Vous pensez que mesurer votre santé passe par une batterie d’examens complexes ? Détrompez-vous. La réponse pourrait bien se trouver dans un geste simple, presque enfantin : s’asseoir par terre et se relever. Ce test, baptisé sitting-rising test (ou SRT pour les intimes), pourrait prédire combien de temps vous vivrez. Oui, vous avez bien lu. Une étude sérieuse publiée dans l’European Journal of Preventive Cardiology(1) l’affirme avec aplomb. Alors, prêt à vous tester ?
Un test qui ne paye pas de mine
Imaginez la scène : vous êtes debout, pieds nus sur une surface plane. Pas de machine high-tech, pas de coach criant des encouragements. Juste vous, face à une consigne claire : asseyez-vous par terre et relevez-vous, sans utiliser vos mains, vos genoux, ou tout autre appui. Facile ? Pas forcément. Chaque appui coûte un point sur les 10 possibles. Une main posée au sol ? Moins un point. Un genou pour vous stabiliser ? Encore un point en moins.
Ce test, mis au point par le Dr Claudio Gil Soares de Araújo dans les années 1990, est pourtant d’une efficacité redoutable. Il évalue en quelques secondes la force musculaire, la souplesse, l’équilibre et même la composition corporelle. Bref, tout ce que votre corps a de mieux (ou de pire) à offrir.
Mortalité, vieillissement : ce que dit la science
Soyons clairs : ce n’est pas un simple jeu. Les chiffres donnent le ton. Une étude menée sur 4282 personnes âgées de 46 à 75 ans pendant plus de 12 ans a fait des découvertes surprenantes. Résultats ? Ceux qui obtiennent un score parfait de 10 affichent un taux de mortalité de seulement 3,7 %. Mais pour les scores inférieurs à 4, la donne change radicalement : la probabilité de mourir grimpe à 42 %. Vous avez bien lu. Plus de quatre fois plus de risques de ne pas passer la prochaine décennie.
Pire encore, les chercheurs ont établi que les plus mauvais scores (0 à 4) sont associés à un risque multiplié par six de mourir d’une cause cardiovasculaire. Pourquoi ? Parce que ce test ne se contente pas d’évaluer votre souplesse ou votre force. Il est aussi le reflet de votre santé globale. Vos muscles, votre équilibre, votre capacité à bouger : tout est lié à votre système cardiovasculaire et respiratoire.
Pourquoi ce test fait-il trembler les statistiques ?
En quoi un simple mouvement peut-il en dire long sur votre avenir ? La réponse tient en un mot : intégration. Le SRT ne mesure pas un seul paramètre, mais plusieurs à la fois. Votre force musculaire, par exemple, est essentielle pour éviter les chutes. Votre équilibre, lui, devient crucial en vieillissant. Et que dire de votre souplesse, qui reflète la santé de vos articulations et de vos tissus conjonctifs ? En combinant tout cela, le SRT offre un aperçu global de votre condition physique.
Mais ce n’est pas tout. Ce test met aussi en lumière un phénomène souvent négligé : la dynapénie. Ce terme un peu barbare désigne la perte de puissance musculaire liée à l’âge. Or, cette faiblesse musculaire est un indicateur majeur de la mortalité chez les seniors. Si vous n’avez pas la force de vous relever du sol, que se passera-t-il si vous tombez ? Les statistiques sur les fractures de la hanche sont là pour vous rappeler la dure réalité.
Le test qui vous met face à vous-même
Une chose est sûre : le SRT ne triche pas. Il vous confronte à ce que vous êtes ici et maintenant. Il ne se contente pas de juger vos muscles ou votre souplesse. Il évalue ce que votre corps peut accomplir dans le quotidien. Pouvez-vous ramasser un objet tombé au sol sans vaciller ? Vous relever d’une position assise sans aide ? Ces gestes, qui paraissent si simples, deviennent des défis colossaux avec l’âge.
Et c’est là que tout bascule : le SRT est un miroir. Il reflète votre état physique actuel, mais aussi tout ce que vous avez (ou n’avez pas) fait pour l’entretenir. Ce n’est pas seulement un test, c’est un appel à l’action.
Vous avez un score bas ? Pas de panique
Pour ceux qui peinent à atteindre un score correct, le verdict peut sembler brutal. Mais il n’est jamais trop tard pour agir. Le Dr Araújo lui-même insiste sur ce point : un score faible n’est pas une fatalité. C’est un point de départ.
Alors, par où commencer ? Pas besoin de vous lancer dans une préparation olympique. Quelques ajustements simples suffisent. Relevez-vous d’une chaise plusieurs fois par jour. Développez votre équilibre avec une pratique régulière du yoga ou du tai-chi. Travaillez votre souplesse avec des étirements. Et surtout, ne négligez pas votre force : des exercices comme les squats, même légers, peuvent faire des merveilles.
Un test pour tous ?
Le SRT s’adresse avant tout aux adultes en bonne santé, sans limitations physiques majeures. Les femmes enceintes, les personnes très âgées ou celles souffrant de handicaps doivent l’éviter. Mais pour le reste d’entre nous, il offre une opportunité rare : celle de prendre conscience de notre état physique et d’agir avant qu’il ne soit trop tard.
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Sources éditoriales et fact-checking