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Graisses fécales

Aussi appelée Stéatorrhée · Dosage des graisses fécales · Lipides fécaux

Le dosage des graisses fécales mesure la quantité de lipides non absorbés qui sont éliminés dans les selles. C'est la méthode de référence pour confirmer une stéatorrhée, c'est-à-dire une malabsorption des graisses.

Recueil de sellesFamille : digestion et intestinPreuve courante

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En bref

L'analyse mesure la quantité de graisses éliminées dans les selles sur une période de recueil définie. Elle montre si les graisses du repas sont correctement digérées puis absorbées par l'intestin.

À lire avec

Recueil de sellesBilans de malabsorption et de suspicion d'insuffisance pancréatique, souvent avec l'élastase pancréatique fécale ; le test respiratoire aux triglycérides marqués au carbone 13 est une alternative.

g/24 hPreuve courante

Profil sportif

Des selles grasses avec amaigrissement ne sont pas liées à l'effort et justifient un avis médical. Un régime très riche en graisses (cétogène, par exemple) augmente la quantité de graisses à absorber et peut modifier le résultat : signalez-le au laboratoire. Aucun repère propre aux sportifs n'est publié dans les sources vérifiées.

Pourquoi on la demande

  • Selles volumineuses, pâles, grasses, malodorantes ou difficiles à chasser
  • Perte de poids inexpliquée ou diarrhée chronique
  • Suspicion d'insuffisance pancréatique exocrine (pancréatite chronique, chirurgie du pancréas ou de l'estomac)
  • Suspicion de malabsorption intestinale, par exemple maladie cœliaque
  • Suivi d'une mucoviscidose ou vérification d'un traitement par enzymes pancréatiques

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur haute

  • Insuffisance pancréatique exocrine (pancréatite chronique, chirurgie du pancréas)
  • Atteinte de la paroi de l'intestin grêle (maladie cœliaque, maladie de Crohn du grêle)
  • Chirurgie digestive : gastrectomie, résection pancréatique, grêle court
  • Défaut de bile (cholestase, atteinte des voies biliaires)
  • Mucoviscidose
  • Pullulation bactérienne du grêle
  • Médicaments qui bloquent la lipase (orlistat)

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Recueil incomplet : une selle oubliée ou un recueil trop court sous-estime le résultat
  • Apport en graisses pendant le recueil : un régime sans graisses rend le dosage inutile, un régime très gras le fait monter
  • Enzymes pancréatiques prises pendant le recueil, qui diminuent la perte de graisses
  • Médicaments qui bloquent l'absorption des graisses (orlistat) ou laxatifs huileux (huile de paraffine)
  • Diarrhée aiguë liquide, qui complique le recueil et dilue l'échantillon
  • Contact avec l'urine ou l'eau de la cuvette
  • Méthode du laboratoire : les techniques classiques sont peu précises et varient d'un laboratoire à l'autre

Ce que mesure l’analyse

Après un repas, les graisses sont digérées par la lipase du pancréas, aidée par la bile qui les émulsionne. Les produits de cette digestion sont ensuite absorbés par la paroi de l’intestin grêle. Une très petite part des graisses ingérées se retrouve normalement dans les selles.

Le dosage des graisses fécales mesure cette part. Quand elle augmente, on parle de stéatorrhée : un excès de graisses dans les selles, signe que les graisses ont été mal digérées ou mal absorbées. Les selles sont alors souvent volumineuses, pâles, grasses, malodorantes et difficiles à chasser.

La stéatorrhée n’est pas une maladie. C’est un signe, qui renvoie à trois grandes familles de causes : un déficit de lipase (pancréas), un manque de bile (foie, voies biliaires) ou une atteinte de la paroi intestinale.

Comment se passe le prélèvement

C’est l’un des prélèvements les plus contraignants de la biologie. Le laboratoire demande de recueillir toutes les selles émises pendant plusieurs jours consécutifs, dans un grand récipient fourni, conservé au frais. La durée exacte est fixée par le laboratoire.

  • Suivez les consignes d’alimentation : on mange normalement, avec un apport en graisses régulier, souvent précisé par le laboratoire. Un régime sans graisses rendrait l’analyse inutile.
  • N’oubliez aucune selle : un recueil incomplet sous-estime le résultat.
  • Évitez le contact avec l’urine et l’eau de la cuvette.
  • Prévenez le laboratoire de tout médicament ou laxatif pris pendant la période.

Cette lourdeur explique pourquoi d’autres tests sont parfois préférés (voir plus bas).

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en grammes de graisses par 24 heures. Le repère de cette fiche est une limite haute de normale de 7 g par 24 heures chez l’adulte. Au-delà, on parle de stéatorrhée. Plus la valeur est haute, plus la malabsorption est marquée.

Le chiffre se lit avec le contexte : apport réel en graisses, durée et exhaustivité du recueil, symptômes, perte de poids, carences en vitamines liposolubles (A, D, E, K). Les variations « normales » viennent surtout de l’alimentation et de la qualité du recueil.

Attention à la méthode. Les techniques classiques, comme la titrimétrie de Van de Kamer, sont peu précises, et les comparaisons entre laboratoires l’ont montré (Jakobs et al., 2000)1. Un résultat proche du seuil appelle donc de la prudence, et un second dosage si la question clinique le justifie.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est courant. La quantification des graisses fécales fait partie des méthodes les plus exactes pour établir une insuffisance pancréatique exocrine, avec le test respiratoire aux triglycérides marqués au carbone 13 (Lindkvist, 2013)2. Elle reste la référence pour la stéatorrhée, mais sa lourdeur pousse à chercher des alternatives.

La plus connue est l’élastase fécale-1, une enzyme pancréatique dosée sur une seule selle. Dans une étude chez des patients atteints de maladies du pancréas, une stéatorrhée n’était attendue chez les patients non opérés que si l’élastase était très basse. Après une chirurgie du pancréas, la stéatorrhée pouvait être présente alors que l’élastase n’était que légèrement abaissée, et elle était nettement plus marquée que chez les patients non opérés. L’élastase ne remplace donc pas le dosage des graisses dans ce cas (Benini et al., 2012)3.

L’insuffisance pancréatique est fréquente après une chirurgie de l’estomac, du duodénum ou du pancréas : elle peut toucher jusqu’à 80 % des patients. Les spécialistes notent que la quantification des graisses fécales est longue et pas toujours disponible, et que le test respiratoire aux triglycérides marqués au carbone 13 en est une alternative exacte après chirurgie (Domínguez-Muñoz, 2009)4.

Dans la mucoviscidose, la malabsorption peut persister malgré le traitement enzymatique. Dans une petite étude chez des enfants traités, la perte fécale représentait 35,3 % des graisses ingérées, contre 8,0 % chez les témoins (Vaisman et al., 1992)5.

La limite principale est que le dosage dit qu’il y a une perte de graisses, pas pourquoi. Il faut ensuite chercher la cause : pancréas, bile ou intestin. Ce travail revient au médecin.

Les analyses à associer

  • l’élastase pancréatique fécale, pour juger la fonction du pancréas ;
  • la lipase, utile surtout en phase aiguë ;
  • les anticorps anti-transglutaminase IgA, pour la maladie cœliaque ;
  • le bêta-carotène, un pigment liposoluble qui baisse quand les graisses sont mal absorbées.

À retenir

  • La stéatorrhée est un excès de graisses dans les selles, avec une limite haute de 7 g par 24 heures dans cette fiche.
  • Le recueil dure plusieurs jours : il doit être complet et fait avec une alimentation normale.
  • L’élastase fécale peut être normale malgré une stéatorrhée, surtout après une chirurgie du pancréas.
  • Les méthodes de dosage varient : un résultat limite demande de la prudence.
  • Le résultat ne donne pas la cause : il se discute avec un médecin.

Sources éditoriales et fact-checking5 sources vérifiées5 études[+]

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Quelle est la limite haute habituelle des graisses fécales chez l'adulte dans cette fiche ?

  2. 02Faut-il jeûner pendant le recueil ?

  3. 03Quel examen de selles est une alternative plus simple pour repérer une insuffisance pancréatique ?

  4. 04Après une chirurgie du pancréas, une élastase peu abaissée exclut-elle une stéatorrhée ?

  5. 05Pourquoi les résultats peuvent-ils différer d'un laboratoire à l'autre ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil et ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.