Aller au contenu

Acide 3-hydroxy-3-méthylglutarique

Aussi appelée HMG · Acide 3-hydroxy-3-méthylglutarique urinaire · 3-hydroxy-3-méthylglutarate · Acide HMG

L'acide 3-hydroxy-3-méthylglutarique (HMG) est un acide organique urinaire issu d'un carrefour entre la dégradation de la leucine, la production de corps cétoniques et la voie du cholestérol. Son dosage est établi pour dépister un déficit héréditaire rare ; son usage dans les bilans fonctionnels reste en revanche peu étayé.

Recueil d’urinesFamille : acides organiques : glycolyse et cycle de krebsPreuve émergente

Testez-vous en 5 questions

En bref

L'HMG est un acide organique que l'organisme élimine dans les urines. Il reflète le fonctionnement d'un carrefour métabolique impliqué dans la dégradation de la leucine et la fabrication des corps cétoniques.

À lire avec

Recueil d’urinesProfil des acides organiques urinaires ; en cas de dépistage néonatal positif, profil des acylcarnitines (C5-OH) puis acides organiques urinaires en confirmation ; certains laboratoires proposent l'HMG couplé à la coenzyme Q10.

mmol/mol de créatininePreuve émergente

Profil sportif

Aucune étude vérifiée ne fournit de repère chez le sportif. Le jeûne prolongé, l'effort long et les régimes très pauvres en glucides sollicitent la production de corps cétoniques, voie où intervient l'HMG-CoA lyase ; une valeur isolée ne se lit donc pas sans ce contexte. Si un résultat sort de la fourchette de votre laboratoire, un nouveau recueil en conditions habituelles, à discuter avec un médecin, vient avant toute conclusion.

Pourquoi on la demande

  • Confirmer ou écarter un déficit en HMG-CoA lyase après un dépistage néonatal anormal (acylcarnitine C5-OH élevée).
  • Explorer une hypoglycémie sans corps cétoniques, avec acidose, chez un nourrisson ou un enfant.
  • Chercher une cause métabolique à des crises neurologiques ou hépatiques survenues lors d'un jeûne ou d'une infection, y compris chez l'adolescent ou l'adulte.
  • Compléter un profil d'acides organiques urinaires prescrit pour une exploration métabolique générale.
  • Parfois, dans un bilan fonctionnel de personnes sous statine : l'intérêt est ici non démontré.

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur haute

  • Variation modérée liée à l'état de jeûne, à l'alimentation ou à l'effort : piste à vérifier par un nouveau recueil dans de bonnes conditions.
  • Traitement par statine : hypothèse mécanistique, non démontrée par les études que nous avons pu vérifier.
  • Déficit en HMG-CoA lyase, maladie héréditaire rare : l'HMG est alors très élevé, avec les acides 3-méthylglutaconique, 3-méthylglutarique et 3-hydroxyisovalérique.

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Jeûne prolongé ou repas très pauvre en glucides : la voie de la leucine et des corps cétoniques, où se situe l'HMG, est sollicitée.
  • Alimentation très riche en protéines ou compléments d'acides aminés (leucine) : ils peuvent modifier le profil, sans seuil validé.
  • Effort intense récent : à signaler au laboratoire.
  • Traitements, en particulier les statines : leur cible biochimique est voisine, donc à signaler systématiquement.
  • Urine très diluée ou très concentrée : le résultat est rapporté à la créatinine pour limiter ce biais.
  • Conservation et délai d'envoi : les consignes (froid, congélation, durée) varient selon le laboratoire.
  • Variations de méthode d'un laboratoire à l'autre : ne comparez que des résultats du même laboratoire.

Ce que mesure l’analyse

L’acide 3-hydroxy-3-méthylglutarique, ou HMG, est un acide organique : une petite molécule issue du métabolisme, que l’organisme élimine dans les urines. Il dérive de l’HMG-CoA, un intermédiaire situé à un carrefour de deux voies.

La première dégrade la leucine, un acide aminé, puis fabrique des corps cétoniques, ces molécules produites par le foie quand le glucose manque, par exemple pendant le jeûne. L’enzyme qui coupe l’HMG-CoA dans cette voie se nomme HMG-CoA lyase. La seconde est la voie du mévalonate, qui mène au cholestérol et à la coenzyme Q10. Son enzyme de contrôle, l’HMG-CoA réductase, est la cible des statines.

Quand l’HMG-CoA lyase fonctionne mal, l’HMG s’accumule et passe dans les urines. Le tableau typique du déficit en HMG-CoA lyase associe alors l’HMG à trois autres acides : 3-méthylglutaconique, 3-méthylglutarique et 3-hydroxyisovalérique (Santarelli et al., 2013)1.

Comment se passe le prélèvement

Il s’agit d’un recueil d’urines dans un flacon fourni par le laboratoire. Les consignes varient d’un laboratoire à l’autre : moment du recueil (souvent la première urine du matin), jeûne éventuel, conservation au froid ou congélation, délai d’envoi. Suivez celles de la notice.

Signalez vos traitements, vos compléments, un jeûne ou un effort récent. Ces éléments comptent ici, car la voie de la leucine et des corps cétoniques réagit à l’état de jeûne et à l’alimentation.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en général en mmol par mol de créatinine. Rapporter la valeur à la créatinine corrige l’effet d’une urine plus ou moins diluée.

Pour ce test spécialisé, les repères sont propres à chaque laboratoire, selon sa méthode de mesure et la population qui a servi à les établir. Nous ne publions donc aucune valeur chiffrée : aucun article PubMed vérifié ne fournit de repère applicable à tous les laboratoires. Comparez votre résultat à la fourchette imprimée sur votre compte rendu, et suivez vos valeurs dans le même laboratoire.

Ce qui compte vraiment, c’est le motif : un HMG isolé et peu éloigné de la fourchette n’a pas la même portée qu’un HMG élevé accompagné des trois autres acides cités plus haut. Chez le nouveau-né, le chemin habituel commence par un dépistage sanguin qui repère une acylcarnitine appelée C5-OH. Un profil d’acides organiques urinaires vient ensuite confirmer ou non le diagnostic (Menkovic et al., 2025)2.

Ce que dit la science

Ce qui est démontré. Le déficit en HMG-CoA lyase est une maladie héréditaire rare, qui provoque en général des hypoglycémies sans corps cétoniques et une acidose lors des périodes de jeûne ou de stress. Il se révèle surtout chez le nourrisson, mais des crises hypoglycémiques et des symptômes neurologiques ont été décrits aussi chez l’adolescent et l’adulte (Fukao et al., 2014)3. Les formes tardives restent exceptionnelles : seuls deux cas adultes avaient été rapportés avant la découverte fortuite chez un patient de 54 ans (Boutouchent et al., 2021)4.

Ce qui est étudié. Des travaux sur des modèles animaux et des tissus humains suggèrent que les acides qui s’accumulent dans ce déficit favorisent un stress oxydant, une agression chimique des cellules, au niveau du cerveau et du foie (Leipnitz et al., 2015)5. C’est une piste de recherche sur le mécanisme de la maladie, pas un outil de lecture de votre résultat.

Ce qui n’est pas démontré. Certains laboratoires présentent l’HMG urinaire comme un témoin de l’effet des statines ou du besoin en coenzyme Q10. Le raisonnement est biologiquement plausible : les statines bloquent la voie qui mène à la coenzyme Q10. Une méta-analyse de douze essais randomisés a bien montré que les statines font baisser la coenzyme Q10 circulante (Qu et al., 2018)6. Mais une supplémentation en coenzyme Q10 n’a pas soulagé les douleurs musculaires sous statine dans une méta-analyse de sept essais contre placebo (Kennedy et al., 2020)7.

Nous n’avons pas retrouvé d’étude PubMed vérifiée montrant que l’HMG urinaire reflète l’effet d’une statine ou guide une supplémentation. Hors dépistage des maladies héréditaires, son intérêt reste émergent : niveau de preuve « c ».

Les analyses à associer

  • Acides 3-méthylglutaconique, 3-méthylglutarique et 3-hydroxyisovalérique : ils forment avec l’HMG le motif qui oriente vers un déficit en HMG-CoA lyase.
  • Acylcarnitines : leur profil sanguin est l’examen de dépistage et de confirmation habituel.
  • Profil des acides organiques urinaires : il place l’HMG dans un tableau d’ensemble plutôt que de le lire seul.
  • Coenzyme Q10 : à envisager seulement si votre médecin se pose la question d’un traitement par statine, avec les limites décrites plus haut.

À retenir

  • L’HMG est un intermédiaire du métabolisme de la leucine et des corps cétoniques, mesuré dans les urines.
  • Son usage établi concerne le diagnostic du déficit en HMG-CoA lyase, une maladie rare, repérée par le motif de quatre acides et non par l’HMG seul.
  • Chaque laboratoire a ses normes : comparez-vous à la fourchette de votre compte rendu, pas à une valeur trouvée ailleurs.
  • Un lien entre HMG urinaire, statines et coenzyme Q10 reste une hypothèse non démontrée par les études vérifiées.
  • Une valeur hors fourchette est une piste à discuter avec un médecin, pas un diagnostic.

Sources éditoriales et fact-checking7 sources vérifiées5 études2 méta-analyses[+]

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Que mesure l'analyse de l'acide 3-hydroxy-3-méthylglutarique urinaire ?

  2. 02Une valeur isolée légèrement haute signe-t-elle une maladie ?

  3. 03Les repères de cette analyse sont-ils les mêmes partout ?

  4. 04Une supplémentation en coenzyme Q10 soulage-t-elle les douleurs musculaires liées aux statines ?

  5. 05Le déficit en HMG-CoA lyase ne concerne-t-il que le nouveau-né ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.