Ce que mesure l’analyse
L’acide adipique est un acide dicarboxylique à six atomes de carbone. Il se forme quand les acides gras sont dégradés par la voie d’oméga-oxydation, une voie de secours qui ajoute un deuxième groupement acide à l’extrémité d’un acide gras, puis par raccourcissement de la chaîne par bêta-oxydation. Cette voie est sollicitée quand la bêta-oxydation mitochondriale habituelle est saturée ou défaillante.
Dans les urines, l’acide adipique accompagne les acides subérique (huit carbones) et sébacique (dix carbones). Ensemble, ils forment le profil des acides dicarboxyliques.
Comment se passe le prélèvement
Il s’agit d’un échantillon d’urine, souvent les premières du matin. Signalez au laboratoire tout régime riche en triglycérides à chaîne moyenne, tout supplément d’huile MCT, un jeûne récent ou un régime cétogène. Ces situations modifient fortement le résultat. Suivez les consignes de conservation.
Comment lire le résultat
Les repères sont propres à chaque laboratoire : nous n’affichons pas de cadran, faute d’article PubMed vérifié publiant un intervalle de référence adulte. À titre d’ordre de grandeur, chez des nourrissons nourris au lait standard sans MCT ajouté, la moyenne de l’acide adipique était de 32,07 mmol/mol de créatinine, sans variation liée à la teneur en MCT du lait (Anderson et al., 2016)1. Il s’agit d’une moyenne observée chez des nourrissons, pas d’une norme pour l’adulte.
L’acide adipique se lit avec l’acide subérique et l’acide sébacique, avec les acylcarnitines et l’alimentation du moment. Une valeur isolée, après un supplément d’huile MCT, n’a pas de portée pathologique.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est courant pour l’orientation devant une aciduria dicarboxylique. Les valeurs seuils ne sont pas harmonisées.
Chez des nouveau-nés prématurés nourris avec une formule riche en triglycérides à chaîne moyenne, l’excrétion d’adipate, de subérate et de sébacate augmentait nettement par rapport à une formule pauvre en MCT (Whyte et al., 1986)2.
Dans la déficience en acyl-CoA déshydrogénase à chaîne moyenne, l’excrétion des acides adipique, subérique et sébacique est substantielle (Gregersen et al., 1983)3.
Chez le rat, le rapport acide adipique sur acide sébacique reflétait la vitesse d’oxydation des acides gras : il augmentait avec le jeûne, le régime gras et le diabète, et tous les rats avec un rapport élevé étaient cétosiques (Mortensen, 1981)4. Ce résultat vient d’un modèle animal : il n’a pas été validé chez l’humain.
Ce qui n’est pas démontré : qu’un taux d’acide adipique urinaire donné chez un adulte en bonne santé prédise un risque, ou qu’il serve à piloter un régime.
Les analyses à associer
- Acide subérique et acide sébacique : les deux autres dicarboxyliques.
- Acylcarnitines : pour confirmer un trouble de l’oxydation.
- Carnitine libre et totale : statut en carnitine.
À retenir
- L’acide adipique est un acide dicarboxylique produit par une voie de secours de l’oxydation des acides gras.
- L’huile MCT, le jeûne et la cétose l’augmentent sans maladie.
- Il est nettement élevé dans la déficience en MCAD.
- Il se lit avec les acides subérique et sébacique.
- Chaque laboratoire a ses normes.
Sources éditoriales et fact-checking4 sources vérifiées4 études