Le tissu adipeux viscéral, également appelé graisse abdominale, est la graisse qui entoure et protège les organes internes de l’abdomen comme le foie, les intestins ou le pancréas. Contrairement au tissu adipeux sous-cutané situé sous la peau, le tissu adipeux viscéral est profondément enfoui à l’intérieur de la cavité abdominale.
De récentes études(1)(2) ont démontré que le tissu adipeux viscéral joue un rôle clé dans de nombreuses maladies chroniques. En effet, comparativement à la graisse sous-cutanée, le tissu adipeux viscéral est beaucoup plus actif sur le plan métabolique et inflammatoire. Il sécrète des substances qui augmentent l’inflammation chronique dans l’organisme et altèrent le métabolisme, notamment celui du glucose et des lipides.
Le tissu adipeux viscéral et la longévité
Les études scientifiques
Une récente étude publiée dans le British Medical Journal (BMJ) a analysé les données de près de 2500 adultes suivis pendant 9 ans. Les chercheurs ont découvert que les personnes ayant le plus de graisse abdominale, évaluée par la mesure du tour de taille, avaient un risque de mortalité 2 fois plus élevé que celles avec peu de graisse abdominale.
D’autres études confirment que le tissu adipeux viscéral est associé à une augmentation du risque de mortalité, même après avoir pris en compte d’autres facteurs de risque cardiométaboliques tels que l’hypertension, le diabète ou l’obésité.
Mécanismes expliquant ce lien
Plusieurs mécanismes physiologiques expliquent le lien entre tissu adipeux viscéral et risque accru de mortalité :
- Inflammation chronique : le tissu adipeux viscéral est très actif sur le plan inflammatoire. Il sécrète de grandes quantités de cytokines pro-inflammatoires comme le TNF-alpha et l’IL-6 qui peuvent endommager les vaisseaux sanguins et les organes vitaux.
- Insulinorésistance : les acides gras libérés par le tissu adipeux viscéral entraînent une résistance à l’action de l’insuline dans le foie et les muscles. Cette insulinorésistance chronique favorise le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires.
- Stress oxydant : l’inflammation générée par la graisse viscérale provoque un stress oxydant, c’est-à-dire une surproduction de radicaux libres, qui endommagent les cellules de l’organisme et accélèrent le vieillissement.
- Augmentation des triglycérides sanguins et dépôts de graisses dans le foie
L’ensemble de ces changements métaboliques et inflammatoires augmentent le risque de maladies cardiovasculaires, premier facteur de mortalité dans les pays occidentaux.

Le tour de taille comme indicateur
Le tour de taille est un bon indicateur de la quantité de tissu adipeux viscéral présent dans l’abdomen. En effet, plusieurs études d’imagerie médicale ont confirmé une forte corrélation entre le tour de taille et le volume de graisse viscérale mesuré directement dans l’abdomen.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un tour de taille supérieur à 102 cm chez l’homme et à 88 cm chez la femme indique un excès de graisse viscérale abdominale.
La distribution de la graisse corporelle
Bien que la graisse abdominale soit associée à de nombreux problèmes de santé, toutes les graisses corporelles ne se valent pas. En effet, la graisse sous-cutanée située au niveau des cuisses et des fesses ne semble pas augmenter les risques cardiométaboliques et pourrait même avoir un léger effet protecteur.
On distingue classiquement deux grands types de distribution de la masse grasse :
La silhouette en « pomme »
Les personnes ayant une silhouette dite en « pomme » accumulent la majorité de leur graisse au niveau de l’abdomen. Cette graisse abdominale est principalement viscérale et entoure les organes internes. Ce type de silhouette en pomme, également appelé obésité androïde, est plus fréquent chez les hommes.
La silhouette en « poire »
A l’inverse, les personnes avec une silhouette dite en « poire » stockent préférentiellement les graisses au niveau des hanches, des cuisses et des fesses. Cette graisse périphérique est majoritairement située sous la peau (tissu adipeux sous-cutané). Ce type de silhouette en poire, également appelée obésité gynoïde, est plus fréquent chez la femme.

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Causes de la graisse viscérale
L’accumulation de graisse viscérale peut avoir plusieurs origines. Elle est souvent liée à une alimentation trop riche en calories, provenant notamment d’aliments transformés riches en sucres ajoutés et en graisses saturées. La sédentarité et le manque d’activité physique favorisent également le développement de ce tissu adipeux abdominal.
D’autres facteurs entrent aussi en jeu. Par exemple, le vieillissement, certains médicaments comme les corticoïdes, un sommeil de mauvaise qualité ou encore le stress chronique peuvent stimuler le dépôt de graisses au niveau des organes abdominaux. Des perturbations hormonales lors de la ménopause ou d’un syndrome des ovaires polykystiques accentuent aussi ce phénomène.
Comment se débarrasser de la graisse viscérale
Il n’est pas possible de cibler spécifiquement la graisse viscérale. Une perte de poids globale est donc nécessaire, en combinant alimentation saine, activité physique et mode de vie sain. Voici les conseils clés pour y parvenir :
- Pratiquer une activité physique régulière et variée : association d’entraînement cardio LISS et d’exercice effectuée avec une plus grande intensité (HIIT). Visez 30-45 minutes d’activité sportive 3 à 5 fois par semaine.
- Adoptez une alimentation équilibrée, riche en fruits, légumes, céréales complètes et protéines maigres. Limitez les aliments gras, sucrés et transformés qui favorisent la prise de poids.
- Gérez votre stress par des techniques de relaxation comme le yoga, la méditation ou des massages. Le stress chronique stimule la production de cortisol, une hormone qui favorise le stockage des graisses abdominales.
- Dormez suffisamment, au moins 7 heures par nuit. Le manque de sommeil peut augmenter l’appétit et les fringales.
- Arrêtez de fumer et limitez votre consommation d’alcool, deux facteurs de risque de la graisse viscérale.
Vos questions fréquemment posées
La graisse viscérale est-elle héréditaire ?
Oui, il existe une prédisposition génétique à accumuler plus de graisse au niveau abdominal. Toutefois, un mode de vie sain permet de limiter ce risque. L’alimentation et l’activité physique jouent donc un rôle primordial.
Les compléments alimentaires permettent-ils de cibler la graisse viscérale ?
Malheureusement, il n’existe aucun complément alimentaire capable de cibler spécifiquement la fonte du tissu adipeux viscéral. Certains produits à base de plantes ou d’extraits de thé vert sont parfois commercialisés à cet effet, mais leur efficacité n’a pas été prouvée scientifiquement.
La graisse viscérale augmente-t-elle les risques de cancer ?
Oui. Des études récentes ont montré que l’accumulation de graisse au niveau abdominal était associée à une augmentation des risques de cancers, notamment du côlon, du rectum, du sein et de la prostate. L’inflammation chronique liée au tissu adipeux viscéral favoriserait la prolifération de cellules cancéreuses.
La graisse viscérale disparaît-elle avec l’âge ?
Non, la tendance est même plutôt inverse. Sans modification des habitudes de vie, la graisse abdominale a tendance à augmenter avec l’avancée en âge, notamment à cause de la diminution de la masse musculaire et de l’activité physique. Il est donc essentiel de rester actif tout au long de sa vie pour préserver sa santé.
Ce qu’il faut retenir
Le tissu adipeux viscéral joue un rôle clé dans le développement des maladies chroniques et influence la longévité. Heureusement, il est possible d’agir pour réduire spécifiquement la graisse viscérale abdominale. Une alimentation riche en fibres, en bonnes graisses et pauvre en sucres raffinés combinée à 30-60 minutes d’activité physique par jour permet de diminuer la graisse viscérale et d’améliorer sa santé.
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Sources éditoriales et fact-checking