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Prévention

Effet secondaire : Ozempic augmente-t-il le risque de DMLA ?

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Crédit photo © Adobe Stock
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Le sémaglutide, connu sous les noms commerciaux d’Ozempic ou Wegovy, a bouleversé la prise en charge du diabète de type 2 et de l’obésité. Mais une nouvelle étude soulève une question inattendue : ce médicament pourrait-il augmenter le risque de dégénérescence maculaire liée à l’âge, ou DMLA ? C’est ce que suggèrent les données d’une large analyse canadienne1.

Un traitement de plus en plus populaire

Utilisé à l’origine pour réguler la glycémie chez les personnes diabétiques, le sémaglutide a rapidement été adopté dans le monde entier, notamment pour ses effets sur la perte de poids. Son mécanisme repose sur l’activation du récepteur GLP‑1, une hormone intestinale qui stimule la production d’insuline, ralentit la vidange gastrique et réduit l’appétit.

Mais cette popularité croissante s’accompagne d’un besoin de mieux comprendre les effets secondaires à long terme. Et l’un d’eux concerne désormais la santé des yeux.

DMLA humide : une menace silencieuse

La DMLA est la première cause de cécité après 50 ans dans les pays développés. Elle se divise en deux formes : sèche (la plus fréquente) et humide (la plus agressive). Cette dernière se caractérise par la croissance anormale de vaisseaux sanguins sous la macula, une petite zone au centre de la rétine. Ces vaisseaux fuient, entraînant des dommages rapides à la vision centrale.

La DMLA humide peut évoluer en quelques semaines. Elle nécessite des injections intravitréennes régulières pour limiter la progression. Elle est souvent diagnostiquée trop tard.

Que dit la nouvelle étude ?

Des chercheurs ont analysé les données de plus de 1 million de patients diabétiques. Parmi eux, environ 46 000 prenaient un traitement de type GLP‑1, principalement du sémaglutide. Résultat : après six mois de traitement, le risque de développer une DMLA humide était doublé. Au-delà de 30 mois, ce risque était multiplié par trois.

Les personnes les plus à risque ? Les plus de 65 ans et celles ayant déjà souffert d’un AVC.

Si l’on prend du recul, le risque absolu reste faible : environ un cas pour 1 000 patients traités. Mais à l’échelle mondiale, avec des millions d’utilisateurs, cela représente des milliers de cas potentiels.

Des effets qui interrogent

Comment un médicament destiné à réguler le métabolisme pourrait-il affecter la rétine ? L’hypothèse avancée est celle d’une influence sur les vaisseaux sanguins rétiniens. En agissant sur la signalisation vasculaire, les analogues du GLP‑1 pourraient, dans certains cas, favoriser la formation anormale de vaisseaux sous la macula.

Cela reste théorique. Le lien de cause à effet n’est pas prouvé. Mais le signal mérite d’être pris au sérieux, surtout dans un contexte d’usage massif.

Pas le premier signal d’alerte

Ce n’est pas la première fois qu’un lien est évoqué entre le sémaglutide et les yeux. Des études précédentes avaient déjà observé une légère hausse du risque de rétinopathie diabétique, en particulier chez les patients ayant un diabète ancien ou mal contrôlé.

Mais ici, la DMLA est une pathologie distincte. Elle touche des personnes âgées, souvent sans antécédent diabétique sévère. Cela élargit le champ des préoccupations.

Et pour les non-diabétiques ?

Le sémaglutide est aussi prescrit dans des indications non diabétiques, notamment contre l’obésité. C’est le cas de Wegovy, autorisé pour les personnes en surpoids avec facteurs de risque. Or, dans ces populations, aucune étude n’a encore évalué le risque de DMLA.

Le manque de données pose donc question. Peut-on généraliser ces résultats à toutes les personnes sous GLP‑1 ? Faut-il adapter la surveillance ophtalmologique ?

Que faire si l’on prend du sémaglutide ?

Pas de panique. Le risque reste faible et les bénéfices du traitement, notamment sur le diabète, l’obésité ou les maladies cardiovasculaires, sont bien documentés. Mais une vigilance s’impose, surtout :

  • Chez les patients de plus de 60 ans ;
  • En cas d’antécédents d’AVC ou de troubles oculaires ;
  • Après plusieurs mois ou années de traitement.

Une consultation chez l’ophtalmologue peut être recommandée pour un dépistage de routine. Un suivi visuel peut également s’ajouter aux bilans habituels.

Une question de balance bénéfices-risques

Chaque traitement comporte des bénéfices… et des risques. L’essentiel est d’en être informé. Le sémaglutide reste un outil puissant contre le diabète et l’obésité. Mais il ne doit pas être prescrit à la légère, ni sans surveillance.

Les études à venir permettront d’affiner la compréhension du lien entre GLP‑1 et DMLA. En attendant, l’information du patient et la coordination entre médecins traitants et ophtalmologistes sont essentielles.

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Sources éditoriales et fact-checking1 source vérifiée1 étude[+]

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