Ce que mesure l’analyse
L’arabinose est un pentose, c’est-à-dire un sucre à cinq atomes de carbone. Il est très répandu dans le monde végétal, où il entre dans la composition de fibres comme l’hémicellulose et les pectines. Il en existe deux formes dans la nature : la D-arabinose et la L-arabinose, cette dernière étant la plus fréquente dans les plantes.
Dans le profil des acides organiques urinaires, l’arabinose est classé parmi les marqueurs de levures et de champignons. L’idée avancée est que certaines levures, comme Candida, produiraient ou libéreraient des pentoses qui passeraient dans le sang puis dans les urines. Cette hypothèse reste discutée.
La confusion est facile avec l’arabinitol, un alcool de sucre voisin. C’est ce dernier, et non l’arabinose, qui a fait l’objet de véritables études comme marqueur d’infection invasive à Candida. Les résultats obtenus pour l’arabinitol ne s’appliquent donc pas automatiquement à l’arabinose.
Comment se passe le prélèvement
Le prélèvement se fait sur les urines, le plus souvent les premières du matin, dans un flacon fourni par le laboratoire. L’échantillon se conserve au froid ou congelé selon la notice, puis est envoyé à un laboratoire spécialisé.
Quelques précautions :
- gardez votre alimentation habituelle, sans excès de fruits, de légumes crus ou de compléments de fibres dans les jours précédents ;
- signalez les antibiotiques, antifongiques ou probiotiques pris récemment ;
- respectez la durée et les conditions de conservation de l’échantillon.
Comment lire le résultat
Le résultat est exprimé en rapport à la créatinine urinaire, pour corriger en partie la dilution de l’urine. Les valeurs de référence sont propres à chaque laboratoire : aucun article indexé dans PubMed ne publie de repère consensuel pour ce marqueur dans un profil d’acides organiques. Le cadran de repères n’est donc pas affiché ici, et vous devez vous référer aux valeurs du compte rendu de votre laboratoire.
Un arabinose au-dessus des bornes du laboratoire ne dit pas pourquoi il est élevé. L’alimentation riche en fibres végétales, la prise de prébiotiques ou une modification de la flore sont des causes possibles, au même titre qu’une production par des champignons. Ce qui compte, c’est la cohérence avec les autres marqueurs du groupe et avec les symptômes.
Ce que dit la science
La littérature médicale s’est surtout intéressée à l’arabinitol. Chez 51 nourrissons sous antibiothérapie prolongée, le rapport urinaire D-arabinitol/L-arabinitol était plus élevé que chez les témoins sains, sans dépasser pour la plupart les limites hautes de la normale ; seuls quatre enfants avec une suspicion d’infection invasive à Candida avaient des valeurs au-dessus de la normale (Stradomska et al., 2005)1.
Cette étude porte sur un sucre voisin, dans une population très particulière (nourrissons), et ne valide pas l’arabinose urinaire comme test de levures chez l’adulte. Elle illustre toutefois un point utile : un traitement antibiotique peut déplacer un marqueur microbien sans qu’il y ait d’infection invasive.
En pratique, le niveau de preuve est émergent. L’origine alimentaire de l’arabinose, la variabilité liée à la flore et l’absence de repères publiés limitent fortement la portée d’un résultat isolé. Un arabinose élevé n’autorise ni à poser un diagnostic de candidose ni à débuter un traitement.
Les analyses à associer
L’acide citramalique appartient au même groupe de marqueurs et permet de voir si les deux évoluent ensemble. La recherche de Candida dans les selles documente directement la présence du champignon dans l’intestin. Enfin, le profil complet des acides organiques urinaires replace le marqueur dans son contexte métabolique.
À retenir
- L’arabinose est un sucre des fibres végétales, interprété dans certains profils comme marqueur de levures.
- Cette interprétation n’est pas validée : le sucre le mieux étudié pour les levures est l’arabinitol, pas l’arabinose.
- L’alimentation et les antibiotiques peuvent modifier le résultat.
- Les repères sont propres à chaque laboratoire, aucun repère publié n’est affiché ici.
- Un résultat isolé ne permet ni diagnostic ni traitement : il se discute avec un médecin.
Sources éditoriales et fact-checking1 source vérifiée1 étude