Les douleurs arrivent souvent par vagues.
Crampes.
Ballonnements.
Fatigue.
Parfois, des diarrhées qui reviennent encore et encore.
Pour les personnes atteintes de maladies inflammatoires de l’intestin, c’est le quotidien. Ces maladies (comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique) provoquent une inflammation chronique du tube digestif. L’intestin devient irrité, fragile, parfois ulcéré.
Et les traitements actuels ne sont pas toujours simples.
Certains fonctionnent. D’autres moins. Et beaucoup entraînent des effets secondaires.
C’est pour cela que les chercheurs continuent d’explorer d’autres pistes. Parfois dans les médicaments modernes. Parfois… dans les plantes.
Et justement, une plante méditerranéenne attire l’attention.
Une plante discrète.
Qui pousse dans les régions tempérées.
Avec des fleurs blanches & des petits fruits rouges.
Son nom : l’arbousier.

Table des matières
Une plante utilisée depuis longtemps
L’arbousier, ou arbre aux fraises (Arbutus unedo), est un petit arbre méditerranéen connu depuis longtemps en médecine traditionnelle.
Il a notamment été utilisé pour ses effets :
- Antiseptiques ;
- Diurétiques ;
- Astringents.
Il a aussi été étudié pour ses propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires.
Ces propriétés intéressent particulièrement les chercheurs qui travaillent sur les maladies digestives.
Pourquoi ?
Parce que dans les maladies inflammatoires de l’intestin, deux mécanismes jouent un rôle important :
- L’inflammation ;
- Le stress oxydatif (des dommages causés aux cellules par certaines molécules instables).
Réduire ces deux phénomènes pourrait donc aider à protéger l’intestin.
Mais une question restait ouverte : cette plante peut-elle vraiment agir sur ces maladies ?
Des chercheurs ont voulu vérifier
Pour le savoir, une équipe de scientifiques de l’université de Jendouba, en Tunisie, a mené une expérience publiée dans le Journal of the Science of Food and Agriculture(1)
Le principe était simple.
Les chercheurs ont travaillé sur des rats chez qui ils ont provoqué une forme expérimentale de rectocolite hémorragique (une maladie inflammatoire de l’intestin).
Avant l’induction de la maladie, une partie des rats a reçu un extrait aqueux de fruits d’arbousier à différentes doses :
- 75 mg/kg ;
- 150 mg/kg ;
- 300 mg/kg.
Ensuite, les scientifiques ont analysé l’état du côlon des animaux.
Moins de lésions dans l’intestin
Chez les rats qui avaient reçu l’extrait de la plante avant l’expérience, les chercheurs ont observé plusieurs différences importantes.
D’abord, moins de dommages dans le côlon.
La muqueuse intestinale (la couche qui protège l’intérieur du tube digestif) était moins abîmée. Les zones ulcérées étaient également moins nombreuses.
Ensuite, les marqueurs biologiques de l’inflammation étaient plus faibles.
Par exemple :
- La protéine C-réactive (un marqueur de l’inflammation) ;
- Certaines enzymes liées aux réactions inflammatoires.
Tous étaient réduits chez les animaux traités.
Enfin, les chercheurs ont observé un effet sur le stress oxydatif.
L’extrait d’arbousier semblait aider à restaurer plusieurs enzymes antioxydantes importantes, comme :
- La superoxyde dismutase ;
- La catalase ;
- La glutathion peroxydase.
Ces enzymes servent normalement à protéger les cellules contre les dommages.
Un effet qui dépend de la dose
L’étude montre aussi un point intéressant : l’effet semble dépendre de la quantité utilisée.
Plus la dose était élevée, plus la protection observée était importante.
Dans l’expérience, la plus forte dose a protégé environ 80 % des animaux contre les dommages du côlon. Un médicament classique utilisé comme référence a obtenu des résultats comparables.
Cela constitue une preuve sérieuse que quelque chose se passe au niveau biologique.
Ce que ça veut dire concrètement
Il faut cependant rester prudent.
Les essais ont été réalisés sur des animaux, pas sur des humains. Ce qui fonctionne chez un rat ne fonctionne pas toujours chez les humains.
Les auteurs de l’étude ne recommandent pas de consommer des extraits d’arbousier à la place des traitements actuels.
Ce qu’ils disent, c’est que cette plante mérite d’être étudiée plus en profondeur dans les approches préventives et thérapeutiques des troubles gastro-intestinaux.
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Sources éditoriales et fact-checking