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Recherches santé · Sommeil et énergie

Coup de barre après le repas

Aussi : Somnolence après le repas, Somnolence postprandiale, Coup de pompe de l'après-midi, Creux post-déjeuner

Le coup de barre de 14 heures n'est pas qu'une question de digestion. Sieste, contenu de l'assiette, marche : voici ce qui marche selon les études.

🔬 Ce que dit la science

Faire une sieste d'une dizaine de minutes

Après une nuit raccourcie, une sieste de 10 minutes a amélioré vigilance et performances pendant plus de deux heures, sans la lourdeur au réveil des siestes de 30 minutes.

Étudié · Brooks 2006

Limiter les sucres rapides au repas

Une méta-analyse de 31 études montre que les glucides augmentent la fatigue et réduisent la vigilance dans l'heure qui suit, comparés à un placebo. Le « coup de fouet » sucré n'a pas été retrouvé.

Étudié · Mantantzis 2019

Marcher quelques minutes après le repas

Interrompre la position assise par de la marche légère réduit le pic de glycémie et d'insuline après le repas. Son effet direct sur la somnolence reste peu étudié.

Étudié · Buffey 2022

Somnolence irrésistible : en parler au médecin

Une somnolence quotidienne avec ronflements forts, pauses respiratoires ou hypertension doit faire rechercher une apnée du sommeil par un enregistrement prescrit par le médecin.

Avec le médecin · AASM 2017

Un café juste avant une courte sieste

Dans un petit essai chez 12 conducteurs somnolents sur simulateur, un café suivi d'une sieste de moins de 15 minutes a réduit les incidents bien plus que le café seul.

Peu étudié · Reyner 1997

Éviter les repas très gras

Dans une étude de 18 volontaires, un repas riche en graisses a entraîné plus de somnolence 2 à 3 heures après qu'un repas riche en glucides. Les données restent minces.

Peu étudié · Wells 1997

🥗 Dans l’assiette · NutriLoupe

Sucres pour une portion (Ciqual). Un repas riche en sucres rapides accentue la fatigue dans l'heure qui suit.

🔎 Les moins riches en sucres

☯️ La médecine chinoise

La tradition y voit surtout un Vide de Qi de la Rate : la Rate, chargée de « transformer » les aliments, peine après le repas, d'où lourdeur et envie de dormir. Une Humidité ou une stagnation alimentaire, après un repas trop copieux, alourdit encore le tableau.

Rhizome d'atractylode blanc (bai zhu)

Amer, douxTièdeRate · Estomac

Science : peu étudié

Poria (champignon) (fu ling)

Doux, fadeNeutreCœur · Rate · Rein · Poumon

Science : peu étudié

Écorce de mandarine (chen pi)

Piquant, amerTièdePoumon · Rate

Science : peu étudié
Tradition · pas une preuve d’efficacité

Consultez sans attendre si la somnolence vous fait vous endormir au volant ou en pleine activité, si elle s'accompagne d'une soif intense, d'urines abondantes et d'un amaigrissement, ou de malaises avec sueurs, tremblements et confusion quelques heures après le repas : consultez sans attendre.

Analyses à discuter avec votre médecin : Glycémie à jeun

Ce qui se passe dans le corps

Le coup de barre du début d’après-midi n’est pas qu’une affaire de digestion. Notre horloge biologique crée un léger creux de vigilance en milieu de journée, en plus du grand creux nocturne. Une revue publiée dans Clinics in Sports Medicine rappelle que ce « creux post-déjeuner » existe même quand on n’a pas mangé, et même quand on ignore l’heure qu’il est.

Le repas l’accentue. Selon la même revue, un déjeuner riche en glucides aggrave ce creux. La dette de sommeil le rend plus profond : plus la nuit a été courte, plus l’après-midi est difficile. Les personnes très « du matin » y seraient aussi plus sensibles.

Il n’y a donc rien d’anormal à ressentir une baisse de forme vers 14 heures. Ce qui doit interroger, c’est une somnolence irrésistible, quotidienne, qui fait s’endormir en pleine activité.

Les causes les plus fréquentes

  • Le creux naturel de l’horloge biologique en début d’après-midi ;
  • Un repas copieux, très sucré ou riche en farines raffinées ;
  • Une nuit trop courte ou un sommeil haché ;
  • L’alcool au déjeuner ;
  • Une longue position assise après le repas ;
  • Plus rarement, une apnée du sommeil ou un diabète méconnu.

Ce qui aide, selon les études

La sieste courte

Une étude publiée dans la revue Sleep a comparé plusieurs durées de sieste après une nuit raccourcie. Dix minutes ont suffi à améliorer la vigilance et les performances, avec un effet de plus de deux heures. Les siestes de 30 minutes donnaient au réveil une lourdeur passagère, appelée inertie du sommeil. Le bon réflexe : une sieste brève, en début d’après-midi, plutôt qu’une longue sieste en fin de journée.

Café puis sieste

Dans un petit essai publié dans Psychophysiology, des conducteurs somnolents sur simulateur ont pris un café juste avant une sieste de moins de 15 minutes. Les incidents de conduite ont nettement plus baissé qu’avec le café seul. L’idée : la caféine met un certain temps à agir et prend le relais au réveil. Ce résultat, obtenu chez 12 personnes, reste à confirmer.

Le contenu de l’assiette

Une méta-analyse de 31 études, publiée dans Neuroscience and Biobehavioral Reviews, a balayé l’idée du « coup de fouet » sucré. Dans l’heure qui suit, les glucides augmentent la fatigue et diminuent la vigilance par rapport à un placebo. Ils n’améliorent l’humeur à aucun moment.

Les repas très gras posent aussi question. Dans une petite étude publiée dans Physiology and Behavior, un repas riche en graisses a entraîné plus de somnolence deux à trois heures après qu’un repas riche en glucides. Les données restent minces. Un repas de taille raisonnable, avec des légumes, une source de protéines et des céréales complètes, reste le choix le plus prudent.

Marcher quelques minutes

Une méta-analyse publiée dans Sports Medicine montre qu’interrompre la position assise par de la marche légère réduit le pic de glycémie et d’insuline après le repas. Son effet direct sur le coup de barre est peu étudié, mais quelques minutes de marche après le déjeuner ne coûtent rien.

Quand la somnolence est excessive

Si la somnolence de l’après-midi est quotidienne et irrésistible, surtout avec des ronflements forts ou des pauses respiratoires la nuit, il faut penser à une apnée du sommeil, des arrêts répétés de la respiration pendant le sommeil. L’Académie américaine de médecine du sommeil recommande alors un enregistrement du sommeil, prescrit par le médecin.

Ce que propose la médecine chinoise

La tradition chinoise lit le coup de barre après le repas comme un signe de Vide de Qi de la Rate. Dans ce système, la Rate « transforme » les aliments en énergie. Quand elle est affaiblie, le repas pèse : lourdeur, envie de dormir, ballonnements. Une Humidité, que la tradition attribue notamment à une alimentation trop riche ou trop sucrée, alourdit encore le tableau.

La pharmacopée traditionnelle associe à ce tableau le rhizome d’atractylode blanc (bai zhu), le champignon poria (fu ling) et l’écorce de mandarine (chen pi). Ces remèdes restent peu étudiés chez l’humain et ne remplacent pas la recherche d’une cause médicale.

Quand consulter

Parlez-en à votre médecin si la somnolence est quotidienne malgré des nuits suffisantes. Consultez sans attendre si vous vous endormez au volant ou en pleine activité, si la somnolence s’accompagne d’une soif intense, d’urines abondantes et d’un amaigrissement, signes possibles d’un diabète, ou si vous faites des malaises avec sueurs, tremblements et confusion quelques heures après les repas.

À retenir

  • Le creux du début d’après-midi est en partie naturel, même sans repas ;
  • Une sieste d’une dizaine de minutes améliore la vigilance plus de deux heures ;
  • Les sucres rapides au repas augmentent la fatigue dans l’heure qui suit ;
  • Quelques minutes de marche réduisent le pic de glycémie ;
  • Une somnolence irrésistible et quotidienne n’est pas normale.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Une sieste d'une dizaine de minutes est-elle utile ?

  2. 02Le sucre donne-t-il un coup de fouet après le repas ?

  3. 03Marcher après le repas sert-il à quelque chose ?

  4. 04Un café pris juste avant une courte sieste peut-il aider ?

  5. 05Une somnolence irrésistible chaque après-midi, avec ronflements forts la nuit, doit-elle faire consulter ?

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Envoyez-la : ce que dit la science, ce qui aide dans l’assiette, ce qu’en dit la tradition chinoise et les signes qui doivent faire consulter.

Sources

  1. Brooks A, Lack L. A brief afternoon nap following nocturnal sleep restriction: which nap duration is most recuperative? Sleep. 2006;29(6):831-840.
  2. Mantantzis K, Schlaghecken F, Sünram-Lea SI, Maylor EA. Sugar rush or sugar crash? A meta-analysis of carbohydrate effects on mood. Neurosci Biobehav Rev. 2019;101:45-67.
  3. Buffey AJ, et al. The Acute Effects of Interrupting Prolonged Sitting Time in Adults with Standing and Light-Intensity Walking on Biomarkers of Cardiometabolic Health in Adults: A Systematic Review and Meta-analysis. Sports Med. 2022;52(8):1765-1787.
  4. Kapur VK, Auckley DH, Chowdhuri S, et al. Clinical Practice Guideline for Diagnostic Testing for Adult Obstructive Sleep Apnea: An American Academy of Sleep Medicine Clinical Practice Guideline. J Clin Sleep Med. 2017;13(3):479-504.
  5. Reyner LA, Horne JA. Suppression of sleepiness in drivers: combination of caffeine with a short nap. Psychophysiology. 1997;34(6):721-725.
  6. Wells AS, Read NW, Uvnas-Moberg K, Alster P. Influences of fat and carbohydrate on postprandial sleepiness, mood, and hormones. Physiol Behav. 1997;61(5):679-686.
  7. Monk TH. The post-lunch dip in performance. Clin Sports Med. 2005;24(2):e15-e23.
  8. Bensky D, Clavey S, Stöger E, Gamble A. Chinese Herbal Medicine: Materia Medica. 3e éd. Seattle : Eastland Press ; 2004. ISBN 978-0-939616-42-8.
  9. Maciocia G. Les principes fondamentaux de la médecine chinoise. 3e éd. Issy-les-Moulineaux : Elsevier Masson ; 2018. ISBN 978-2-294-75238-4.

Cette page explique, elle ne remplace pas l’avis d’un médecin. La médecine chinoise y est présentée comme une tradition, pas comme une preuve d’efficacité.

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