Ce dimanche 8 mars, le HOKA Semi de Paris a battu son record de participation avec 50 000 coureurs au départ. Chez les femmes, le record de l’épreuve est tombé. Chez les hommes, un athlète a confirmé sa domination sur la capitale.
50 000 personnes. Sur une même ligne de départ. Dans les rues de Paris.
Si vous pensez que le semi-marathon de Paris est juste une course du dimanche matin, vous allez peut-être revoir votre copie. L’édition 2026 du HOKA Semi de Paris, disputée ce 8 mars entre le boulevard Saint-Germain et la place de la Bastille, vient de poser des chiffres qui donnent le tournis.
Mais au-delà de la foule, c’est surtout ce qui s’est passé en tête de course qui mérite votre attention. Un record historique a été effacé. Un double vainqueur a confirmé sa domination. Et un champion de trail connu pour courir 170 km en montagne s’est invité sur le bitume parisien.
On vous raconte tout. Mais pas tout de suite.
50 000 coureurs : un record de participation
Commençons par le cadre. Cette édition 2026, c’est tout simplement la plus grande de l’histoire de l’épreuve en termes de participation. 50 000 coureurs venus de 103 nationalités différentes se sont élancés à 8h00, boulevard Saint-Germain.
Le parcours de 21,097 km serpente entre les quais de Seine, la Bibliothèque François-Mitterrand, le bois de Vincennes et la rue de Rivoli, avant de se terminer place de la Bastille.
Autre chiffre à retenir : 46 % de femmes au départ. En 2022, elles représentaient 35 %. La progression est nette et continue.
Chez les hommes : la confirmation d’un patron
Dans le groupe de tête, le rythme a été posé très tôt. À plus de 2’52 au kilomètre en moyenne, seuls les meilleurs pouvaient suivre. Le peloton élite s’est étiré progressivement, jusqu’à ne laisser qu’une poignée de coureurs dans les derniers kilomètres.
En tête, un visage déjà connu des habitués de l’épreuve.
L’homme qui a franchi la ligne en premier n’en était pas à son coup d’essai. Il avait déjà levé les bras au même endroit un an plus tôt. Cette fois, il a amélioré son chrono de 5 secondes.
Podium hommes
- Kennedy Kimutai (Kenya) : 1h00’11, vainqueur pour la deuxième année consécutive ;
- Timothy Misoi (Kenya) : 1h00’41 ;
- Thabang Mosiako (Afrique du Sud) : 1h00’44.
Le top 10 masculin est entièrement passé sous la barre des 1h04. C’est le signe d’un plateau élite de très haut niveau.
Côté français, Victor Moreau termine premier tricolore en 1h03’15. Isaac Kimeli, vice-champion du monde du 5 000 m sur piste (c’est-à-dire un spécialiste de la vitesse pure), courait ici son tout premier semi-marathon. Il prend la cinquième place en 1h01’26 et devient le premier Européen de la course.
Et puis il y a Jim Walmsley. L’Américain est d’habitude plus à l’aise sur 170 km en montagne : il a remporté l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB) en 2023. Sur 21 km de bitume parisien, il boucle l’affaire en 1h04’55. Pas mal pour un traileur.
Chez les femmes : un record explosé le jour des droits des femmes
C’est ici que l’édition 2026 prend une dimension particulière.
La course féminine se déroulait le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes. Et la symbolique a été rejointe par la performance.
Le précédent record de l’épreuve datait de 2023. La Kényane Sheila Chepkurui l’avait fixé à 1h06’01. Un temps solide, qui tenait depuis trois ans.
Il n’a pas résisté.
Une athlète éthiopienne de 28 ans a tout simplement détruit cette marque. Seule en tête dès les premiers kilomètres, elle a maintenu un rythme que personne dans le peloton féminin n’a pu suivre. Son accélération en fin de course a rendu le verdict sans appel.
Podium femmes
- Ftaw Zeray (Éthiopie) : 1h05’12, nouveau record de l’épreuve ;
- Sarah Chelangat (Ouganda) : 1h06’31 ;
- Mercy Chepwogen (Kenya) : 1h06’32.
Zeray améliore de près de 50 secondes l’ancien record. Elle améliore aussi son propre record personnel de près d’une minute. Première Française, Katia Raoult termine 11e en 1h15’33.
5 000 dossards solidaires et 1,3 million d’euros collectés
Au-delà de la performance sportive, 5 000 coureurs portaient un dossard associatif, représentant 110 associations. Au total, 1,3 million d’euros ont été collectés pour des causes humanitaires, sociales, environnementales et liées à la santé.
L’organisateur HOKA a aussi profité de cette Journée des droits des femmes pour lancer l’initiative “Le SAS manquant”, en partenariat avec l’association SineQuaNon. Objectif : rendre visible les milliers de femmes qui renoncent à courir à cause du harcèlement de rue. Selon une étude RunRepeat publiée en 2023, près de 45 % des femmes déclarent avoir déjà subi du harcèlement pendant qu’elles couraient. Plus d’un tiers d’entre elles ont depuis réduit ou arrêté complètement la course à pied.
Prochain rendez-vous
Le Marathon de Paris se tient le 13 avril 2026. Plusieurs athlètes présents ce dimanche pourraient y être au départ, à commencer par les coureurs kényans qui dominent actuellement le circuit sur route.