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Recherches santé · Reins et vessie

Envies fréquentes d’uriner

Aussi : pollakiurie, vessie hyperactive, urgenturie, nycturie

Uriner trop souvent gâche les journées et les nuits. Voici les causes fréquentes, ce qui aide selon les études, ce qu'en dit la médecine chinoise et quand consulter.

🔬 Ce que dit la science

Rééduquer sa vessie

Le NICE recommande en première intention un entraînement de la vessie d'au moins six semaines chez la femme. Il consiste à espacer peu à peu les passages aux toilettes.

Recommandé · NICE 2019

Réduire la caféine

Le NICE recommande d'essayer de réduire la caféine (café, thé, colas, boissons énergisantes) en cas de vessie hyperactive.

Recommandé · NICE 2019

Boire ni trop, ni trop peu

Le NICE conseille d'ajuster les boissons quand elles sont trop abondantes ou trop faibles. Boire le moins possible n'est pas la solution.

Recommandé · NICE 2019

Perdre du poids en cas d'obésité

Le NICE conseille de perdre du poids aux personnes dont l'indice de masse corporelle dépasse 30 et qui ont une vessie hyperactive ou des fuites.

Recommandé · NICE 2019

Médicaments de la vessie hyperactive

Des médicaments existent quand les mesures sans médicament ne suffisent pas. Le choix se fait avec le médecin, selon les symptômes, les préférences et les effets indésirables.

Avec le médecin · AUA/SUFU 2024

Plantes et thérapies complémentaires

Le NICE ne recommande pas les thérapies complémentaires contre l'incontinence ou la vessie hyperactive, faute de preuves.

Non démontré · NICE 2019

🥗 Dans l’assiette · NutriLoupe

Alcool pour une portion (Ciqual). L'alcool augmente la production d'urine : mieux vaut le limiter, surtout le soir.

🔎 Les moins riches en alcool

☯️ La médecine chinoise

La tradition chinoise rattache le contrôle des urines au Rein, qui « tient » la Vessie. Des mictions fréquentes et claires, avec fatigue et frilosité, y sont décrites comme un vide de Qi du Rein (le Rein « ne retient plus ») ou un vide de Yang du Rein. Quand les urines sont foncées et brûlantes, elle parle de Chaleur-Humidité dans la Vessie.

Fruit d'alpinia (Alpinia oxyphylla) (yi zhi ren)

PiquantTièdeRate · Rein

Science : peu étudié

Racine de lindera (wu yao)

PiquantTièdePoumon · Rate · Rein · Vessie

Science : peu étudié

Igname de Chine (shan yao)

DouxNeutrePoumon · Rate · Rein

Science : peu étudié
Tradition · pas une preuve d’efficacité

Consultez sans attendre si vous voyez du sang dans les urines, si uriner brûle avec de la fièvre ou une douleur dans le dos, si vous avez très soif, urinez beaucoup et maigrissez, si vous n'arrivez plus à uriner ou si le jet devient très faible, ou si des fuites apparaissent avec une faiblesse des jambes ou une perte de sensibilité entre les cuisses (urgence).

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Ce qui se passe dans le corps

La vessie se remplit peu à peu, puis envoie au cerveau un signal de besoin. Uriner plus souvent que d’habitude s’appelle la pollakiurie. Se lever la nuit pour uriner s’appelle la nycturie. Un besoin soudain et pressant, difficile à retenir, s’appelle l’urgenturie.

Quand l’urgenturie s’associe à des envies fréquentes, souvent avec des levers la nuit, on parle de vessie hyperactive. Chez beaucoup de personnes, le muscle de la vessie se contracte alors de façon involontaire pendant le remplissage. Elle touche les femmes comme les hommes.

Les causes les plus fréquentes

  • Les boissons : boire beaucoup, surtout le soir, ou consommer de la caféine et de l’alcool.
  • Une infection urinaire : brûlures, urines troubles ou malodorantes.
  • La vessie hyperactive, sans autre cause retrouvée.
  • Chez l’homme, une prostate augmentée de volume qui gêne la vidange de la vessie.
  • Le diabète : trop de sucre dans le sang fait uriner davantage et donne soif.
  • Certains médicaments, comme les diurétiques, qui augmentent la production d’urine.

Pour faire le tri, le NICE recommande une bandelette urinaire et, chez la femme, un calendrier mictionnel : noter pendant au moins trois jours les heures et volumes des urines et des boissons. Chez l’homme, il recommande aussi une bandelette urinaire et un tableau de fréquence et de volume des mictions (NICE CG97).

Ce qui aide, selon les études

Rééduquer sa vessie

L’entraînement de la vessie consiste à espacer peu à peu les passages aux toilettes, pour que la vessie se remplisse davantage. Le NICE le recommande en première intention chez la femme, pendant au moins six semaines. Chez l’homme, il recommande un entraînement supervisé, avec des conseils sur les boissons et le mode de vie. Une revue Cochrane juge toutefois les preuves encore limitées, avec de petits essais de qualité variable.

La rééducation du périnée (exercices des muscles du plancher pelvien) réduit les fuites urinaires chez la femme, parfois jusqu’à les faire disparaître, selon une revue Cochrane de 2018. Elle a surtout été étudiée pour les fuites à l’effort.

Ajuster ce que l’on boit

Le NICE recommande d’essayer de réduire la caféine (café, thé, colas, boissons énergisantes) en cas de vessie hyperactive. Il conseille aussi d’ajuster les boissons quand elles sont trop abondantes ou trop faibles : boire le moins possible n’est pas une solution. En cas d’obésité (indice de masse corporelle supérieur à 30), perdre du poids est recommandé.

Les médicaments, si besoin

Quand ces mesures ne suffisent pas, des médicaments de la vessie hyperactive existent. Les recommandations américaines AUA/SUFU (2024) insistent sur une décision partagée entre le patient et le médecin, selon les symptômes, les préférences et les effets indésirables. Le NICE rappelle que les effets à long terme de certains de ces médicaments sur la mémoire sont encore mal connus, ce qui compte surtout chez les personnes âgées.

Les remèdes populaires

Le NICE ne recommande pas les thérapies complémentaires contre la vessie hyperactive. Les graines de courge, souvent citées, n’ont été testées que dans de petites études : l’une d’elles, japonaise, portait sur 45 personnes et n’avait pas de groupe témoin (Nishimura et al., 2014).

Ce que propose la médecine chinoise (une tradition)

Présentée ici comme une tradition, la médecine chinoise rattache le contrôle des urines au Rein, qui « tient » la Vessie. Des mictions fréquentes et claires, avec frilosité ou fatigue, y traduisent un vide de Qi ou de Yang du Rein. Des urines rares, foncées et brûlantes évoquent plutôt une « Chaleur-Humidité » dans la Vessie. Les ouvrages de référence citent la formule Suo quan wan, qui associe le fruit d’alpinia (yi zhi ren), la racine de lindera (wu yao) et l’igname de Chine (shan yao). Ces plantes restent peu étudiées.

Quand consulter

Consultez sans attendre si :

  • vous voyez du sang dans les urines ;
  • uriner brûle et vous avez de la fièvre ou une douleur dans le dos ;
  • vous avez très soif, urinez beaucoup et maigrissez ;
  • vous n’arrivez plus à uriner, ou le jet devient très faible ;
  • des fuites apparaissent avec une faiblesse des jambes ou une perte de sensibilité entre les cuisses : c’est une urgence.

Le NICE fait du sang visible dans les urines, sans infection, un signe d’alerte de cancer de la vessie à partir de 45 ans.

À retenir

  • Uriner souvent a de nombreuses causes : boissons, infection, vessie hyperactive, prostate, diabète, médicaments.
  • L’entraînement de la vessie est le premier traitement recommandé.
  • Réduire la caféine et ajuster ses boissons aide ; boire trop peu n’est pas une solution.
  • Les plantes, dont les graines de courge, n’ont pas fait leurs preuves.
  • Du sang dans les urines, de la fièvre ou un blocage doivent faire consulter sans attendre.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Peut-on rééduquer une vessie qui presse trop souvent ?

  2. 02Réduire le café peut-il aider ?

  3. 03Faut-il boire le moins possible pour uriner moins souvent ?

  4. 04Les graines de courge et autres plantes ont-elles fait leurs preuves ?

  5. 05Quel signe doit faire consulter sans attendre ?

Pour aller plus loin

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Envoyez-la : ce que dit la science, ce qui aide dans l’assiette, ce qu’en dit la tradition chinoise et les signes qui doivent faire consulter.

Sources

  1. NICE. Urinary incontinence and pelvic organ prolapse in women: management. NICE guideline NG123, 2019
  2. NICE. Lower urinary tract symptoms in men: management. Clinical guideline CG97, 2010, mis à jour
  3. Cameron AP, Chung DE, Dielubanza EJ, et al. The AUA/SUFU guideline on the diagnosis and treatment of idiopathic overactive bladder. Neurourol Urodyn. 2024;43(8):1742-1752. doi:10.1002/nau.25532
  4. Wallace SA, Roe B, Williams K, Palmer M. Bladder training for urinary incontinence in adults. Cochrane Database Syst Rev. 2004;(1):CD001308. doi:10.1002/14651858.CD001308.pub2
  5. Dumoulin C, Cacciari LP, Hay-Smith EJC. Pelvic floor muscle training versus no treatment, or inactive control treatments, for urinary incontinence in women. Cochrane Database Syst Rev. 2018;10:CD005654. doi:10.1002/14651858.CD005654.pub4
  6. Nishimura M, Ohkawara T, Sato H, Takeda H, Nishihira J. Pumpkin seed oil extracted from Cucurbita maxima improves urinary disorder in human overactive bladder. J Tradit Complement Med. 2014;4(1):72-74. doi:10.4103/2225-4110.124355
  7. NICE. Suspected cancer: recognition and referral. NICE guideline NG12, 2015, mis à jour
  8. Bensky D, Clavey S, Stöger E. Chinese Herbal Medicine: Materia Medica. 3e éd. (édition portable). Seattle : Eastland Press ; 2015. ISBN 978-0-939616-82-4
  9. Maciocia G. Les principes fondamentaux de la médecine chinoise. 3e éd. Issy-les-Moulineaux : Elsevier Masson ; 2018. ISBN 978-2-294-75238-4
  10. Organisation mondiale de la santé. CIM-11, chapitre 26 : affections relevant de la médecine traditionnelle, module I

Cette page explique, elle ne remplace pas l’avis d’un médecin. La médecine chinoise y est présentée comme une tradition, pas comme une preuve d’efficacité.

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