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Étude · Physiologie

L’anti-âge le plus efficace ne coûte rien : il suffit de manger un peu moins

Par JournalistePublié le
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anti age le plus efficace
Crédit photo © Docteur-Fitness.com
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Bains de glace, oxygène sous pression, lumière rouge pendant le sommeil… Les méthodes anti-âge se multiplient sur les réseaux sociaux. Chacune promet de ralentir le vieillissement. Chacune coûte une fortune. Et si la vraie solution était beaucoup plus simple ?

Des chercheurs de l’université de Tufts viennent de publier de nouveaux résultats sur un programme qui dure depuis plusieurs années. Le nom de ce programme : CALERIE (pour Comprehensive Assessment of Long-Term Effects of Reducing Intake of Energy). Son principe est presque trop banal pour faire le buzz.

Manger un peu moins. Pas de jeûne extrême. Pas de régime à la mode. Juste un peu moins.

Un essai clinique sur des personnes en bonne santé

C’est là que ça devient intéressant. La plupart des études sur la restriction calorique ont été menées sur des animaux. Des vers, des mouches, des souris. Chez ces espèces, manger 20 à 50 % de moins peut doubler, voire tripler la durée de vie. Mais personne ne savait vraiment si ça marchait chez l’humain.

CALERIE est le premier essai clinique de ce type mené chez des adultes en bonne santé et sans obésité. Au total, 218 participants âgés de 21 à 50 ans ont été répartis en deux groupes : un groupe en restriction calorique (qui visait une réduction de 25 % de l’apport énergétique) et un groupe témoin qui mangeait normalement.

L’essai a duré deux ans.

Ce que les chercheurs ont trouvé

En pratique, les participants du groupe restreint ont réduit leur apport calorique d’environ 12 % en moyenne. Pas 25 %. Environ 12 %. L’équivalent, pour certains, de supprimer un grand latte du quotidien.

Et les effets observés sont loin d’être anecdotiques.

Les bénéfices mesurés

Les chercheurs ont constaté des améliorations sur plusieurs marqueurs de santé :

  • Baisse de la pression artérielle et du cholestérol LDL (le “mauvais” cholestérol) ;
  • Réduction de l’insuline à jeun et meilleure tolérance au glucose (la capacité du corps à gérer le sucre dans le sang) ;
  • Diminution des marqueurs inflammatoires, comme le TNF-alpha et la protéine C-réactive ;
  • Baisse des espèces réactives de l’oxygène (des molécules instables qui endommagent les cellules et accélèrent le vieillissement).

En clair : avec une réduction modeste des calories, le corps fonctionne mieux sur presque tous les plans. Cœur, métabolisme, inflammation, vieillissement cellulaire.

La grande inquiétude : les carences

C’est la question que tout le monde se pose. Manger moins, c’est bien. Mais est-ce qu’on ne risque pas de manquer de nutriments essentiels ?

C’est justement l’objet de la publication la plus récente, parue dans The American Journal of Clinical Nutrition(1). Les chercheurs ont analysé les journaux alimentaires des participants à plusieurs reprises pendant les deux années de l’essai.

Le résultat a surpris. La qualité nutritionnelle des régimes en restriction calorique était non seulement équivalente, mais même supérieure à celle des régimes de base. Les participants en restriction couvraient 100 % de leurs besoins en protéines, glucides, six vitamines sur douze (A, B1, B2, B3, B6, B12) et cinq minéraux sur neuf (cuivre, fer, phosphore, sélénium, sodium).

Le groupe restreint prenait une multivitamine et un complément de calcium par précaution. Mais leurs journaux alimentaires montraient qu’ils auraient été dans les clous même sans ces suppléments.

Autrement dit : manger 12 % de moins ne crée pas de carences. Ça pousse même à mieux manger.

Ce qui explique (peut-être) ces effets

Le mécanisme exact n’est pas encore totalement compris. Mais une piste domine. Quand le corps reçoit moins d’énergie, il semble convertir les aliments en énergie cellulaire de manière plus “propre”. Il produit moins de ces fameuses espèces réactives de l’oxygène, ces molécules instables qui abîment les cellules et contribuent à un large éventail de maladies : cancer, Parkinson, maladies cardiovasculaires.

Un test urinaire a d’ailleurs confirmé que les participants en restriction calorique présentaient des niveaux plus faibles de ces molécules que le groupe témoin.

L’effet global sur le vieillissement biologique a été estimé à un ralentissement de 2 à 3 %, ce qui, dans d’autres études, correspond à une réduction du risque de mortalité de 10 à 15 %. Un effet comparable à celui de l’arrêt du tabac.

Ce que ça change (et ce que ça ne change pas)

Sai Krupa Das, chercheuse principale à l’université de Tufts, résume les choses simplement : il ne s’agit pas de mesures extrêmes. Il s’agit de changements modestes dans l’alimentation et le mode de vie qui peuvent prévenir les maladies chroniques et ralentir le vieillissement.

Quelques points importants à retenir :

  • Les participants étaient en bonne santé et sans obésité, ce qui rend les résultats d’autant plus notables (les bénéfices seraient encore plus marqués chez des personnes en surpoids) ;
  • Aucun régime spécifique n’a été imposé : les participants choisissaient eux-mêmes leurs aliments ;
  • L’essai n’a montré aucun effet négatif sur la santé psychologique ou le comportement alimentaire.

L’étude CALERIE n’est d’ailleurs pas terminée. Les chercheurs continuent de suivre les participants pour voir si les effets observés à court terme se traduisent par une réduction réelle des maladies liées à l’âge sur le long terme.

Le point à retenir

Pas besoin de bains de glace, de caissons hyperbares ou de gadgets à 500 euros. Une réduction modeste de l’apport calorique, de l’ordre de 10 à 15 %, suffit à produire des effets mesurables sur la santé cardiovasculaire, le métabolisme et le vieillissement biologique. Et sans sacrifier la qualité nutritionnelle de l’alimentation.

Le plus dur, finalement, ce n’est pas le protocole. C’est d’accepter qu’une solution aussi simple puisse fonctionner.

Résumé en image

infographie anti age le plus efficace
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