Les bourses synoviales sont de petites poches remplies de liquide situées autour des articulations et des tendons. Leur rôle est de réduire les frottements entre les structures.
Lorsqu’une bourse s’enflamme, on parle de bursite ou hygroma. Cette affection douloureuse est fréquente chez les sportifs sollicitant beaucoup leurs articulations. Explications et conseils pour la traiter.
Qu’est-ce que la bursite ?
La bursite désigne l’inflammation d’une ou plusieurs bourses synoviales, le plus souvent à la suite d’un traumatisme direct, de mouvements répétitifs ou de frottements prolongés.
On distingue deux types de bursite :
- La bursite aiguë : inflammation brutale et intense ;
- La bursite chronique : inflammation plus légère mais persistante.
La bursite se manifeste par :
- Une douleur vive au niveau de l’articulation ;
- Un gonflement avec parfois une tuméfaction ;
- Une raideur et une faiblesse musculaire ;
- Des difficultés pour bouger la zone touchée.
La bursite peut survenir à différents endroits comme l’épaule, le coude, le poignet, la hanche, le genou ou le talon d’Achille.
Chez les sportifs, les zones les plus touchées sont les épaules, coudes et genoux.
Rôle des bourses synoviales
Les bourses synoviales sont de petites poches remplies de liquide synovial situées autour des articulations et des tendons.
On en dénombre environ 160 dans le corps humain. Leur taille varie de 1 à 5 cm.
Le rôle principal des bourses est de permettre le glissement des structures en réduisant les frottements au niveau :
- Des articulations ;
- De l’insertion des tendons ;
- Des points de compression.
Grâce au liquide synovial, les bourses synoviales agissent comme des « coussins amortisseurs » entre les os, les muscles, les ligaments et les tendons.
Prévalence de la bursite
La bursite est une pathologie très fréquente, notamment chez les personnes pratiquant régulièrement une activité sportive.
On estime que 2 à 3 % de la population générale souffre de bursite.
Cette prévalence peut atteindre près de 20 % chez les sportifs professionnels. La bursite de l’épaule touche par exemple 1 joueur de volleyball sur 5.
Les bursites les plus fréquentes sont :
- La bursite sous-acromiale de l’épaule ;
- La bursite prépatellaire du genou ;
- La bursite olécrânienne du coude.
Crédit vidéo © Yoga avec Joëlle – YouTube
Symptômes caractéristiques
Les symptômes de la bursite peuvent varier en fonction de la localisation. Mais on retrouve généralement :
Une douleur vive
Principal symptôme, la douleur est située au niveau de la bourse enflammée. Elle survient :
- Au repos ;
- La nuit, perturbant le sommeil ;
- À la pression ou la palpation ;
- Lors de certains mouvements sollicitant la zone.
La douleur est souvent vive et lancinante. Elle peut irradier vers l’articulation proche.
Un gonflement avec parfois une tuméfaction
La zone touchée est le siège d’un gonflement plus ou moins important avec parfois une tuméfaction visible.
Cela est dû à l’inflammation de la bourse et à l’accumulation de liquide à l’intérieur.
Une raideur et une faiblesse musculaire
La douleur entraîne une raideur de l’articulation ainsi qu’une faiblesse musculaire autour de la zone atteinte.
Les mouvements sont alors difficiles et la force diminuée.
Des difficultés pour bouger la zone
En raison de la douleur, de la raideur articulaire et de la faiblesse musculaire, des difficultés apparaissent pour mobiliser la zone touchée.
Certains mouvements précis réveillent ou aggravent la douleur. Ils sont alors évités par le patient.
Symptômes selon la localisation
Voici les principaux symptômes pour les bursites les plus fréquentes chez les sportifs :
Bursite de l’épaule
La bursite sous-acromiale est la plus courante à l’épaule. Située sous l’acromion, elle provoque :
- Douleur en élevant le bras ou lors de certains mouvements (service au volley, crawl en natation…) ;
- Gonflement visible à la face externe de l’épaule ;
- Raideur pour lever le bras au-dessus de l’horizontale.
Bursite du coude
La bursite olécrânienne au niveau du coude entraîne :
- Douleur à la face postérieure du coude ;
- Gonflement parfois imposant ;
- Raideur pour tendre complètement le coude.
Bursite du genou
La bursite prépatellaire, sous la rotule, provoque :
- Douleur à la face antérieure du genou en pliant le genou ;
- Gonflement visible sous la rotule ;
- Raideur pour fléchir complètement le genou.
Causes et facteurs de risque
Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine d’une bursite, en particulier chez les sportifs :
Traumatismes et microtraumatismes
- Chocs directs sur une articulation ;
- Faux mouvements avec étirement ou déchirure ;
- Gestes répétitifs sollicitant la zone.
Ils provoquent des microtraumatismes à l’origine de l’inflammation.
Mouvements répétitifs et gestes prolongés
Certains sports ou activités physiques imposent des mouvements répétitifs qui, à la longue, usent et enflamment les bourses articulaires. C’est le cas en natation avec les milliers de brassées effectuées à l’entraînement.
Même avec une technique correcte, la nageuse sollicite énormément son épaule. Au bout de plusieurs mois, une bursite sous-acromiale peut survenir. En course à pied également, le geste est reproduit des centaines de fois à chaque footing. Les appuis successifs finissent par provoquer une bursite, souvent au niveau du genou.
Par ailleurs, le maintien prolongé de positions articulaires extrêmes lors de certaines activités sportives est source de bursites. En yoga ou en gymnastique par exemple, garder une posture allongée de façon prolongée crée des points de compression néfastes pour les bourses articulaires.
Maladies articulaires
Certaines affections articulaires comme l’arthrite ou la polyarthrite rhumatoïde fragilisent les structures de soutien des articulations. La membrane synoviale s’enflamme, les cartilages s’abîment, les ligaments et les tendons sont mis à rude épreuve. Dans ce contexte, le risque de développer une bursite est accru. La moindre sollicitation un peu vive entraîne une irritation douloureuse au niveau des bourses articulaires déjà vulnérables.
Infection
Occasionnellement, une infection de la zone par une bactérie est responsable de l’inflammation de la bourse. Cela peut survenir après une blessure mal soignée au niveau de l’articulation. La plaie est alors contaminée par des germes qui migrent vers la bourse adjacente qu’ils infectent. On parle dans ce cas de bursite infectieuse. Heureusement, ce scénario reste rare.
Autres facteurs de risque
Certains profils sont plus à risque de bursites :
- Personnes de plus de 40-50 ans ;
- Surpoids ou obésité ;
- Diabète de type 2 ;
- Professions ou activités avec positions prolongées ou mouvements répétitifs ;
- Antécédents de bursite ou de tendinite ;
- Intervention chirurgicale récente sur l’articulation.
Diagnostic
Le diagnostic de la bursite repose sur :
L’interrogatoire et l’examen clinique
L’interrogatoire est une étape essentielle pour orienter le diagnostic de bursite.
Le médecin s’intéresse à :
- La localisation précise de la douleur et du gonflement : épaule, coude, genou, hanche, tendon d’Achille, etc.
- Le mode de début des symptômes : brutal, progressif, après un traumatisme ou un effort inhabituel ;
- Les facteurs déclenchants potentiels : traumatisme, mouvement répétitif, position prolongée, reprise d’activité ;
- Les antécédents médicaux du patient : maladies articulaires sous-jacentes, antécédents de bursite ;
- La profession ou les activités à risque de bursite : sports avec gestes répétitifs, métiers manuels, etc.
Cet interrogatoire oriente le diagnostic et permet d’éliminer d’autres diagnostics proches comme la tendinite ou l’arthrite. Il réalise ensuite un examen physique complet de la zone douloureuse à la recherche des signes de bursite.
Des examens d’imagerie
Crédit vidéo © Clinique Sport Santé Laurentides – YouTube
Si le diagnostic n’est pas évident, le médecin peut prescrire :
- L’échographie permet de visualiser directement l’inflammation de la bourse et d’analyser l’état des structures adjacentes (tendons, muscles, etc.). C’est l’examen de première intention, notamment pour les bourses superficielles.
- L’IRM donne aussi une très bonne visualisation des tissus mous et des lésions. Elle est utilisée en complément lorsque l’échographie n’est pas concluante ou pour analyser des bourses profondes.
- La radiographie standard ne montre pas la bursite mais permet d’éliminer d’autres diagnostics osseux.
- Le scanner peut aussi aider au diagnostic différentiel dans certains cas.
- L’arthroscanner et l’arthro-IRM permettent de bien analyser les structures intra-articulaires en cas de communication bursa-articulation.
Ces examens permettent aussi d’éliminer d’autres diagnostics.
Diagnostic différentiel : pathologies proches
D’autres affections peuvent parfois être confondues avec une bursite. Les principales sont :
- La tendinite : inflammation d’un tendon, la tendinite provoque des douleurs et une gêne fonctionnelle similaires. Mais pas de gonflement notable.
- L’arthrite : l’arthrite est une inflammation de la membrane synoviale à l’intérieur de l’articulation. La douleur est souvent plus diffuse.
- La fracture de fatigue : une fracture de stress peut aussi provoquer une douleur localisée à la palpation. Mais sans gonflement inflammatoire.
Traitements
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Plusieurs options thérapeutiques existent pour soulager une bursite :
Le repos
C’est la première mesure à prendre pour calmer l’inflammation. Un arrêt temporaire du sport est nécessaire. L’objectif est d’obtenir une détente musculaire et une décompression articulaire suffisantes pour enrayer le processus inflammatoire.
La cryothérapie
L’application de glace sur la zone douloureuse permet en effet de faire baisser la température des tissus, entraînant une vasoconstriction locale des vaisseaux sanguins et une diminution de l’afflux sanguin. Il en résulte une atténuation de l’engorgement articulaire, une réduction de l’inflammation et un soulagement de la douleur.
La compression
Le port d’une genouillère ou d’une attelle procure un effet antalgique et anti-inflammatoire. La compression exerce un massage qui fluidifie la circulation sanguine et lymphatique, permettant une meilleure évacuation des liquides accumulés au sein des tissus inflammés.
L’élévation
Surélever le membre atteint favorise le retour veineux et limite le gonflement.
Les anti-inflammatoires
Des AINS en comprimés ou en pommade apaisent les symptômes. Leur action repose sur l’inhibition de la synthèse de substances pro-inflammatoires au niveau de la membrane synoviale irritée. Outre leurs effets bénéfiques sur la diminution de la douleur, ils permettent de limiter l’épanchement inflammatoire au sein de la bourse et d’en accélérer la résorption.
Les infiltrations
Des infiltrations de corticoïdes dans la bourse soulagent rapidement la douleur et l’inflammation. En quelques heures ou jours suite à l’infiltration, le patient ressent déjà une nette diminution de sa douleur et une amélioration de sa mobilité articulaire. Cependant, avant d’envisager cette option thérapeutique efficace, d’autres traitements plus anodins sont généralement essayés en première intention. Et des infiltrations répétées peuvent fragiliser les structures articulaires à long terme.
La physiothérapie
Le kinésithérapeute propose des soins, un programme d’exercices et des conseils adaptés. Après avoir analysé la mobilité du patient et identifié les facteurs déclenchants, le kiné effectue des massages locaux pour assouplir les tissus, propose des techniques de physiothérapie pour accélérer la cicatrisation de la zone lésée, apprend au patient des exercices graduels pour recouvrer force et amplitude sans risque de rechute, et dispense des conseils ergonomiques pour prévenir la récidive de cette affection.
La chirurgie
En cas d’échec des autres traitements, une intervention permet de retirer la bourse. Cette ablation de la bourse, appelée bursectomie, se pratique sous anesthésie locorégionale ou générale. La cicatrisation dure ensuite quelques semaines avant une reprise progressive de l’activité.
Traitements spécifiques selon la localisation
Certains traitements sont plus indiqués pour certaines bursites :
Épaule
- Port d’une écharpe pour immobiliser le membre ;
- Infiltration sous l’acromion très efficace ;
- Renforcement musculaire de la coiffe des rotateurs.
Coude
- Attelle de coude pour maintenir l’articulation au repos ;
- Cryothérapie très utile sur cette zone ;
- Exercices de mobilisation progressive.
Genou
- Genouillère pour compenser l’inflammation sous la rotule ;
- Ultrasons anti-inflammatoires ;
- Exercices de renforcement du quadriceps.
Prévention
Il est possible de prévenir l’apparition de certaines bursites grâce à :
- Un bon échauffement : l’échauffement prépare les articulations à l’effort et limite les traumatismes.
- Des exercices d’étirements : les étirements assouplissent les muscles et tendons autour des articulations, diminuant les risques de blessures.
- Une bonne posture : adopter une bonne posture dans la vie quotidienne et lors de la pratique sportive évite les positions extrêmes néfastes.
- La perte de poids : diminuer son poids en cas de surcharge pondérale réduit la pression excessive sur les articulations.
- La modification d’activités à risque : changer sa gestuelle ou sa discipline sportive permet parfois de supprimer un geste traumatisant.
- Le renforcement musculaire : des exercices de renforcement musculaire améliorent la tonicité des structures de soutien des articulations.
- Le port de supports de posture : des genouillères ou coudières soulagent les zones sensibles lors des efforts.
Quel est le pronostic de la bursite ?
L’évolution clinique d’une bursite est étroitement liée à la rapidité de sa prise en charge thérapeutique. Une intervention précoce et un traitement adapté sont généralement de bon augure quant au devenir fonctionnel de l’articulation touchée.
Guérison fréquente
Heureusement, dans la grande majorité des cas, la symptomatologie inflammatoire régresse spontanément en l’espace de quelques semaines à quelques mois avec la mise en place du traitement médical ou physique adéquat. L’œdème et l’épanchement au sein de la bourse diminuent, entraînant une atténuation progressive de la douleur ressentie ainsi qu’une amélioration de la mobilité articulaire. Au terme d’une période variable de convalescence, le patient retrouve un usage normal de son articulation.
Toutefois, une minorité de patients présente des lésions bursales plus sévères, rebelles aux thérapeutiques conservatrices. Ces bursites dites « réfractaires » nécessitent alors une prise en charge plus invasive : infiltration sous échographie, geste chirurgical d’excision de la bourse pathologique. Grâce à ces techniques plus agressives, le pronostic devient à nouveau favorable dans la grande majorité des cas.
Possible récidive
L’une des craintes du clinicien durant le suivi à long terme est la possibilité d’une récidive bursale. En effet, une bursite insuffisamment traitée ou la reprise trop précoce du geste traumatisant sont deux facteurs de risque majeurs de nouvelle poussée inflammatoire.
Le patient doit donc être informé de l’importance du respect de la durée d’arrêt sportif prescrite afin de permettre la cicatrisation complète des tissus lésés. Une reprise trop hâtive de l’activité physique est en effet souvent sanctionnée par la réapparition de la symptomatologie initiale.
Dans certains cas, lorsque l’activité professionnelle ou sportive du patient est pourvoyeuse de microtraumatismes répétés quasi inévitables, la récidive bursale est malheureusement fréquente à plus ou moins long terme.
Rares complications
L’immense majorité des bursites guérit donc sans séquelle après traitement bien conduit. Cependant, à titre exceptionnel, l’évolution peut se compliquer.
Tout d’abord, une bursite abandonnée à elle-même peut s’infecter secondairement et constituer un abcès. Cette complication gravissime nécessite alors une prise en charge en urgence avec drainage chirurgical et antibiothérapie prolongée.
De plus, dans de rares cas, le contenu inflammatoire de la bourse synoviale enflammée peut se transformer en dépôts calcaires. Ces calcifications pathologiques sont visibles à la radiographie et peuvent compromettre la fonction de l’articulation.
Enfin, une bursite sévère et chronique mal soignée peut aboutir à la destruction du tendon sous-jacent par nécrose ischémique. Cette complication très grave rend souvent nécessaire une intervention chirurgicale de reconstruction tendineuse.
Heureusement, grâce aux progrès récents des techniques d’imagerie et des traitements anti-inflammatoires, ces complications redoutables sont devenues rarissimes de nos jours.
Ce qu’il faut retenir
La bursite est une pathologie articulaire très fréquente chez les sportifs. Ses symptômes caractéristiques ne doivent pas être négligés. Un diagnostic précoce et un traitement adapté sont importants pour garantir une guérison rapide et éviter les risques de chronicité ou de récidive.