60 000 coureurs. 42,195 km dans les rues de Paris. Et un final que personne n’avait vu venir.
Ce dimanche 12 avril, la 49e édition du Schneider Electric Marathon de Paris a livré son verdict. Chez les hommes, sept coureurs étaient encore groupés à 7 km de l’arrivée. Un seul a eu le cran d’accélérer au bon moment. Chez les femmes, une athlète revenue de maternité a tout écrasé sur son passage, record de l’épreuve compris.
Mais le plus surprenant n’est pas là.

Table des matières
Un groupe de sept, un seul vainqueur
Le départ a été donné à 8h depuis les Champs-Élysées, sous un ciel gris et 9°C. Pas de pluie. Des conditions idéales pour courir vite.
Et ça n’a pas traîné. Le peloton de tête a franchi le semi-marathon en un peu plus d’une heure. Le rythme était posé. Aucune place pour les hésitants.
Au 35e kilomètre, ils étaient encore sept en tête. Sept hommes capables de l’emporter. Le public retenait son souffle.
L’accélération fatale
C’est au 39e kilomètre, juste après le dernier ravitaillement, que tout a basculé. Un homme a lancé une attaque. Puis une deuxième. Puis il n’a plus jamais regardé derrière lui.
Cet homme, c’est Yemaneberhan Crippa. Italien de 29 ans, né en Éthiopie et adopté à l’âge de 7 ans après la mort de ses parents pendant la guerre civile éthiopienne. Champion d’Europe du 10 000 m en 2022, champion d’Europe du semi-marathon en 2024, détenteur du record d’Italie sur semi en 59’01.
Sa septième course sur marathon. Et sa première victoire.
Il franchit la ligne en 2h05’18”, avenue Foch. Nouveau record personnel.
Le podium hommes
- Yemaneberhan Crippa (ITA), 2h05’18” ;
- Bayelign Teshager (ETH), 2h05’23” ;
- Sila Kiptoo (KEN), 2h05’29”.
Un détail important : c’est la première fois de l’histoire qu’un Italien remporte le Marathon de Paris. La dernière victoire d’un transalpin dans un grand marathon international hors championnats remontait à 2001, avec Stefano Baldini à Madrid.
25 ans d’attente. Crippa vient de la briser.
Le Français qui a tenu tête aux meilleurs
Il faut en parler. Parce que la performance du jour côté tricolore, elle est là.
Emmanuel Roudolff-Levisse, 30 ans, licencié à Athlé 92, n’avait jamais couru sous les 2h07 sur marathon. Son record avant Paris : 2h07’41”, réalisé à Séville début 2025.
Au 35e kilomètre, il était encore dans le groupe de tête. Avec les Éthiopiens. Avec les Kényans. Avec le futur vainqueur.
Il a lâché au 38e kilomètre. Mais il n’a rien lâché dans l’effort.
Son chrono : 2h05’58”. Record personnel explosé de près de deux minutes. 6e place au classement général. 4e meilleur Français de tous les temps sur la distance.
En clair : il se place derrière Morhad Amdouni, Mehdi Frère et Nicolas Navarro dans le bilan historique français du marathon.
Sa réaction au micro de France Télévisions résume tout : il n’a pas caché son envie de viser les Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028.
Et Félix Bour, pressenti comme le meilleur espoir français ? Forfait à la dernière minute. Blessure au soléaire. La déception était grande, mais Roudolff-Levisse a pris le relais avec autorité.
Chez les femmes, un record tombé en morceaux
Shure Demise, 30 ans, Éthiopienne, est revenue à la compétition en 2025 après une pause maternité. Elle avait remporté le marathon de Toronto avec un chrono de 2h21’03”.
À Paris, elle a changé de dimension.
Dès le 30e kilomètre, elle a accéléré. Seule. Le reste du peloton ne pouvait que regarder l’écart se creuser.
Son chrono à l’arrivée : 2h18’34”. Nouveau record du Marathon de Paris, qui appartenait depuis 2022 à la Kényane Judith Jeptum Korir (2h19’48”).
En clair : plus d’une minute d’avance sur l’ancienne marque. Et un détail qui a son importance, elle devient la deuxième femme à passer sous les 2h20 sur ce parcours.
Le podium femmes
- Shure Demise (ETH), 2h18’34” (record de l’épreuve) ;
- Misgane Alemayehu (ETH), 2h19’08” ;
- Magdalyne Masai (KEN), 2h19’17”.
Un fait marquant : les trois premières ont toutes couru plus vite que l’ancien record de l’épreuve. Le niveau de cette édition féminine n’a aucun précédent à Paris.
Avec cette victoire, l’Éthiopie signe sa troisième victoire consécutive chez les femmes après Mestawut Fikir en 2024 et Bedatu Hirpa en 2025.
Les Françaises dans le top 10
Côté tricolore féminin, Mekdes Woldu, détentrice du record de France (2h23’13”), termine 8e en 2h26’25”. Elle était à trois minutes de sa meilleure marque, mais l’expérience du parcours parisien et l’ambiance du public lui ont rappelé les JO de Paris 2024.
Méline Rollin, 9e, boucle ses 42,195 km en 2h28’52”. Deux Françaises dans le top 10, c’est une confirmation de la dynamique du marathon féminin français.
Handisport : Daurat en patron
Sur fauteuil, le Français Thibault Daurat, 22 ans et vice-champion du monde du 5 000 m à New Delhi en 2025, a cette fois pris les devants. Il s’est échappé seul dans le bois de Vincennes pour ne plus jamais être repris.
Son chrono : 1h32’10”. Première victoire sur l’épreuve, cinq jours avant son anniversaire.
Ce qu’il faut retenir de cette édition
- Première victoire italienne dans l’histoire du Marathon de Paris ;
- Record féminin de l’épreuve pulvérisé (2h18’34” contre 2h19’48”) ;
- Emmanuel Roudolff-Levisse devient le 4e meilleur marathonien français de l’histoire (2h05’58”) ;
- 60 000 participants au départ des Champs-Élysées ;
- Trois victoires éthiopiennes consécutives chez les femmes ;
- Thibault Daurat remporte la course en fauteuil.
Classement hommes complet (top 6)
🥇 : Yemaneberhan Crippa (ITA), 2h05’18” ;
🥈 : Bayelign Teshager (ETH), 2h05’23” ;
🥉 : Sila Kiptoo (KEN), 2h05’29” ;
4e à 5e : non communiqués dans les sources consultées ;
6e : Emmanuel Roudolff-Levisse (FRA), 2h05’58”.
Classement femmes complet (top 6)
🥇 : Shure Demise (ETH), 2h18’34” ;
🥈 : Misgane Alemayehu (ETH), 2h19’08” ;
🥉 : Magdalyne Masai (KEN), 2h19’17” ;
4e : Enatnesh Alamrew Tirusew (ETH), 2h19’18” ;
5e : Sharon Chelimo (KEN), 2h20’03” ;
6e : Alisa Vainio (FIN), 2h21’35”.