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Méningite

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La méningite est une maladie rare mais redoutable, qui se caractérise par une inflammation des méninges, ces fines membranes protégeant le cerveau et la moelle épinière. Cette pathologie, qui peut toucher des personnes de tout âge mais plus particulièrement les enfants et les adolescents, nécessite une prise en charge médicale rapide. En effet, certaines formes de méningite, notamment celles d’origine bactérienne, peuvent s’aggraver très rapidement et engager le pronostic vital.

MéningiteVidéoGrandes tueuses : La méningiteInserm Lire la vidéo
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Les différents types de méningite

La méningite est une inflammation des méninges, ces fines membranes qui enveloppent le cerveau et la moelle épinière. Mais derrière ce terme générique se cachent en réalité plusieurs types de méningite, chacun ayant ses propres caractéristiques et sa propre gravité.

Les méningites infectieuses

Les méningites virales

Les méningites d’origine virale sont de loin les plus fréquentes. Elles représentent plus de 85% des cas de méningite. De nombreux virus peuvent être en cause, comme le virus des oreillons, de la rougeole, de la varicelle, de l’herpès ou encore les entérovirus.

Ces méningites virales sont généralement bénignes et guérissent spontanément en quelques jours. Les symptômes, bien que désagréables, restent le plus souvent modérés : fièvre, maux de tête, raideur de la nuque… Un traitement symptomatique suffit habituellement à soulager le patient.

Les méningites bactériennes

Beaucoup plus rares que les méningites virales, les méningites bactériennes sont aussi beaucoup plus redoutables. Elles sont provoquées par diverses bactéries, comme le méningocoque, le pneumocoque, l’Haemophilus influenzae ou encore la Listeria.

Ces méningites bactériennes peuvent évoluer de façon foudroyante et engager le pronostic vital en quelques heures. Elles nécessitent donc un diagnostic et un traitement antibiotique en urgence. Malgré une prise en charge adéquate, elles peuvent laisser des séquelles neurologiques lourdes, voire conduire au décès dans les cas les plus sévères.

Les méningites fongiques

Dans de rares cas, une méningite peut être provoquée par un champignon microscopique, comme Cryptococcus ou Candida. Ces méningites fongiques surviennent généralement chez des personnes immunodéprimées, comme les patients atteints du SIDA ou sous traitement immunosuppresseur.

Le diagnostic de ces méningites fongiques peut être difficile et le traitement repose sur l’administration prolongée d’antifongiques spécifiques. Le pronostic dépend de la précocité de la prise en charge et de l’état immunitaire du patient.

Les méningites non infectieuses

Les méningites auto-immunes

Certaines maladies auto-immunes, comme le lupus érythémateux disséminé ou la sarcoïdose, peuvent parfois se compliquer d’une méningite. Dans ces cas, le système immunitaire s’attaque par erreur aux méninges, provoquant leur inflammation.

Le traitement de ces méningites auto-immunes repose sur l’administration de corticoïdes à fortes doses, parfois associés à des immunosuppresseurs. L’évolution est variable selon la maladie sous-jacente et la réponse au traitement.

Les méningites néoplasiques

Plus rarement, une méningite peut être provoquée par l’infiltration des méninges par des cellules cancéreuses. C’est ce qu’on appelle une méningite néoplasique ou carcinomateuse. Elle survient généralement dans le cadre d’un cancer métastasé, notamment du poumon, du sein ou du mélanome.

Le diagnostic de ces méningites néoplasiques repose sur l’analyse du liquide céphalo-rachidien, qui montre la présence de cellules tumorales. Le traitement fait appel à la chimiothérapie intrathécale, c’est-à-dire injectée directement dans le liquide céphalo-rachidien. Malgré cela, le pronostic reste sombre, avec une médiane de survie de quelques mois.

Les méningites médicamenteuses

Dans de très rares cas, la prise de certains médicaments peut provoquer une réaction inflammatoire des méninges. C’est ce qu’on appelle une méningite médicamenteuse. Les médicaments les plus souvent en cause sont les anti-inflammatoires non stéroïdiens, certains antibiotiques ou encore les immunoglobulines intraveineuses.

Le diagnostic de ces méningites médicamenteuses repose sur un faisceau d’arguments cliniques et paracliniques, après avoir éliminé les autres causes. L’évolution est généralement favorable à l’arrêt du médicament en cause.

Les symptômes caractéristiques

La méningite est une maladie redoutable qui nécessite un diagnostic et une prise en charge rapides. Pour cela, il est essentiel de savoir reconnaître les symptômes évocateurs et de comprendre comment le diagnostic est posé.

MéningiteVidéoMéningite : une maladie qui peut être mortelle – Le Magazine de la SantéAllo Docteurs Lire la vidéo
Crédit vidéo © Allo Docteurs – YouTube

Le syndrome méningé

Le signe d’appel classique de la méningite est le syndrome méningé, qui associe :

  • Une raideur de la nuque : le patient a du mal à fléchir la tête en avant, le menton ne peut toucher le sternum. Ce signe traduit l’inflammation des méninges.
  • Des céphalées intenses : le patient décrit des maux de tête violents, résistants aux antalgiques usuels.
  • Une photophobie : la lumière devient insupportable, le patient cherche l’obscurité.
  • Une phonophobie : les bruits sont mal tolérés, même une conversation normale peut être pénible.

Ce syndrome méningé est quasi constant dans les méningites bactériennes, mais peut être plus discret dans les formes virales.

Les autres symptômes

À ce tableau méningé peuvent s’associer d’autres manifestations :

  • Une fièvre élevée, souvent supérieure à 38,5°C ;
  • Des nausées et vomissements, parfois en jet ;
  • Une altération de la conscience, allant de la confusion au coma ;
  • Des convulsions, notamment chez l’enfant ;
  • Un purpura, c’est-à-dire des taches rouge violacé ne s’effaçant pas à la vitropression. C’est un signe de gravité, évoquant une méningococcémie.

Chez le nourrisson, les symptômes sont souvent plus frustes. Une fièvre, une irritabilité avec un refus de s’alimenter, une hypotonie ou au contraire une hypertonie, un bombement de la fontanelle doivent faire évoquer une méningite.

MéningiteVidéoLe jour où je suis passé à côté d’une méningite chez un bébé et ce que ça m’a appris…Dr. Walid MEKEDDEM Lire la vidéo
Crédit vidéo © Dr Walid MEKEDDEM – YouTube

Le diagnostic

Devant toute suspicion de méningite, un examen clinique minutieux s’impose. Le médecin recherche les signes du syndrome méningé, évalue l’état de conscience, traque un purpura. Tout signe de gravité impose une hospitalisation en urgence.

La ponction lombaire

L’examen clé pour confirmer le diagnostic est la ponction lombaire. Ce geste consiste à prélever du liquide céphalo-rachidien (LCR) en introduisant une aiguille dans le bas du dos, entre deux vertèbres lombaires. Normalement, ce liquide est clair comme de l’eau de roche.

L’analyse du LCR permet de poser le diagnostic et d’orienter vers une cause :

  • Un liquide trouble, avec de nombreux leucocytes, évoque une méningite bactérienne.
  • Un liquide clair, avec une lymphocytose modérée, est en faveur d’une méningite virale.
  • La culture du LCR permet d’identifier le germe en cause et d’adapter l’antibiothérapie.

Les autres examens

En complément, d’autres examens peuvent être réalisés :

  • Une prise de sang, avec notamment des hémocultures à la recherche d’une bactériémie associée.
  • Un scanner cérébral, pour éliminer une contre-indication à la ponction lombaire comme un engagement cérébral.
  • Une IRM cérébrale, à la recherche de complications comme un abcès.

Traitement

Le traitement d’une méningite dépend de son origine et de sa sévérité. Une prise en charge rapide et adaptée est cruciale pour limiter le risque de complications.

Méningites virales

Dans le cas d’une méningite virale, le traitement est avant tout symptomatique. Il repose sur :

  • Du repos
  • Des antalgiques pour soulager la fièvre et les maux de tête
  • Une bonne hydratation

Dans certains cas, un traitement antiviral spécifique peut être instauré, notamment s’il s’agit d’une méningite herpétique.

Méningites bactériennes

Les méningites bactériennes nécessitent quant à elles la mise en place rapide d’une antibiothérapie par voie intraveineuse. Le choix de l’antibiotique dépend de la bactérie suspectée, de l’âge du patient et de ses antécédents.

Dans un premier temps, un traitement probabiliste est souvent débuté, associant plusieurs antibiotiques à large spectre pour couvrir les bactéries les plus fréquemment en cause. Ce traitement sera ensuite adapté en fonction des résultats des prélèvements bactériologiques.

La durée du traitement antibiotique est variable, mais elle est généralement de 7 à 14 jours. Une surveillance clinique étroite est indispensable pendant toute cette période.

Prévention

La prévention des méningites repose sur plusieurs axes complémentaires : la vaccination, les mesures d’hygiène et la chimioprophylaxie de l’entourage en cas de méningite bactérienne.

Vaccination

Plusieurs vaccins existent pour prévenir les méningites bactériennes. En France, certains sont obligatoires, d’autres sont recommandés dans des situations particulières.

Vaccins obligatoires :

  • Le vaccin contre le méningocoque C, pour tous les nourrissons nés à partir du 1er janvier 2018
  • Le vaccin contre Haemophilus influenzae de type b (Hib), inclus dans le vaccin hexavalent

Vaccins recommandés :

  • Le vaccin contre les méningocoques A, C, Y et W pour les voyageurs se rendant dans des zones à risque
  • Le vaccin contre le méningocoque B pour les personnes à risque (asplénie, déficit en complément…)
  • Le vaccin contre le pneumocoque pour les nourrissons et les personnes à risque

Mesures d’hygiène

Certaines mesures d’hygiène simples peuvent aider à prévenir la transmission des bactéries et virus responsables de méningites :

  • Se laver régulièrement les mains
  • Éviter les contacts proches avec une personne malade
  • Couvrir sa bouche et son nez lors des éternuements et de la toux
  • Ne pas partager les couverts, verres, brosses à dents…

Chimioprophylaxie de l’entourage

En cas de méningite bactérienne avérée, l’entourage proche du malade (famille, amis, collègues…) doit bénéficier d’un traitement antibiotique préventif. L’objectif est d’éliminer le portage de la bactérie et d’éviter sa diffusion.

Le traitement consiste généralement en une dose unique d’antibiotique par voie orale, à prendre le plus rapidement possible après le diagnostic. Les personnes concernées sont identifiées par les autorités sanitaires lors de l’enquête épidémiologique.

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