L’addiction alimentaire est un problème de santé publique majeur, touchant des millions de personnes dans le monde. Caractérisée par une perte de contrôle sur la consommation de nourriture, elle peut avoir de graves conséquences sur la santé physique et mentale. Mais une nouvelle étude publiée dans la revue Gut(1) apporte un éclairage inédit sur les mécanismes biologiques à l’œuvre dans ce trouble du comportement alimentaire.

Une découverte qui bouleverse notre compréhension de l’addiction alimentaire
Des chercheurs de l’Université Pompeu Fabra de Barcelone ont mis en évidence un lien direct entre certaines bactéries intestinales et l’addiction alimentaire, tant chez l’homme que chez la souris. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour le diagnostic et le traitement de ce trouble.
“C’est la première fois que nous démontrons une interaction directe entre la composition du microbiote intestinal et l’expression des gènes cérébraux dans le cadre de l’addiction alimentaire” , explique le Pr Elena Martín-García, auteure principale de l’étude. “Cela révèle l’origine complexe et multifactorielle de ce trouble comportemental lié à l’obésité.”
Des bactéries sous haute surveillance
L’équipe de recherche a identifié plusieurs groupes de bactéries dont l’abondance varie significativement chez les personnes souffrant d’addiction alimentaire :
- Les Protéobactéries : leur présence est accrue ;
- Les Actinobactéries : leur présence est diminuée ;
- Les Blautia (appartenant au phylum des Bacillota) : leur présence est réduite.
Ces variations ont été observées de manière similaire chez les souris et les humains présentant des comportements d’addiction alimentaire. Mais comment ces bactéries influencent-elles notre comportement alimentaire ?
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Un dialogue complexe entre intestin et cerveau
L’étude met en lumière l’existence d’une véritable “conversation” entre notre intestin et notre cerveau, médiée par ces bactéries. Ce dialogue bidirectionnel, appelé axe intestin-cerveau, joue un rôle crucial dans la régulation de notre comportement alimentaire.
Les chercheurs ont notamment découvert que certaines bactéries, comme les Blautia, pourraient avoir un effet protecteur contre l’addiction alimentaire. À l’inverse, une surreprésentation des Protéobactéries semble favoriser les comportements compulsifs vis-à-vis de la nourriture.
Des pistes thérapeutiques prometteuses
Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles approches thérapeutiques pour traiter l’addiction alimentaire. Les chercheurs ont notamment testé l’administration de prébiotiques (lactulose et rhamnose) et de probiotiques (Blautia wexlerae) chez des souris présentant des comportements d’addiction alimentaire.
Les résultats sont encourageants : “Nous avons observé une augmentation de l’abondance de Blautia dans les fèces des souris, parallèlement à une amélioration spectaculaire de l’addiction alimentaire” , rapporte le Pr Martín-García.
Vers une approche personnalisée de l’addiction alimentaire
Cette étude souligne l’importance d’une approche globale et personnalisée de l’addiction alimentaire. En effet, chaque individu possède un microbiote intestinal unique, influencé par de nombreux facteurs (génétique, alimentation, mode de vie, etc.).
À l’avenir, on pourrait imaginer des traitements sur mesure, adaptés au profil bactérien de chaque patient. Une véritable révolution dans la prise en charge de ce trouble complexe !
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Sources éditoriales et fact-checking
