Ce que mesure l’analyse
L’acide 4-hydroxybutyrique, ou GHB (gamma-hydroxybutyrate), est un acide gras à chaîne courte présent naturellement dans le cerveau des mammifères. Il est aussi prescrit comme médicament contre la narcolepsie et détourné comme drogue, notamment dans les soumissions chimiques (Steuer et al., 2019)1. Le même article indique que sa fenêtre de détection dans les urines est courte, inférieure à 12 heures, en raison d’un métabolisme rapide.
Dans un profil d’acides organiques, il est dosé parmi d’autres acides pour repérer des maladies métaboliques. Il est élevé dans le déficit en succinique semialdéhyde déshydrogénase, une maladie héréditaire rare de la dégradation du GABA, le principal neurotransmetteur inhibiteur du cerveau.
Comment se passe le prélèvement
Il s’agit d’un recueil d’urines. Les consignes (moment, préparation, conservation) varient selon les laboratoires : suivez celles qui vous sont remises. Prévenez le prélèvement de tout médicament, notamment un traitement par oxybate. Les urines sont généralement conservées au froid ou congelées avant l’envoi.
Comment lire le résultat
Dans un profil d’acides organiques, le résultat est exprimé en mmol/mol de créatinine. Dans les études toxicologiques, il est le plus souvent exprimé en mg/L. Les repères sont propres à chaque laboratoire et à sa méthode ; comparez toujours à l’intervalle de votre compte rendu.
Chez 119 personnes sans exposition connue au GHB, le maximum urinaire était de 3 mg/L, et les valeurs variaient d’un jour à l’autre chez une même personne, indépendamment de la créatinine, sans effet net du type d’alimentation. Les auteurs soutiennent un seuil d’interprétation de 10 mg/L dans les urines, en dessous duquel il n’est pas possible de dire si le GHB est naturel ou ingéré (Elliott, 2003)2. Une étude plus récente a mesuré 132 volontaires : les concentrations urinaires de GHB allaient de moins de 0,03 à 1,94 mg/L (Jarsiah et al., 2020)3.
La grossesse est une situation particulière. Dans une étude de 66 femmes enceintes et 69 témoins, le GHB urinaire était 1,5 fois plus élevé chez les femmes enceintes, mais sans différence après correction par la créatinine. Les dosages qui ne séparent pas le GHB de l’acide bêta-hydroxybutyrique exposent à de faux positifs (Raknes et al., 2010)4.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est « émergente » pour une lecture en bilan fonctionnel : les données viennent surtout de la toxicologie médico-légale, pas de la médecine du sport ou de la nutrition.
Ce qui est établi : le GHB est produit naturellement, existe à de faibles concentrations dans les urines, et disparaît vite après une prise. Ce qui n’est pas démontré : qu’une valeur légèrement élevée, sans médicament ni maladie connue, ait une signification pour la santé. Les repères dépendent du laboratoire et de la méthode.
Les analyses à associer
Les acides glycolique et succinique, ainsi que le 2,4-dihydroxybutyrique, sont des métabolites du GHB qui peuvent monter après une prise (Jarsiah et al., 2020). L’acide 3-hydroxybutyrique se lit en parallèle, car certains dosages le confondent avec le GHB. Le profil des acides organiques complet permet de replacer l’ensemble.
À retenir
- Le GHB est une molécule naturelle du cerveau, aussi médicament et drogue.
- Un GHB détectable n’est pas une preuve de consommation.
- Il disparaît vite des urines, en moins de 12 heures après une prise.
- Les repères dépendent du laboratoire et de la méthode.
- Un résultat inhabituel se discute avec un médecin, avec le contexte clinique.
Sources éditoriales et fact-checking4 sources vérifiées4 études