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Thymine

Aussi appelée 5-méthyluracile

La thymine est une base de l'ADN, dégradée par la même voie enzymatique que l'uracile. Dans les urines, son excès signale surtout un déficit héréditaire de cette voie.

Recueil d’urinesFamille : acides organiques : pyrimidinesPreuve courante

Testez-vous en 4 questions

En bref

La thymine est un constituant de l'ADN. Son élimination urinaire reflète la voie qui la dégrade, utile pour repérer des déficits enzymatiques héréditaires rares.

À lire avec

Recueil d’urinesProfil des acides organiques urinaires ; analyse des bases pyrimidiques urinaires en laboratoire spécialisé.

mmol/mol de créatininePreuve courante

Pourquoi on la demande

  • Dépister un déficit héréditaire de la dégradation des pyrimidines, avec l'uracile
  • Repérer un déficit en dihydropyrimidine déshydrogénase (DPD) devant une toxicité sévère de fluoropyrimidines
  • Lire un profil d'acides organiques urinaires dans le cadre d'un retard de développement ou d'une épilepsie de l'enfant
  • Interpréter une anomalie de l'uracile ou des dihydro-dérivés

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur haute

  • Déficit en dihydropyrimidine déshydrogénase, première enzyme de la voie
  • Autres troubles de la voie pyrimidique, avec un profil différent pour les dihydro-dérivés
  • Absorption ou apports particuliers (hypothèse de recherche, après une charge en thymine)

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Une contamination bactérienne de l'échantillon ou une conservation prolongée à température ambiante
  • Un traitement par fluoropyrimidines, qui sature ou interfère avec la voie de dégradation
  • La dilution des urines, d'où l'intérêt de la correction par la créatinine
  • Une chimiothérapie récente : signalez-la au laboratoire

Ce que mesure l’analyse

La thymine est une des quatre bases de l’ADN. Comme l’uracile, elle est dégradée par trois enzymes successives : la dihydropyrimidine déshydrogénase (DPD), la dihydropyrimidinase et la bêta-uréidopropionase. Le dernier produit de la thymine est l’acide bêta-aminoisobutyrique.

Quand l’une de ces enzymes est déficiente, la thymine ou ses dérivés (dihydrothymine, dérivés carbamyl) s’accumulent et passent dans les urines. Mesurer la thymine urinaire, avec l’uracile, permet de repérer le déficit.

Comment se passe le prélèvement

L’analyse se fait sur un échantillon d’urine, en général les premières du matin. Suivez les consignes de conservation de votre laboratoire (froid ou congélation) : une contamination bactérienne ou une attente prolongée peuvent fausser les bases nucléiques. Signalez toute chimiothérapie en cours ou récente.

Comment lire le résultat

Le résultat est généralement exprimé par rapport à la créatinine. Les repères sont propres à chaque laboratoire et nous n’affichons pas de cadran : aucun article PubMed vérifié ne publie ici un intervalle de référence adulte. Comparez-vous à la plage de votre compte rendu.

La thymine se lit avec l’uracile. Dans un déficit en DPD, les deux sont élevées. Dans un déficit en dihydropyrimidinase, ce sont plutôt les formes dihydro qui dominent.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est courant pour ces maladies héréditaires rares : l’analyse urinaire des pyrimidines est un outil de biochimie spécialisée.

Chez des patients avec déficit en DPD, la thymine et l’uracile urinaires étaient très au-dessus des valeurs de contrôles, mesurées en nombre d’écarts-types par rapport à la moyenne ; les auteurs y voient une approche non invasive utile avant les tests enzymatiques ou génétiques (Kuhara et al., 2003)1.

Un déficit en DPD n’explique qu’environ un tiers des cas de toxicité des fluoropyrimidines selon une petite étude australienne. Dans cette étude, après une charge orale de thymine chez six patients ayant eu une toxicité sévère, le rapport thymine sur dihydrothymine urinaire était supérieur à 4,0, alors qu’il restait sous 3,0 chez les volontaires sains (Duley et al., 2018)2. Cette cohorte est très petite : l’hypothèse d’un phénotype d’absorption accrue de la thymine reste à confirmer.

Ce qui n’est pas démontré : l’intérêt d’une thymine légèrement haute chez un adulte sans traitement ni symptôme, ni celui d’un dosage de thymine en dépistage de population.

Les analyses à associer

  • Uracile : à lire en même temps.
  • Acide orotique : explore la synthèse des pyrimidines.
  • Bêta-alanine : produit de la dégradation de l’uracile.
  • Profil des acides organiques urinaires : contexte métabolique global.

À retenir

  • La thymine urinaire reflète la dégradation d’une base de l’ADN par trois enzymes.
  • Thymine et uracile élevées ensemble évoquent un déficit en DPD.
  • Un déficit en DPD n’explique qu’une partie des toxicités de chimiothérapie.
  • Chaque laboratoire a ses normes.
  • Le résultat se discute avec un médecin, surtout si une chimiothérapie est envisagée.

Sources éditoriales et fact-checking2 sources vérifiées2 études[+]

Testez-vous 4 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01La thymine urinaire est-elle un marqueur de la voie qui dégrade les pyrimidines ?

  2. 02Une thymine haute isolée signe-t-elle un déficit ?

  3. 03Pourquoi la thymine intéresse-t-elle les patients sous chimiothérapie ?

  4. 04Les normes sont-elles les mêmes d'un laboratoire à l'autre ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.