux ferait monter cet acide, qui passerait dans le sang puis dans les urines. Cette lecture n’est pas démontrée chez l’humain.
Comment se passe le prélèvement
Le prélèvement se fait sur les urines, souvent les premières du matin, dans un flacon fourni par le laboratoire. L’échantillon est conservé au froid ou congelé selon la notice, puis envoyé.
Pour limiter les biais :
- évitez les pommes et les jus de pomme en excès les jours précédents ;
- gardez votre alimentation habituelle ;
- signalez les antibiotiques, antifongiques et probiotiques récents ;
- respectez la conservation indiquée.
Comment lire le résultat
Le résultat est exprimé en rapport à la créatinine, pour corriger en partie la dilution de l’urine. Aucun article indexé dans PubMed ne publie de repère consensuel pour ce marqueur : chaque laboratoire utilise ses propres valeurs. Le cadran de repères n’est donc pas affiché, et la référence reste celle de votre compte rendu.
Un résultat au-dessus des bornes du laboratoire n’indique pas à lui seul l’origine de l’acide. L’alimentation en est une cause possible, à écarter avant d’évoquer une production microbienne. Le plus utile est de regarder si d’autres marqueurs du groupe évoluent dans le même sens.
Ce que dit la science
La littérature indexée sur l’acide citramalique porte surtout sur la chimie et la biotechnologie : production par des bactéries modifiées, présence dans des plantes. Elle ne documente pas son usage comme marqueur urinaire de levures chez l’humain.
Un point concret est établi : l’acide citramalique est naturellement présent dans les fruits comme la pomme, et un dosage en spectrométrie de masse l’a retrouvé dans la chair et la peau de trois variétés de pomme, ainsi que dans du jus de pomme du commerce (Umino et al., 2023)2. Cette étude ne porte pas sur les urines : elle montre seulement que l’alimentation est une source plausible, ce qui complique l’interprétation d’une valeur élevée.
Le niveau de preuve est donc non validé : l’intérêt de ce marqueur pour détecter des levures n’est pas démontré, et il ne remplace pas la recherche directe du champignon.
Les analyses à associer
L’arabinose appartient au même groupe de marqueurs fongiques. La recherche de Candida dans les selles documente directement le champignon. Le profil complet des acides organiques situe ce marqueur dans son contexte, et une analyse du microbiote décrit les bactéries qui partagent le même milieu.
À retenir
- L’acide citramalique est un acide organique produit par certains micro-organismes et présent dans la pomme.
- Son rôle de marqueur de levures n’est pas démontré chez l’humain.
- L’alimentation, en particulier la pomme, peut faire varier le résultat.
- Aucun repère publié n’est affiché : chaque laboratoire a ses normes.
- Un résultat isolé ne permet ni diagnostic ni traitement et se discute avec un médecin.
Sources éditoriales et fact-checking2 sources vérifiées2 études